Une double extase : celle des Bleus champions du monde en 1998 puis de leurs successeurs en 2018. (P. Boutroux/P. Lahalle/L'Equipe)
CDM

Le match des Bleus vainqueurs des finales de Coupes du monde 1998 et 2018

À l'occasion de la rediffusion, ce mercredi (20h30), sur la chaîne L'Équipe, de la finale de la Coupe du monde 2018, France-Croatie (4-2), nous comparons le onze de départ aligné ce jour-là à celui qui avait battu le Brésil (3-0) en 1998. Et nous vous proposons de voter pour chaque poste.

En cette période si particulière et si pénible de confinement, il n'y a rien de mieux que de se faire plaisir avec des souvenirs réjouissants. C'est pour cela qu'après avoir rediffusé le huitième de finale contre l'Argentine (4-3) et le quart de finale face à l'Uruguay (2-0) la semaine dernière, puis la demi-finale devant la Belgique (1-0), mardi, la chaîne L'Équipe vous propose de revivre ce mercredi (20h30), l'inoubliable finale de Coupe du monde du 15 juillet 2018, celle de l'étrange et délicieux triomphe (4-2) face à la Croatie.
Coupe du monde : 1998 vs 2018, un pays en fête
Nous profitons de l'occasion pour établir un parallèle ludique entre le onze de départ de l'équipe de France aligné à Moscou et celui qui avait terrassé le Brésil (3-0), vingt ans plus tôt, à Saint-Denis, en finale du Mondial 1998, un si doux 12 juillet. Ainsi, nous vous proposons de voter pour le meilleur joueur à chaque poste, sur le critère des performances accomplies lors de l'ensemble de la Coupe du monde correspondante.
Sachant que les joueurs entrés en jeu ne sont pas pris en compte - même si Patrick Vieira, entré à la 76e minute au milieu à la place de Djorkaeff en 1998 a réussi une passe décisive pour Petit sur le troisième but, tandis que Steven N'Zonzi, qui a remplacé un N'Golo Kanté pas au mieux en 2018 dans le même secteur de jeu, a été primordial pour équilibrer l'équipe - ces deux historiques onze de départ présentent une particularité commune, qui ne doit rien au hasard, mais tout à la fructueuse filiation entre les deux sélectionneurs Aimé Jacquet et Didier Deschamps.
Didier Deschamps, le fils préféré d'Aimé Jacquet
Soit celle d'afficher un système asymétrique, avec seulement trois éléments à vocation pleinement offensive. Comme il ne s'agit pas du même (une sorte de 4-3-2-1 en 1998 contre un 4-2-3-1 mâtiné de 4-3-3 en 2018), certaines oppositions apparaissent certes quelque peu baroques, comme Pogba - Karembeu ou Djorkaeff - Mbappé. Mais que cela ne vous empêche surtout pas de vous amuser...
FRANCE 2018 vs FRANCE 1998 - Football tactics and formations

Fabien Barthez vs Hugo Lloris

Fabien Barthez a été le seul Bleu à disputer l'intégralité de la Coupe du monde 1998 (684 minutes), dont il a été largement le meilleur gardien, bondissant et quasi-infranchissable. Important aussi par sa grande décontraction, transmise au groupe, il n'avait ainsi encaissé que deux buts (dont un sur penalty) et avait aussi réussi... une passe décisive (pour Henry, contre l'Arabie saoudite, 4-0). Vingt ans plus tard, Hugo Lloris a parfaitement rempli son rôle de capitaine et s'est montré aussi décisif que son aîné, tout au long de la compétition. Mais contrairement à « Fabulous Fab », et ce malgré un souvenir trompeur, le portier de Tottenham a commis une erreur coûtant un but, certes anecdotique, en finale contre la Croatie (4-2).

Barthez ou Lloris ?

Fabien Barthez a survolé Ronaldo et la Coupe du monde 1998. (P. Boutroux/Presse Sports)
Fabien Barthez a survolé Ronaldo et la Coupe du monde 1998. (P. Boutroux/Presse Sports)

Lilian Thuram vs Benjamin Pavard

Il y a bien sûr deux gros points communs entre les deux hommes : latéraux droits alors qu'il s'agit plutôt de défenseurs centraux, ils ont tous les deux marqué à des moments cruciaux alors que personne ne les attendait (un doublé décisif pour Thuram contre la Croatie (2-1) en demi-finale en 1998 et la fulgurante reprise égalisatrice pour Pavard devant l'Argentine, 4-3, en huitièmes en 2018). Mais sur l'ensemble de la compétition, le Guadeloupéen, phénoménal si l'on excepte sa petite erreur de placement sur le but de Suker pour la... Croatie, a largement plus dominé son sujet que son cadet, parfois mis en difficulté, même s'il n'a jamais craqué.

Thuram ou Pavard ?

Frank Leboeuf vs Raphaël Varane

La situation des deux défenseurs centraux est diamétralement opposée, puisque Frank Leboeuf était un remplaçant de luxe, qui a disputé la finale de 1998 face au Brésil (3-0) en raison de la suspension de Laurent Blanc (expulsé en demi-finales contre la Croatie, 2-1), tandis que Raphaël Varane, auteur d'un but capital en quarts de finale contre l'Uruguay (2-0), est le seul Bleu de 2018 ayant joué l'intégralité de la compétition (630 minutes). Ainsi, Varane a été impérial tout au long de celle-ci, alors que Leboeuf l'a été « seulement » lors des deux matches où il est apparu (l'autre étant au premier tour contre le Danemark, 2-1).

Leboeuf ou Varane ?

Raphaël Varane juste après la demi-finale gagnée contre la Belgique (1-0). (P. Lahalle/L'Équipe)
Raphaël Varane juste après la demi-finale gagnée contre la Belgique (1-0). (P. Lahalle/L'Équipe)
Les notes des Bleus en finale de la Coupe du monde 2018

Marcel Desailly vs Samuel Umtiti

Voilà un duel à distance de très haut vol ! On a oublié que Marcel Desailly avait été expulsé lors de la finale de 1998 pour un tacle mal maîtrisé sur Cafu (68e). Mais on se souvient qu'il fut sans doute le meilleur défenseur central de la compétition en étant impérial tout au long de la compétition par sa détermination, sa régularité et son fabuleux état d'esprit de compétiteur. Ces mêmes qualités ont été déployées par Samuel Umtiti vingt ans plus tard, sublimées par son but vainqueur en demi-finale contre la Belgique (1-0). Et ce malgré des douleurs récurrentes au genou gauche.

Desailly ou Umtiti ?

Bixente Lizarazu vs Lucas Hernandez

En 1998, Bixente Lizarazu était parti très fort, avec en particulier un but et une passe décisive contre l'Arabie saoudite au premier tour (4-0). Puis la coupure de France - Danemark (2-1) a freiné son élan et il a raté son tir au but lors de la séance fatidique contre l'Italie (0-0, 4-3 aux t.a.b.), en quarts de finale, sans conséquences fâcheuses. Le latéral gauche basque s'était ensuite accroché jusqu'au bout, avec sa si précieuse âme de guerrier. Vingt ans plus tard, Lucas Hernandez, qui découvrait le groupe a amené la sienne, identique, en faisant peut-être preuve de davantage de constance sur le tournoi. En plus, il a été impliqué sur trois buts importants (le 2-2 et le 3-2 contre l'Argentine en huitièmes et le 4-1 face à la Croatie en finale).

Lizarazu ou Hernandez ?

Didier Deschamps vs N'Golo Kanté

Capitaine exemplaire et relais essentiel du sélectionneur (Aimé Jacquet) en 1998, Didier Deschamps, qui avait souffert contre le Paraguay en huitièmes de finale (1-0 a.p.), était monté en puissance tout au long de la compétition et avait réussi son meilleur match en finale. L'expérience, la rigueur et la science tactique du milieu défensif qui évoluait alors à la Juventus ont évidemment été essentielles. Vingt ans plus tard, comme sélectionneur, il a utilisé ce même adjectif pour caractériser l'apport de N'Golo Kanté lors de la Coupe du monde. Et ce même si le milieu de Chelsea, qui avait régné par son volume de course, son intelligence dans les compensations et sa hargne dans les duels, a manqué sa finale (dont il n'a joué que 54 minutes), diminué par une gastro-entérite.

Deschamps ou Kanté ?

Les notes des Bleus en finale de la Coupe du monde 1998
Suivi par Thierry Henry, Didier Deschamps se lance dans une folle sarabande, Coupe du monde à la main. (P. Boutroux/L'Équipe)
Suivi par Thierry Henry, Didier Deschamps se lance dans une folle sarabande, Coupe du monde à la main. (P. Boutroux/L'Équipe)

Christian Karembeu vs Paul Pogba

En 1998, le polyvalent (et prophétique !) Christian Karembeu, alors récent vainqueur de la Ligue des champions avec le Real Madrid, était destiné à être la doublure de Lilian Thuram au poste de latéral droit. Mais le renforcement du milieu opéré par Aimé Jacquet à partir du quart de finale contre l'Italie (0-0, 4-3 aux t.a.b.) lui a offert une place dans l'entrejeu à la droite de Didier Deschamps, et ce, jusqu'au bout. Sans surprise, il a assuré ce rôle de l'ombre. Vingt ans plus tard, le fait que Paul Pogba se soit souvent « sacrifi? avec abnégation au coeur du jeu a davantage étonné le grand public, comme sa capacité à enfin affirmer avec force son rôle de leader sur le terrain comme en dehors. Ainsi, l'exubérant milieu de Manchester United, important par sa puissance en phase défensive et prépondérant par sa finesse technique en phase de possession, a été justement récompensé par son but crucial en finale (celui du 3-1).

Karembeu ou Pogba ?

Auteur du troisième but de la finale contre les Croates (4-2), Paul Pogba fête le triomphe de 2018. (P. Lahalle/L'Équipe)
Auteur du troisième but de la finale contre les Croates (4-2), Paul Pogba fête le triomphe de 2018. (P. Lahalle/L'Équipe)

Emmanuel Petit vs Blaise Matuidi

Alors qu'il n'était pas certain d'être dans le groupe de 1998 peu auparavant, Emmanuel Petit, alors à Arsenal, a été phénoménal tout au long de la compétition au milieu par sa générosité et son volume de jeu, inscrivant même deux buts, dont bien sûr celui du 3-0 contre le Brésil en finale, le 1000e de l'histoire des Bleus. Juste après ce triomphe et juste avant la remise de la Coupe du monde, son sélectionneur, Aimé Jacquet, lui a d'ailleurs lancé, en se jetant dans ses bras : « Manu, tu as été le meilleur ! » Quant à Blaise Matuidi en 2018, remplaçant lors du premier match contre l'Australie (2-1), il a déployé son immense force de caractère et sa si précieuse capacité d'adaptation pour apprivoiser un rôle inhabituel où il était souvent exilé à gauche. Impliqué sur trois des quatre buts de la France contre l'Argentine (4-3) en huitièmes, il est bien revenu en demie et en finale après sa suspension en quarts.

Petit ou Matuidi ?

Zinédine Zidane vs Antoine Griezmann

Après sa passe décisive pour son ami Christophe Dugarry sur le premier but des Bleus en 1998 (contre l'Afrique du Sud, 3-0), Zinédine Zidane a failli tout gâcher en se faisant si stupidement expulser contre l'Arabie saoudite (4-0), ce qui lui a valu une sortie sans un regard d'Aimé Jacquet et surtout deux matches de suspension. Mais après deux prestations correctes contre l'Italie (0-0, 4-3 aux t.a.b.) et la Croatie (2-1), le meneur de jeu a brusquement changé de dimension en finale, où il a offert le succès aux siens (3-0) grâce à deux reprises de la tête et une performance technique XXL entrées dans la légende. Vingt ans plus tard, sans être flamboyant dans le jeu et dans un registre bien sûr différent, Antoine Griezmann a été aussi très déterminant en finale (impliqué dans trois buts avec un penalty transformé, un c.s.c. provoqué, une remise vers Pogba). Statistiquement, Grizou a même été deux fois plus décisif que Zizou sur l'ensemble de la compétition, totalisant quatre buts et deux passes décisives (contre deux buts et une passe, donc). Mais Zidane a été sacré Ballon d'Or en 1998, tandis que Griezmann n'a terminé que troisième en 2018...

Zidane ou Griezmann ?

Zinédine Zidane, au moment où sa vie a basculé dans l'irréel... (N. Luttiau/L'Équipe)
Zinédine Zidane, au moment où sa vie a basculé dans l'irréel... (N. Luttiau/L'Équipe)

Youri Djorkaeff vs Kylian Mbappé

La différence de structure du milieu et de l'attaque française lors des deux finales mondiales gagnées amène à ce duel bizarre. Youri Djorkaeff et Kylian Mbappé ont fort peu d'éléments en commun, tant dans leurs qualités naturelles, hyper opposées et leurs registres, très différents - même si l'adresse devant le but les réunit - que dans leurs parcours, fondamentalement différent. Et les fulgurances du jeune attaquant du PSG, qui a subjugué la planète contre l'Argentine en huitièmes (4-3) et est devenu, à 19 ans et demi, le deuxième plus jeune joueur de l'histoire à marquer en finale (après le Roi Pelé en 1958), furent bien sûr plus spectaculaires que les performances de son aîné, qui avait séduit ses partenaires par sa capacité à se mettre au service du collectif en s'impliquant énormément dans le replacement, ce qui n'était pas forcément sa qualité première. Mais à l'arrivée, les deux hommes ont un étonnant point commun sur le plan statistique : ils ont été tous les deux directement décisifs quatre fois lors de leur Coupe du monde (quatre buts pour Mbappé, un but et trois passes décisives pour Djorkaeff).

Djorkaeff ou Mbappé ?

Kylian Mbappé, buteur en finale et champion du monde à 19 ans et demi ! (P. Lahalle/L'Équipe)
Kylian Mbappé, buteur en finale et champion du monde à 19 ans et demi ! (P. Lahalle/L'Équipe)

Stéphane Guivarc'h vs Olivier Giroud

Le douloureux point commun des deux avants-centres, qui a tant marqué les esprits, est bien connu : ils n'ont pas inscrit le moindre but lors de leur Coupe du monde victorieuse, sachant qu'Olivier Giroud a eu deux fois plus de temps de jeu en 2018 que Stéphane Guivarc'h en 1998 (540 minutes contre 270). Mais sur l'ensemble de leur carrière internationale, ils sont incomparables, l'actuel attaquant de Chelsea étant le troisième meilleur buteur de l'histoire des Bleus avec 39 buts en 97 sélections, alors que le Breton n'a inscrit qu'un but en 14 sélections. Et sur la compétition suprême, le premier a quand même été impliqué sur trois buts (une remise vers Pogba sur le c.s.c. de Behich face à l'Australie (2-1), 80 % du but de Mbappé contre le Pérou (1-0) au premier tour et une passe décisive pour Mbappé contre l'Argentine, 4-3, en huitièmes), tandis que le deuxième ne l'a été sur aucun. En revanche, sur le plan de la combativité et de l'implication, sans failles, ils sont très comparables.

Guivarc'h ou Giroud ?

Coupe du monde 2018 : le sacre des Bleus en chiffres
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