mbock (griedge) renard (wendie) (S. Mantey/L'Equipe)
Bleues

«Le meilleur duo au monde» : la charnière Griedge Mbock - Wendie Renard racontée par les attaquantes de D1

Depuis 2015, la charnière lyonnaise de l'équipe de France composée de Wendie Renard et Griedge Mbock fait le bonheur des supporters de l'OL. Au contraire, les deux géantes ne laissent que des miettes aux attaquantes du Championnat de France. FF.fr leur a donné la parole.

Marie-Charlotte Léger* : «Le meilleur duo au monde»

«Pour moi Griedge-Wendie, c'est le meilleur duo au monde... Pour passer Wendie, il faut en vouloir, elle n'a pas de défauts, que des qualités, tout comme Griedge. Quand je commence le match, je me dis que ça va être dur, mais qu'il faut essayer de les passer. Il faut attendre et parfois elles font une ou deux erreurs dans le match. J'avais eu la chance de marquer contre Lyon, mais j'avais récupéré la balle et frappé de loin...C'est une des solutions contre des joueuses comme ça. Niveau duel, elles sont toutes les deux très bonnes de la tête, c'est difficile. Et puis pour prendre la profondeur c'est compliqué, on pourrait avoir l'impression que Wendie n'est pas rapide, mais même si on la prend de vitesse, je vous assure qu'elle peut revenir très vite, et Griedge est très similaire. Maintenant, face à elle, il faut jouer normal, et attendre les erreurs. J'ai marqué une fois contre Lyon et deux fois lorsque Griedge jouait à Guingamp, c'est possible mais très difficile. C'est les meilleures au monde.»

*Attaquante du FC Fleury 91

Voir aussi : L'équipe type de la phase de poules

Laura Bourgouin *: «Elles vous donnent un sentiment de frustration»

«Personnellement, je n'ai jamais réussi à marquer quand elles étaient toutes les deux sur le terrain. Je suis une petite attaquante (1,57 m), donc Wendie Renard m'impressionne beaucoup par sa grande taille. Mbock, physiquement, c'est également extrêmement costaud. Elles forment un duo ultra complémentaire. Il y aura toujours l'une pour rattraper l'autre. Si Renard est dépassée, Mbock sera toujours derrière, elle qui court peut-être un peu plus vite et qui a une grande puissance au démarrage. J'ai du mal à leur trouver des points faibles. Sur le terrain, elles vous donnent un sentiment de frustration. Comme souvent contre Lyon, car vous ne faites que défendre. Ce n'est pas évident. Après, avec Soyaux, notre pressing peut parfois les déranger, les gêner. Mais dire que cela les rend moins sereines, je ne pense pas. À l'heure actuelle, elles ont beaucoup d'expérience. Cela se voit aussi quand elles peuvent être dépassées. Elles arrivent à faire des petites fautes intelligentes, qui ne se voient pas forcément. Le petit tirage de bras, il faut savoir le faire aussi. Néanmoins, je ne dirai pas que ce sont les meilleures défenseuses pour l'instant dans ce Mondial. Le duo le plus fort pour moi, c'est celui des États-Unis. D'ailleurs, elles n'ont encaissé aucun but.»
 
*Attaquante de l'ASJ Soyaux

Julie Rabanne* : «Elles n'aiment pas être pressées»

«Jouer contre elles c'est beaucoup de frustration. C'est deux joueuses puissantes, dures au duel. Je suis une joueuse assez rapide et je peux vous dire qu'elles sont puissantes au démarrage, je n'arrive pas à les prendre de vitesse. Quand elles sont toutes les deux dans l'axe, elles sont vachement complémentaires, il y en a toujours une au duel et l'autre qui prend la couverture. C'est frustrant pour les attaquantes, on ne sait jamais ce qu'on peut faire, il faut vraiment qu'elles fassent une faute d'inattention et qu'on puisse les prendre par surprise. Sinon elles anticipent tout. Si je peux leur trouver un petit défaut, c'est qu'elles n'aiment pas être pressées... S'il faut développer une stratégie contre elles, je pense que c'est peut-être plus facile de jouer dans le dos de Wendie, comme elle est grande et un peu plus lente à se retourner. Griedge est très rapide, mais de manière générale contre les deux, c'est très compliqué. La force de Wendie, c'est son jeu de tête. Elle fait 1,85m, je fais 1,53m donc je vous laisse imaginer... Sur corner, pour bloquer Wendie, si vous n'avez pas de joueuse de grande taille, il faut absolument faire un marquage à deux... Pour cette Coupe du monde, avec l'expérience qu'elles ont, elles savent que ça peut se jouer sur un détail, il faudra faire attention aux petits moments d'inattention.»

*Attaquante du FC Fleury 91

Mathilde Bourdieu* : «Même quand j'arrivais à passer, Renard faisait des fautes à l'expérience»

«Déjà pour commencer, c'est un plaisir de jouer contre des joueuses d'un tel niveau, l'adversité est tellement intéressante. Je ne suis pas une joueuse très grande, donc c'est un peu deux colosses devant moi, c'est toujours impressionnant... Après quand on est dans le match, moi j'aime bien les duels, donc avec elles je suis servie. Comme Lyon domine beaucoup, on est plus souvent à les presser plutôt que dans des duels à un contre un. J'ai réussi à résister à Renard deux ou trois fois dans le jeu, j'étais contente après. C'est toujours compliqué de jouer contre elles. Dès qu'on essaye d'avoir un ballon en profondeur, elles sont toujours là. Elles récupèrent la balle tout le temps. Je me souviens de duels avec Renard, même quand j'arrivais à passer, elle faisait des fautes à l'expérience, elle tirait le maillot... Je cherche à les titiller tout le temps, aller les presser, les embêter. À un moment donné ce ne sont pas des machines non plus, il y aura forcément une faille, mais il faut la saison car il n'y en a pas beaucoup.»

*Attaquante du Paris FC

Clarisse le Bihan* : «Griedge a beaucoup appris auprès de Wendie et l'inverse est vrai aussi»

«Je connais Griedge personnellement parce que j'ai joué avec elle à Guingamp, je connais toutes ses qualités et tout le potentiel qu'elle a encore... Avec Wendie c'est la charnière la plus costaud de D1, c'est sûr. Wendie est très athlétique, elle est excellente dans les duels ! Griedge a sa vitesse mais elle est aussi très forte dans les duels, très propre dans ses relances et dans ses transversales. J'ai suivi Griedge quand elle est arrivée à Lyon, elle s'est très vite imposée, alors que c'est la meilleure équipe du monde. En match, quand Lyon prend le dessus, elles ont presque le rôle de numéro 6, c'est elles qui relancent, c'est très compliqué à gérer pour nous. On subit, donc jouer devant c'est difficile. Elles sont au-dessus, il y a peu de déchet dans leur jeu. Ensemble, elles ont beaucoup progressé, surtout Griedge. Et il ne faut pas minimiser ce que fait Wendie, parce qu'elle arrive à rester au très haut niveau depuis qu'elle est jeune ! C'est logique, elles enchaînent les matches de haut niveau en équipe de France et à Lyon. Griedge a beaucoup appris auprès de Wendie et l'inverse est vrai aussi, c'est ça qui est beau. Je préfère les avoir dans mon équipe, c'est plus agréable ! Et puis elles m'ont beaucoup appris... Je les vois aller au bout dans cette Coupe du monde, elles vont encore élever leur niveau de jeu !»

*Attaquante de Montpellier
Propos recueillis par Nicolas Jambou et Augustin Audouin
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