03.03.2020, Veltins Arena, Gelsenkirchen, GER, DFB Pokal, Schalke 04 vs FC Bayern Muenchen, Viertelfinale, im Bild Serge Gnabry (FC Bayern München) kommt vor dem Spiel in das Stadion // during the DFB Pokal quarterfinals match between Schalke 04 vs FC Bayern Munich at the Veltins Arena in Gelsenkirchen, Germany on 2020/03/03. EXPA Pictures © 2020, PhotoCredit: EXPA/ Eibner-Pressefoto/ Tom Weller  *****ATTENTION - OUT of GER***** (EXPA/ Eibner/ Tom Weller/EXPA/ Eibner-Pressefoto)
Ligue des Champions

«Le rêve de son père», «un leader silencieux», les premiers pas de Serge Gnabry par ceux qui l'ont connu

Homme fort incontestable et imprévisible au Bayern Munich, Serge Gnabry a pris son temps pour changer de dimension (West Bromwich Albion, Werder Brême, Hoffenheim). Mais ceux qui l'ont côtoyé tout jeune à Stuttgart et Arsenal n'ont jamais douté d'un talent certain, sublimé par la confiance d'un père qui rêvait très grand pour son fils.

Odysseas Vlachodimos* : «La Premier League, le rêve de son père» 
«Serge et moi, on était tout le temps ensemble. Le matin à l'entraînement, ensuite on allait à l'école et l'après-midi on s'entraînait. C'était un gars marrant, qui aimait plus le ballon que les livres. Il ne pensait qu'à ça, poussé par son père Hermann qui était notre thérapeute. La Premier League, c'était le grand rêve de son père, plus que le sien. À chaque fois, Hermann nous en parlait. Il était très fier que Serge signe à Arsenal. Même nous, on pouvait voir qu'il deviendrait professionnel. C'était un des joueurs clés de notre équipe même s'il était surclassé d'un an, parfois même deux. Il travaillait et travaille encore beaucoup en-dehors du terrain pour s'améliorer, grâce à un coach personnel sur son mental et sa réflexion, entre autres. Dans sa prise de décision, je me rappelle d'un but contre Fribourg en U16 où il s'était retourné hyper vite avant de marquer du droit. Difficile à décrire, mais croyez-moi c'était extraordinaire (rires).»

*Coéquipiers en équipe de jeunes à Stuttgart
Stefan Kuntz* : «Quelque chose de spécial»
Stefan Kuntz (au centre) et Serge Gnabry fêtent ensemble la victoire de l'Allemagne à l'Euro U21. (Valeria Witters/WITTERS/PRESSE/PRESSE SPORTS)
Stefan Kuntz (au centre) et Serge Gnabry fêtent ensemble la victoire de l'Allemagne à l'Euro U21. (Valeria Witters/WITTERS/PRESSE/PRESSE SPORTS)
«Peu importe les difficultés qu'il a connues en club, il a toujours été appelé en sélection jeunes allemande parce que tous les sélectionneurs ont repéré quelque chose de spécial en lui. Pourquoi lui et pas quelqu'un d'autre ? C'est une combinaison de son talent, de sa capacité à faire basculer un match sur un geste mais aussi de son travail pour l'équipe. C'est le coéquipier parfait, marrant et qui prend soin des autres. Quand on gagne l'Euro U21 en 2017, les défenses se focalisaient sur lui, alors il s'est sacrifié au service de l'équipe pour que ses coéquipiers brillent. Jamais égoïste.»
 
*Sélectionneur de l'Allemagne U21
Ramon Gehrmann* : «Je lui ai dit : va à Arsenal» 
«Avant de venir à Stuttgart, Serge était au Stuttgarter Kickers, et son père était déjà team manager. Il était si confiant que son fils deviendrait un grand joueur que Serge l'était aussi sur le terrain. On avait une équipe incroyable, avec Timo Werner, Odysseas Vlachodimos, Joshua Kimmich et Timo Baumgartl, mais Serge était le meilleur, c'était le seul dont j'étais sûr du futur en pro. Il avait tout en étant plus jeune d'un an. Il savait quoi faire dans chaque situation offensive, rapide surtout sur les cinq-dix premiers mètres. Contrairement à la vie quotidienne où il était quelqu'un de timide, sur le terrain il disait souvent "donnez-moi la balle, je sais quoi faire" et sortait l'équipe des problèmes, en leader silencieux. À chaque tournoi, il était élu meilleur joueur.
 
Avec son père, ils regardaient beaucoup de matches, allaient voir d'autres équipes de jeunes. Souvent on s'y retrouvait parce qu'en tant qu'entraineur, j'allais en regarder aussi. Tous les matches qui avaient lieu autour de Stuttgart, ils y étaient. Un jour, ils sont venus me voir et ils m'ont dit : "Ramon, Arsenal veut Serge. C'est mieux d'y aller ou de rester à Stuttgart ?". J'étais entraîneur là-bas mais j'ai été honnête. Je lui ai dit : "Vous devez y aller car Arsène connait Serge, il l'a rencontré, alors que notre entraîneur A ne connaît même pas son nom. S'il est chanceux il jouera en réserve à Stuttgart..." Ils sont allés à Londres, et quelques mois plus tard ils m'ont offert un cadeau, un éléphant en bois, symbole de chance en Afrique. Je l'ai gardé !» 

*Entraîneur en U12 et U16 à Stuttgart
Jon Toral* : «Tellement facile avec lui»
«On est arrivé ensemble à 16 ans en U18, mais il est rapidement monté en réserve. Il l'a mérité car il était très bon. Dès le début, on pouvait voir que c'était un phénomène : rapide, dribbleur, passeur, buteur, complet, ambidextre... Jouer avec lui, c'était à chaque fois un plaisir. Je venais du Barça donc j'aimais avoir le ballon, combiner et avec lui, on se trouvait. C'était tellement facile de jouer avec lui, avec ou sans ballon, grâce à sa vision. C'est le genre de joueur qui comprenait quels mouvements je voulais qu'il fasse quand j'avais le ballon. Et à l'inverse, je savais où me placer quand il centrait pour avoir le ballon. À Arsenal, si tu es bon, tu as ta chance, peu importe ton âge. Je me rappelle de matches à Barnet et Boreham Wood en U18, Arsène Wenger était là, comme à chaque match à domicile quand il était à Londres. Il le regardait s'entraîner, jouer et restait en contact. Après avoir joué avec les pros, Serge était revenu en réserve mais ça ne le dérangeait pas. Il était très bon avec une attitude parfaite.» 

*Coéquipiers en équipe de jeunes à Arsenal

Émile Gillet 
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