(N.Luttiau/L'Equipe)

Le Stade Rennais sort frustré de sa grande première en Ligue des champions face à Krasnodar (1-1)

Le Stade Rennais disputait ce mardi soir la toute première rencontre de Ligue des champions de son histoire. Et face à Krasnodar, également novice à ce niveau-là, les Bretons ont d'abord mené avant de se faire rejoindre (1-1).

La leçon : Rennes, première frustrante

La soirée était historique. Pour la première fois de son histoire, le Roazhon Park s'était habillé de sa tenue de gala pour accueillir la reine des compétitions européennes. Un tel événement dans l'histoire du club ne pouvait se tenir sans la présence d'un public, limité certes, mais omniprésent derrière ses joueurs. Face à Krasnodar, autre nouveau venu sur cette scène, Rennes n'a pu obtenir plus qu'un match nul frustrant (1-1). Globalement en maîtrise tout au long de la rencontre, les Bretons ont donné l'impression de ne pas avoir osé se lâcher alors qu'ils avaient les moyens de faire bien plus souffrir les Russes. Très vite rejoints après avoir ouvert le score, ils ne sont pas parvenus à reprendre l'avantage malgré plusieurs occasions très nettes. La soirée aurait pu être parfaite.

Lire aussi :
- Marcus Rashford punit de nouveau Paris
- Toute l'actualité de la Ligue des champions

Les premières minutes annoncent la tendance qui s'est prolongée toute la rencontre. Rennes met vite le pied sur le ballon et est en contrôle, bien aidé par l'aisance technique de son milieu de terrain. Camavinga lance son match avec un premier débordement côté gauche mais son centre ne peut être repris franchement par Bourigeaud (4e). Craintifs balle au pied, les joueurs de Stéphan jouent avec le frein et ne se lâchent pas réellement à l'approche des 30 mètres adverses. Bien regroupé, Krasnodar peut défendre tranquillement et reste prêt à exploiter toute erreur de son hôte. A l'image de cette perte de balle plein axe de Bourigeaud, finalement sans conséquence (23e). Devant le peu de prises d'inititives, Camavinga s'y colle et décoche une superbe frappe du gauche sans contrôle que Safonov claque au-dessus de sa barre (25e). Rennes pousse mais Krasnodar répond. Après une superbe action collective, Berg est trouvé au cœur de la surface rennaise et il faut un magnifique sauvetage de Da Silva pour éviter le pire (32e). Etincelant dans ce premier acte, Camavinga déclenche un nouveau tir à l'entrée de la surface. Une fois encore Safonov le repousse (33e). Gomis lui répond en claquant une belle tentative d'Utkin aux 20 mètre (42e). A la pause, Rennes mène aux points mais semble friable, notamment sur son côté droit où Traoré souffre terriblement.

Après Camavinga, Terrier prend le relais au retour des vestiaires. Sur une transversale impeccable, l'ailier rennais trouve Traoré en pleine surface adverse. La frappe enroulée pied gauche du latéral passe de peu à côté du poteau d'un Safonov battu (49e). Rennes hausse le ton et obtient un bon coup franc. Mais la tentative de Bourigeaud finit dans le petit filet (51e). Les efforts finissent par payer lorsque Terrier se fait faucher par Sorokin en pleine surface. Invisible jusque-là, Guirassy transforme le penalty et fait exploser le Roazhon Park (1-0, 56e). Malheureusement, l'éclair russe tombe dans la foulée. Pas attaqué par Del Castillo à l'angle gauche de la surface rennaise, Ramirez envoie un missile transpercer les filets de Gomis (1-1, 59e). La joie aura été de courte durée mais les Bretons retrouvent de l'allant avec les entrées de Doku et de Tait. Le jeune Belge se signale sur une frappe relâchée par Safonov (68e) tandis que le second manque une balle de match énorme après un super travail de Terrier côté gauche (71e). Les dernières minutes sont un attaque-défense mais Tait se rate à nouveau sur une sortie complètement manquée de Safonov (87e). Hunou bute dans la foulée sur le portier russe (89e) et Guirassy est trop court sur une belle remise de la tête de Terrier sur le gong (90+6). Après l'euphorie d'avant-match, place à la frustration.

Le gagnant : Terrier s'est lâché

Contrairement à ses coéquipiers pour la plupart très inhibés, l'attaquant rennais a fait preuve de beaucoup de confiance. Constamment incisif sur ses prises de balles sur son aile gauche, l'ancien Lyonnais a fait très mal à Petrov. Avec Camavinga, il a été le seul Breton à se lâcher et à oser prendre des risques dans le camp adverse. Trouvé dans la profondeur, c'est lui qui permet à son équipe d'obtenir le penalty (55e). Sa superbe passe pour Tait, après un nouveau numéro sur son côté gauche, aurait méritée d'être décisive (71e). Il était l'un des rares Rennais à connaître ce type de rencontres, et on s'en est vite rendu compte.

Le perdant : Sorokin, erreur décisive

Dans une rencontre où toutes les individualités russes jouaient leur partition parfaitement, une fausse note est malheureusement venue gâcher la performance. Rarement pris à défaut jusqu'alors, le défenseur central de Krasnodar s'est retrouvé débordé par un Terrier lancé plein axe. Absolument pas à portée de la balle, il a pourtant décidé de tenter un tacle suicidaire dans sa propre surface. Sans surprise, il a fauché l'attaquant français et permis à Rennes de prendre les devants. Heureusement pour lui, Ramirez a vite corrigé la bévue. - Q. C.