giroud (olivier) (P.Lahalle/L'Equipe)

Le très gros raté de l'équipe de France, battue au Stade de France par la Finlande

Très grosse surprise au Stade de France : face à une équipe qu'elle avait battu huit fois en huit affrontements dans son histoire, l'équipe de France est tombée à domicile face à une Finlande qui a joué les coups à fond (2-0). Au-delà de la défaite, c'est la prestation d'ensemble des Français qui pose questions.

La leçon : Le néant bleu

On exagère à peine. Pour la première fois depuis mars 2018 (2-3 face à la Colombie), les Bleus sont tombés au Stade de France. Mais cette défaite face à la Finlande, 55e nation au classement FIFA, fait très mal et accable Didier Deschamps ainsi que plusieurs individualités pas du tout au niveau. Oui, les absents étaient nombreux (de Kylian Mbappé à Lucas Hernandez en passant par Benjamin Pavard ; Antoine Griezmann a démarré sur le banc), mais il manquait autant de titulaires du côté finlandais. Et lorsqu'on fait un bilan global du jeu proposé, on prend peur. Que de manques ! D'abord dans l'engagement : les Français ont pris une sorte de leçon dans l'attitude. Le langage corporel n'était pas du tout le même et il fallait voir la trop grande liberté laissée aux Finlandais. L'exemple criant étant Paul Pogba, qui est passé totalement au travers de son match (voir le perdant).
 
Pourtant, après 25 minutes, on était loin d'imaginer un tel scénario : dans le sillage d'un Marcus Thuram absolument pas perturbé par le fait de fêter sa première cape chez les A, les Bleus créaient le danger. Le côté gauche Lucas Digne - Marcus Thuram mettait la pagaille et les occasions arrivaient. Mais Thuram touchait la barre (15e) avant de vendanger sa reprise de près (17e). La justesse de Wissam Ben Yedder, associé à Olivier Giroud, dans les petits espaces était géniale et on se disait que le verrou adverse allait forcément sauter. En deux minutes, tout cela allait voler en éclat. Sur deux approximations françaises (Moussa Sissoko, puis Wissam Ben Yedder), la Finlande se projetait à la vitesse de l'éclair vers la surface de Steve Mandanda et faisait mouche à chaque fois : par Marcus Forss (0-1, 28e), puis Onni Valakari d'une superbe frappe devant un Steven Nzonzi spectateur (0-2, 30e ; voir le gagnant). La Finlande se permettait même d'installer des séquences de passes dans le camp adverse comme celle de la 42e minute où les Français ne pouvaient intervenir. A deux doigts d'enfoncer le clou (49e), la Finlande gérait assez facilement son avantage. Car après la pause, et malgré les entrées d'Antoine Griezmann, Anthony Martial, N'Golo Kanté et même Ruben Aguilar (première sélection), la France se montrait rarement dangereuse (volée de Kanté hors cadre, 79e ; frappe de Martial au-dessus, 89e ; puis enfin la tentative de Griezmann en pleine surface qui, comme un symbole du match, filait à côté, 90e+3). Pour s'incliner en toute logique (une première après douze matches de suite sans perdre), et déclencher de très nombreuses interrogations...

Le gagnant : L'élégant Valakari

C'est une découverte. Et quelle découverte ! Pour sa toute première sélection, le garçon de 21 ans s'est offert un souvenir inoubliable avec cette superbe frappe de l'extérieur de la surface pour accabler les Français. Joueur de Pafos, en première division chypriote, il n'a pas eu froid aux yeux et a beaucoup gêné les Bleus. Il y avait une certaine élégance dans ses choix, dans ses transmissions. Il a enfin beaucoup participé à l'effort collectif défensif. Car si Valakari est ici notre gagnant, ne pas oublier la prestation pleine de solidarité de Juhani Ojala et les siens derrière.

Le perdant : Pogba, il y a urgence

Il y a bien eu quelques transmissions longues comme on les aime, et encore... Mais sinon, Paul Pogba a vécu un enfer. On ne l'a jamais senti dans son match. Associé à un Steven Nzonzi qui ne l'a pas aidé non plus, le joueur de Manchester a été laxiste dans son application et son implication. Si on n'oublie pas les prestations compliquées de Moussa Sissoko, Olivier Giroud ou Steven Nzonzi, pour Pogba, le problème paraît profond. Avec surtout une confiance qui semble au point mort, à l'image de ce qu'il montre avec les Red Devils ces derniers temps.