Leonidas (D.R)

Leonidas da Silva (Brésil), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

21 avril - 14 juin : dans exactement 54 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Quarante-septième épisode avec Leonidas da Silva.

Son histoire avec la Coupe du monde

Leonidas a surtout marqué les esprits lors de la Coupe du monde 1938. Pourtant, le Brésilien avait participé à l’édition de 1934 en Italie. Seulement, la Seleçao n’avait disputé qu’un match puisqu’elle s’était faite éliminée par l’Espagne en huitièmes de finale (3-1). Leonidas s’était déjà illustré en marquant l’unique but de son pays dans la compétition. Quatre ans plus tard, le «Diamant Noir» a illuminé le Mondial qui se déroulait en France. Cette fois, le Brésil réalisait un très beau parcours qui avait commencé par un match épique face à la Pologne (6-5 a.p.) en huitièmes de finale. Leonidas inscrivait alors un triplé qui emmenait son équipe en quarts de finale. Là encore, les Brésiliens s’en remettaient à leur attaquant pour éliminer la Tchécoslovaquie en deux rencontres (1-1, 2-1) à Bordeaux, avec deux buts de sa part. Deux matches très intenses physiquement pour Leonidas qui était légèrement touché à la cheville. Pour la demi-finale contre l’Italie, le sélectionneur préférait laisser son magicien brésilien au repos en vue de la finale… sauf que les Italiens s’imposaient (2-1) avant de remporter le tournoi. Leonidas pouvait alors se consoler avec le match pour la troisième place : il plantait un doublé et le Brésil montait sur le podium en battant la Suède (4-2). S’il n’a pas soulevé le trophée cette année-là, Leonidas terminait meilleur buteur avec sept réalisations et était élu meilleur joueur de la Coupe du monde 1938. Le natif de Rio de Janeiro espérait participer au Mondial 1950, le premier depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, mais il mettait fin à sa carrière la même année et voyait son rêve mondialiste s’envoler.

Le moment marquant

Ce 5 juin 1938, la foule se rendait en masse à la Meinau pour assister à l’évènement Coupe du monde avec un match entre le Brésil et la Pologne. L’Alsace découvrait alors un certain Leonidas, l’inventeur d’un geste bien connu : la bicyclette. Mieux, près de 20 000 spectateurs assistaient à un match épique et très spectaculaire, qui est resté pendant longtemps le plus prolifique dans l’histoire de la compétition. Le «Diamant Noir» ouvrait rapidement le score (1-0, 18e) et le Brésil menait à la pause (3-1). Au retour des vestiaires, une pluie féroce s’abat sur la pelouse et ces conditions permettent aux Polonais d’arracher la prolongation (4-4) grâce à un triplé de Willimowski. Les Brésiliens peinaient à faire parler leurs qualités techniques sur un terrai devenu boueux et Leonidas enlevait même ses chaussures pour jouer pieds nus, avant que l’arbitre ne lui ordonne de rechausser les crampons. Une contrariété qui ne l’empêchait pas de qualifier son équipe en marquant deux buts de plus durant la prolongation (93e et 104e). La nouvelle réalisation de Willimowski en fin de match n’y changeait rien : le Brésil s’imposait au terme d’un match fantastique (6-5 a.p.) et pouvait remercier Leonidas, l’artisan majeur de la qualification pour les quarts de finale.

Le chiffre : 8

Comme le nombre de buts marqués par Leonidas en deux éditions de la Coupe du monde. L’attaquant avait terminé meilleur buteur en 1938 avec sept réalisations. C’est simple, il a toujours inscrit au moins un but quand il était sur le terrain. S’il n’avait pas été préservé contre l’Italie en demi-finales, le résultat aurait peut-être été différent pour le Brésil…

L'archive de FF

Leonidas disparaissait le 24 janvier 2004, à l’âge de 90 ans. Trois jours après sa mort, FF revenait sur le fantastique joueur qu’il était et sa découverte lors de la Coupe du monde 1938 dans un papier intitulé «Leonidas, un diamant au paradis». «En 1938, lorsque la sélection brésilienne débarqua en France pour le Mondial, en vérité, ni son style ni son niveau technique n'étaient bien connus des supporters européens. C'est le grand Leonidas da Silva, l'homme-caoutchouc, le créateur de la bicyclette, qui fit découvrir cette nouvelle école : une conception un peu précieuse du foot, faite de touches rapides mais de relances sans dégagement aérien des défenseurs, d'amortis en mouvement et d'exploits techniques assez inédits. Leonidas fut le premier attaquant à jouer tête haute, à dominer le ballon sans le regarder. Chez lui, tout était instinctif (…) Lors de la victoire du Brésil sur la Pologne (6-5), toujours à l'occasion du Mondial 38, il veut jouer pieds nus en raison du bourbier, mais l'arbitre lui intime l'ordre de remettre des chaussures. Il marquera quatre buts ! (NDLR : en fait trois buts) Bonjour l'artiste ! Son tireur d'élite touché à la cheville et boitant, le sélectionneur Pimenta décidera ensuite de faire l'impasse sur Leonidas, contre la volonté de celui-ci, face à l'Italie de Vittorio Pozzo, en demi-finales. Son meilleur joueur devait être réservé pour la super victoire de la finale. Le Brésil perdra 2-1 (…) Il rentra au pays pour constater que, néanmoins, sa notoriété n'avait pas été égratignée par l'échec. Il restait sur son piédestal. Rapidement couvert d'autres lauriers, il conserva son rôle de numéro un, car, fait inédit, la Radio Club du Brésil avait retransmis les matches dans leur intégralité, par la voix de Leonardo Gagliano, qui avait dressé des louanges à l'idole. On avait pleuré dans les favelas.»