(L-R) Liverpool FC coach Jurgen Klopp, FC Barcelona coach Ernesto Valverde during the UEFA Champions League semi final match between FC Barcelona and Liverpool FC at Camp Nou on May 01, 2019 in Barcelona, Spain (Maurice van Steen/ANP SPORT/PR/PRESSE SPORTS)
Espagne - FC Barcelone

Les 5 péchés d'Ernesto Valverde à la tête du FC Barcelone

Démis de ses fonctions après deux saisons et demi passées à la tête du Barça, le technicien n'aura pas résisté aux critiques tous azimuts dont il faisait l'objet depuis le milieu de son mandat. Cinq griefs auront notamment régulièrement été formulés à son encontre.

Deux «remontadas» en deux ans

Si le nom de Luis Enrique demeurera à jamais lié à l'un des scénarios les plus invraisemblables de l'histoire de la Ligue des champions (le sélectionneur de la Roja était sur le banc lors de la victoire 6-1 du Barça sur le Paris Saint-Germain, le 8 mars 2017), celui de son successeur aura inlassablement été associé aux deux «remontadas» subies par le club durant les deux campagnes européennes qui ont suivi. Celle concédée sur la pelouse d'Anfield (0-4 après l'avoir emporté 3-0 à l'aller) est encore bien ancrée dans les esprits de tout un chacun mais les fans du FC Barcelone n'ont, eux, pas oublié que cet échec en mondovision s'est produit un peu plus d'un an après la claque reçue à Rome, lors des quarts de finale de l'édition précédente. Un soir d'avril, alors que les Blaugrana n'avaient fait qu'une bouchée des Giallorossi au Camp Nou quelques jours plus tôt (4-1), les coéquipiers de Lionel Messi s'étaient liquéfiés au pire des moments, dans la dernière demi-heure du match retour. Après le but de l'espoir inscrit par Daniele De Rossi (2-0, 58e), chacun avait senti que l'exploit romain était en marche et Ernesto Valverde n'avait jamais semblé en mesure d'inverser le cours des choses.

Lire aussi : la Roma réalise une incroyable remontada et élimine le Barça

Un ADN bafoué

Par-delà ces deux résultats, les supporters du Barça, biberonnés à la meilleure version du tiki-taka qui puisse être pendant des années et habitués à voir leur équipe exercer un pressing structuré à la perte du ballon, n'auront reconnu cette version historique de leur équipe qu'à de trop rares reprises sous la mandature de l'ancien entraîneur de l'Athletic Bilbao. Las de voir leur sextuple Ballon d'Or FF devoir être continuellement au four et au moulin pour que leurs favoris obtiennent des résultats, y compris face à des adversaires de seconde zone, ces derniers appelaient régulièrement au recrutement d'un entraîneur à même de s'inscrire dans la tradition des équipes entraînées par Johan Cruyff et de Pep Guardiola.

Une gestion hasardeuse des jeunes...

Les deux derniers exemples en date portent les noms de Carles Pérez (21 ans) et d'Ansu Fati (17 ans). Performants et régulièrement utilisés en début de saison, les deux dernières pépites de la Masia à avoir intégré le groupe pro du Barça ont subitement disparues de la circulation, courant novembre. Carles Alena (22 ans), autre talent local, a quant à lui dû se résoudre à l'exil cet hiver (le milieu de terrain a été transféré au Betis contre 20 millions d'euros). Après avoir été régulièrement utilisé lors de la deuxième partie du précédent exercice, lui aussi est, sans crier gare, sorti des radars. A l'heure du bilan, Valverde n'a donc fait éclore que deux joueurs en deux saison et demi. Compte tenu du fait qu'il se trouvait à la tête d'un club qui possède l'une des plus grosses pépinières du Continent, cela fait peu. D'autant plus que rien n'indique que Pérez et Fati auraient eu droit à du temps de jeu si Luis Suarez, Ousmane Dembélé et Messi ne s'étaient pas simultanément retrouvés sur le flanc.
Frenkie de Jong en discussion avec Ernesto Valverde fin septembre, lors de la réception de Villarreal.  (ANP SPORT/PRESSE SPORTS/PRESSE SPORTS)
Frenkie de Jong en discussion avec Ernesto Valverde fin septembre, lors de la réception de Villarreal. (ANP SPORT/PRESSE SPORTS/PRESSE SPORTS)

et des recrues !

Frank de Boer lui-même s'en était offusqué dans les colonnes de Mundo Deportivo, courant septembre : «J'ai vu le dernier match du Barça et Frenkie (De Jong) était quasiment ailier, s'étonnait l'ancien défenseur du club. Ce n'est pas sa position. Il doit jouer dans l'axe.» Avant de mettre les deux pieds dans le plat et de finir par avouer : «Je ne sais pas ce que Valverde veut faire avec lui !» Trois mois plus tard, les observateurs de la Liga continuaient de se poser la question et le milieu Batave n'aura donné à voir l'étendue de son talent qu'à de trop rares reprises sous les ordres du natif de Viandar de la Vera. Le cas du onzième du dernier Ballon d'Or FF est symptomatique d'une utilisation pas toujours optimale des recrues par Valverde et son staff. Antoine Griezmann en est un autre. Jamais le désormais ex-entraîneur du Barça n'aura réussi à tirer la quintessence de la GSM (Griezmann, Suarez, Messi). Le tout en donnant une place prépondérante à des joueurs dont l'ADN semblait pourtant bien moins en adéquation avec celui du club que ceux de ces deux dernières recrues phares.

Une communication approximative

Pour ne rien arranger, le coach espagnol ne s'est pas toujours montré plus inspiré en conférence de presse que dans ses choix techniques. Et à l'heure où la communication occupe une place prépondérante, le contraste était parfois saisissant entre les sorties médiatiques de Valverde et celles de certains de ses confrères. Ainsi, au sortir d'un piètre match nul concédé au Camp Nou face au Slavia Prague (0-0) en Ligue des champions, quelques jours après une défaite cuisante sur la pelouse de Levante (3-1), le patron du sportif avait déclaré qu'il convenait de «s'inquiéter un peu». Ce soir-là, de l'aveu même de son adjoint, Arturo Vidal avait été aligné pour «aider le milieu de terrain catalan» dans un match qui s'annonçait «âpre et rugueux». Un discours difficilement audible, alors que le Barça recevait une équipe qui faisait figure de petit poucet dans le groupe F d'une C1 après laquelle le club court depuis bientôt 5 ans.
Thymoté Pinon
Réagissez à cet article
500 caractères max
Forzien 15 janv. à 12:32

Excellente analyse. Merci de mettre en avant ces difficultés quand certains se plaisent à remercier ce Mossieur voire même à regretter son départ. 3 ans que les supporters pleurent devant tout ce gâchis et ce football de misère.

ADS :