Francis Coquelin, Victor Moses et Ander Herrera, trois joueurs de l'ombre d'importance. (L'Equipe)
Angleterre

Les joueurs de l'ombre indispensables du Big 6 de Premier League

Dans une Premier League regorgeant de stars, ils sont rarement mis en avant médiatiquement, mais sont pourtant des rouages essentiels de leur équipe. Zoom sur les joueurs de l'ombre essentiels du Big 6.

Victor Moses (Chelsea), l'infatigable

Grand gagnant du système en 3-4-3 instauré cette saison par Chelsea, Victor Moses est devenu indispensable dans le jeu des Blues, en piston excentré droit (20 matches de Premier League, 3 buts). Mais le milieu international nigérian de 26 ans a connu un long chemin de croix avant d'arriver à cette place de choix. Arrivé à Chelsea en 2012 en provenance de Wigan, il a eu sa chance avec Roberto Di Matteo et Rafael Benitez, mais le retour de José Mourinho a stoppé son élan, le Portugais le mettant immédiatement au placard. Prêté successivement à Liverpool, Stoke et West Ham, sans jamais s'installer, il est revenu cet été à Stamford Bridge, sans plus aucune certitude. Et la magie a opéré, grâce à Antonio Conte.
(Reuters)
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Le technicien italien a su trouver la bonne formule pour exploiter le volume de jeu de Moses, et sa grande qualité de contre-attaquant. Son pendant à gauche, Marcos Alonso, est plus défensif, mais Conte a décelé des qualités de repli importantes chez le Nigérian, et surtout un tempérament de battant nécessaire pour son poste énergivore.

Victor Wanyama (Tottenham), la pieuvre

Arrivé cet été à Tottenham en provenance de Southampton, Victor Wanyama était présenté comme un joueur de complément pour les Spurs, comme Moussa Sissoko et Vincent Janssen, les autres recrues estivales. Mais l'international kényan a pris une importance bien plus large que ses deux coéquipiers. Pochettino en a fait un élément clé (deuxième joueur de champ de plus utilisé), et ses statistiques montrent son influence. Il est le quatrième plus gros tacleur du Championnat (42) et le quatrième meilleur passeur également (1050 passes réussies).
Victor Wanyama (Reuters)
Victor Wanyama (Reuters)
Wanyama est une pieuvre au milieu. Excellent dans les interceptions, il a cette faculté de ralentir la progression des équipes adverses. Il se projette moins que Dier, mais il s'avère indispensable pour le bon équilibre du milieu. «J'ai l'impression que cela fait des années que je suis dans ce club» expliquait-il récemment. Prévu comme la doublure d'Eric Dier, Wanyama a forcé Pochettino à se creuser la tête pour lui trouver une place. Discret, il pourrait être le facteur X qui permettra aux Spurs de ne pas craquer comme en fin de saison dernière.

Georginio Wijnaldum (Liverpool), l'hybride

Liverpool a acheté cet été Georginio Wijnaldum pour 27,5 millions d'euros, alors que l'international néerlandais s'était mis à dos les supporters de Newcastle. Souvent critiqué pour son égoïsme chez les Magpies, le joueur de 26 ans s'est transformé à Anfield. Jürgen Klopp a changé son profil, le transformant en joueur plus défensif. Il n'a pas acheté un ailier, ou un attaquant supplémentaire, mais bien un milieu, capable de faire le travail de l'ombre. À Liverpool, Wijnaldum apporte du liant. À côté de Lallana et devant Henderson, il travaille, tacle, se retourne, presse, crée.
Georginio Wijnaldum  (Reuters)
Georginio Wijnaldum (Reuters)
Il n'est plus le joueur qui avait inscrit un quadruplé avec Newcastle contre Norwich, il ne soigne plus ses statistiques (2 buts, 2 passes décisives en 20 matches). Et pourtant, c'est maintenant qu'il mérite le plus d'éloges. Cet admirateur de Clarence Seedorf nettoie les ballons, et son volume de jeu est capital.

Francis Coquelin (Arsenal), l'aboyeur

Prolongé jusqu'en 2019 jeudi dernier, Francis Coquelin est le milieu d'Arsenal qui a le plus joué avec Mesüt Ozil et Granit Xhaka. Même s'il est blessé actuellement, le Français de 25 ans est un élément sur lequel Arsène Wenger aime s'appuyer. Le technicien français lui demande un travail de sape au milieu de terrain. Et même si ses qualités techniques pourraient lui permettre de prétendre à d'autres tâches, Coquelin excelle dans ce rôle de pitbull, d'aboyeur, chargé d'harceler le porteur.
Francis Coquelin (Reuters)
Francis Coquelin (Reuters)
Ce profil a souvent fait défaut à Arsenal ces dernières années, et le mordant de Coquelin permet au bloc des Gunners de jouer de l'avant. Bon relanceur, même si ce n'est pas ce qu'on lui demande en priorité, il renaît dans cette position de 6, après avoir longtemps cherché sa place. «Il est très talentueux. Il a pris une autre dimension dans son jeu depuis qu'il évolue dans l'axe», expliquait récemment Wenger.

Fernandinho (Manchester City), le nettoyeur

Dans la constellation de stars de Manchester City, Fernandinho est rarement le nom que l'on cite en premier. Pourtant Pep Guardiola en a fait un homme de base de son système. «Si une équipe avait trois Fernandinho, elle serait championne. Nous n'en avons qu'un seul et il est très important pour nous», expliquait en octobre le technicien espagnol au sujet de l'international brésilien (33 sélections). Si son indiscipline coûte chère, Fernandinho apporte à Manchester City de la densité et du mordant, en somme de la stabilité, derrière son attaque de feu.
Fernandinho (Reuters)
Fernandinho (Reuters)
Polyvalent, Fernandinho est avant tout un numéro 6, mais sa qualité de relance et sa percussion peuvent lui permettre de se muer en relayeur. En le recrutant en 2013 pour 40 millions d'euros au Chakhtior Donetsk, City a déniché un joueur essentiel au coeur de son jeu.

Ander Herrera (Manchester United), le poumon

Débusqué à l'Athletic Bilbao en 2014, Ander Herrera ne s'est pas imposé comme indiscutable lors de ses deux premières saisons. Mais l'arrivée de José Mourinho cet été a fait de l'Espagnol un élément de base de Manchester United. L'homme qui joue toujours avec les protège-tibias de son enfance a encore été excellent contre Liverpool lors du dernier match, et a démontré l'étendue de son rôle : bon à la récupération, agressif, superbe à la relance par ses passes ou en portant le ballon, et tout ça pendant 90 minutes. En somme, il apporte du liant en étant capable de tout faire dans l'entrejeu et fait respirer MU.
Ander Herrera. (Reuters)
Ander Herrera. (Reuters)
Box to box, Herrera est le grand bonhomme du milieu de terrains des Red Devils, et éclipse presque Paul Pogba. Herrera a été régulier, malgré les baisses de régime de son équipe. Certains fans militent pour le voir capitaine, et l'état d'esprit, la grinta du Basque, sont des qualités rares.
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