ibrahimovic (zlatan) perruaux (johann) (N. Luttiau/L'Equipe)
Ligue 1

Les moments marquants des premières journées de Ligue 1

Jamais avares de spectacle et de scénarios grandioses, les premières journées de Ligue 1 ont marqué les esprits. FF vous replonge dans ces instants qui ont fait le charme du Championnat de France.

8 août 1998, Bordeaux-PSG (3-1) : Jay-Jay Okocha l'extraterrestre

Le peuple français est à peine remis de l'ivresse de juillet 1998 que le football reprend déjà ses droits. Sous une chaleur suffocante, le fantasque Augustine «Jay-Jay» Okocha va revêtir pour la première fois la tunique parisienne. Acheté pour un montant record de 100 millions de francs, le Nigérian est une attraction. Mené 2-0, le PSG n'a plus rien à perdre et lance l'intéressé pour le dernier quart d'heure. Une prise de balle, un crochet sur Benarbia, un autre sur Diabaté, puis un missile des trente mètres. Ulrich Ramé est stoïque, le Parc Lescure mué dans le silence, stupéfait par cet authentique coup de génie. «Le but était tellement beau que les Bordelais n'ont pas hésité à applaudir ensuite. Le côté partisan s'efface automatiquement quand on assiste à un tel geste», confiait alors un Alain Giresse médusé. Si le temps a effacé la défaite parisienne, il n'a jamais oublié cette frappe venue d'ailleurs.

28 juillet 2001, Rennes-Auxerre (0-5) : Djibril Cissé en feu

Quand la reprise est un calvaire pour certains, elle est un moment de grâce pour d'autres. Djibril Cissé, dix-neuf ans et meilleur buteur français du Championnat du monde des moins de vingt ans (six réalisations), est un de ceux-là. Le gamin, pourtant pas prévu au programme, est lancé par Guy Roux sur la pelouse de Rennes. En cinquante minutes à peine, l'attaquant aux cheveux peroxydés inscrit un quadruplé, profitant des carences abyssales de la défense bretonne. Un démarrage sur les chapeaux de roue qui le propulse future vedette de l'équipe de France.

2 août 2002, Guingamp-Lyon (3-3) : la remontada guingampaise

Si les avalanches de buts sont monnaie courante lors du premier multiplex, ce Guingamp-Lyon surpasse les attentes. Submergé par les vagues lyonnaises et son duo Juninho-Sonny Anderson, le Roudourou n'y croit plus à quelques encablures du coup de sifflet final. L'OL domine par trois buts à un depuis la cinquantième minute. Mais la remontada du soir porte un nom. Inconnu au bataillon malgré ses vingt-quatre printemps et entré en jeu dans l'indifférence générale, Didier Drogba dévie habilement pour la réduction de la marque de Cédric Bardon avant de crucifier Grégory Coupet du plat du pied. 3-3, une fin de match titanesque et les prémices d'une carrière légendaire.

5 août 2007, Valenciennes-Toulouse (3-1) : Audel en état de grâce, Valenciennes leader improbable

Bien que l'incipit de la saison 2007-2008 ne se distingue par son spectacle (treize buts seulement), un homme en est l'attraction inattendue. A Nungesser, Johan Audel, auparavant cantonné au banc de touche du LOSC, signe l'unique triplé de sa carrière en Ligue 1. Un but du droit, un du gauche et un de la tête, le Martiniquais de 23 ans ne fait pas de jaloux. Il offre quasiment à lui seul la victoire face à Toulouse (3-1) et par la même occasion la tête du classement aux ouailles d'Antoine Kombouaré. Devant l'Olympique de Marseille ou les Girondins de Bordeaux, favoris du Championnat.

9 août 2008, Rennes-Marseille (4-4) : le scénario le plus fou

Tous deux engagés en Coupe d'Europe, Rennais et Marseillais sont décidés à démarrer tambour battant. Olivier Thomert lance les hostilités à la septième minute, avant que l'OM ne réplique trois fois. Baky Koné, Hatem Ben Arfa puis Mamadou Niang donnent un large avantage aux Phocéens avant même la demi-heure. Passé le repos, Thomert, encore lui, redonne de l'espoir à Guy Lacombe. Jusqu'alors, le match est agréable, animé, mais pas encore mémorable. Erbate d'un but contre son camp gag à la 90e (3-3), Grandin à la 92e (3-4) puis Cheyrou à la 94e (4-4) le font basculer dans l'irrationnel. Huit buts, quatre de chaque côté, un ascenseur émotionnel dingue et la panoplie d'une première rencontre de haute facture.

11 août 2012, PSG-Lorient (2-2) : Ibra annonce la couleur

Le PSG a eu beau présenter quelques stars depuis le début de l'ère qatarie (Pastore, Lavezzi, Silva), aucune d'entre elles n'avait l'envergure sportive et médiatique de Zlatan Ibrahimovic. Alors forcément, ce 11 août 2012, la France a les yeux rivés sur le Parc des Princes. Légende (auto)proclamée du ballon rond, il est accueilli au Trocadéro telle une rockstar. Géant dans ses déclarations, le Suédois l'est aussi sur le rectangle vert. Son équipe à la peine face à Lorient, Zlatan entre en scène. A 2-0 pour les Merlus, il résiste à Bourillon et trompe Audard du bout du crampon. Avant d'embraser définitivement le stade d'un penalty imparable. Les bras ouverts et le torse bombé, Ibra peut savourer : la légende est en marche.

8 août 2015, Marseille-Caen (0-1) : Bielsa démissionne

On savait Marcelo Bielsa imprévisible, à la limite de la folie selon certains. Rien ne laissait en revanche augurer un tel cataclysme. Quand la plupart des fans ont déjà quitté leurs canapés, El Loco s'installe en conférence de presse la mine défaite, à l'image de son équipe face à Caen (0-1). Après vingt minutes passées à évoquer les ajustements nécessaires et les prochains entraînements, l'Argentin retient son assistance pour une ultime annonce : il quitte l'Olympique de Marseille de son gré. L'instant devient lunaire tant la neutralité du technicien contraste avec l'effarement des journalistes. Jusqu'au bout, l'homme à la glacière n'aura rien fait comme les autres.

Corentin Rolland
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uncharming 9 août à 19:06

cette photo de zlatan avec l'arbitre.

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