Florian Thauvin, ici contre le TFC (4-0), est le meilleur buteur marseillais cette saison. ( F.Porcu/ L'Equipe)
Ligue 1

Les paradoxes de l'attaque de l'OM

Avec 14 buts marqués en 5 matches de L1, l'OM réalise un début de saison canon sur le plan offensif. Les Marseillais souffrent pourtant de surprenantes carences en attaque.

Voilà 64 saisons qu'une attaque marseillaise n'avait pas aussi bien débuté une saison. Auteur de 14 buts en 5 matches de Championnat, l'OM a atteint son total le plus élevé à ce stade de la compétition depuis 1954-1955 (17 buts). Brillant. Mais aussi paradoxal. Car les joueurs de Rudi Garcia sortent des standards dans différents domaines.
Et si le 4-3-3 était plus qu'un simple recours ?

Inoffensifs en première période

Malgré la victoire 4-0 remportée dimanche dernier contre Guingamp, Rudi Garcia a souligné ce problème en conférence de presse : l'attaque olympienne est anormalement inoffensive en première période. Contre l'EAG, les Marseillais ont marqué leurs quatre buts après la 55e minute de jeu. Pire, 12 des 14 buts de l'OM en L1 cette saison ont été inscrits en seconde période. Et encore, ils sont arrivés très tardivement dans le premier acte : à la 45e minute pour Payet contre Toulouse (4-0), à la 45e+1 pour Mitroglou face à Monaco (3-2).
«Il va falloir qu'on se bouge, si on joue comme ça la première période à Lyon on va revenir avec zéro point, c'est évident, pestait ainsi Garcia dimanche dernier. Tout le monde a été très, très moyen en première période, et tout le monde a été bien meilleur en seconde
Si l'on observe la répartition des buts de l'OM cette saison, on constate que plus la fin de la partie approche (70-90e minute), plus l'attaque marseillaise est performante.
Comment expliquer ce déséquilibre ? Pour la rencontre face à Guingamp, Rudi Garcia a clairement changé la donne de la rencontre à la mi-temps. Il a modifié le système de jeu (du 4-2-3-1 au 4-3-3), a fait entrer Maxime Lopez à la place d'Ocampos et a secoué ses joueurs, amorphes durant les 45 premières minutes. «La présence de Dimitri (Payet) et Morgan (Sanson) a amené de la densité, c'est pour ça que Max (Lopez) est entré, pour avoir plus de solutions autour du porteur du ballon, a détaillé l'entraîneur marseillais. Il a apporté sa maîtrise technique, des départs d'action de qualité, son jeu en une touche
Plus globalement, l'OM, qui garde généralement la possession du ballon, use également ses adversaires. Et si les Marseillais ouvrent le score, ils profitent parfaitement des largesses laissées alors par l'adversaire, condamné à attaquer davantage. «On était bien en place dans les 60 premières minutes, jusqu'au premier but, qui nous a désorganisés. Ensuite, on crée des espaces dans les zones dangereuses», notait le Guingampais Jérémy Sorbon après la défaite de son équipe.

Des avant-centres qui ne sont pas les principaux buteurs

S'ils donnent plutôt satisfaction en ce début de saison, les deux hommes ne sont, comme l'an dernier, pas les principaux buteurs de l'équipe. En 2017-2018, en L1, l'ailier Florian Thauvin avait scoré plus à lui seul (22 buts) que les deux avant-centres réunis (9 buts chacun, comme Lucas Ocampos et Morgan Sanson). Cette saison, Thauvin (5 buts) et Dimitri Payet (3 buts) sont déjà devant eux (2 buts chacun). «Le grand attaquant, c'est toute l'équipe, c'est toute l'attaque de l'OM», assurait Garcia après la victoire à Monaco.
Zone où les Marseillais ont attaqué contre Guingamp. (Opta)
Zone où les Marseillais ont attaqué contre Guingamp. (Opta)
Une image résume l'influence de Florian Thauvin sur l'attaque marseillaise, et illustre son importance par rapport à celle des avant-centres. Contre Guingamp, l'OM a attaqué près de 50% du temps sur la droite - le côté où évolue le champion du monde - contre seulement 20% à l'axe. Un pourcentage en nette augmentation en seconde période (51% des attaques contre 43% en première période). Soit lorsque les Marseillais ont été le plus efficaces.
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