LFP-Monaco : vers un accord à 25 ME ! (L'Equipe)

LFP-Monaco : vers un accord à 25 ME !

En conflit depuis près d’un an, le football français et l’AS Monaco seraient en passe de trouver un accord sur le statut du club princier alors que le Conseil d’Etat doit rendre sa décision, le 29 janvier. C’est en effet mercredi prochain que la plus haute juridiction administrative française tranchera ce litige entre la LFP (Ligue de football professionnel) et l’ASM sur le déménagement du siège social du club de la Principauté sur le territoire français afin que celui-ci soit assujetti aux mêmes taxes, impôts, droits et autres contraintes que les dix-neuf autres clubs de L1. Dans le cadre de négociations secrètes qui se tiennent encore actuellement, menées par des membres du CA de la Ligue avec Frédéric Thiriez, son président, en tête de pont, un accord est entrevu avant le début de semaine prochaine avec les dirigeants monégasques. Sa base reposerait sur une indemnité de l’ordre de 25 millions d'euros par saison que l’ASM paierait au football français pour garder son siège, et tous les droits inhérents à ce statut spécial, sur le Rocher.

Opposée à cette transaction financière au départ, Dmitry Rybolovlev, le président-propriétaire milliardaire de l’ASM, aurait notamment été convaincu de la nécessité de ce "deal" par le Palais. Dans un premier temps, il porterait en fait sur deux saisons et donc sur 50 ME jusqu’en 2015. Jusqu’au dernier moment, Monaco peut retirer sa requête devant le Conseil d’Etat. Les acteurs de ce dossier, qui sont peu nombreux à être dans la confidence, sont donc entrés dans l’ultime ligne droite des négociations. La LFP avait aussi fixé une date limite, au 1er juin 2014, pour que l’ASM déménage en France. Un «référé suspension», demandé par Maître Patricia Moyersoen, l’avocat de Monaco, avait suspendu cette décision dans l’attente de la décision du Conseil d’Etat. «On veut et on espère le dialogue et la discussion dans ce dossier, rappelait récemment Jean-Pierre Louvel, le président de l’UCPF et membre du CA de la LFP. J’espère que la sagesse l’emportera.»

Monaco sera encore gagnant et le foot français sauvera la face tout en grattant une belle enveloppe

Cette solution, si elle est actée entre les parties d’ici cinq jours, rappellerait étrangement les rumeurs de compromis qui avaient circulé, en mai dernier, sur un montant de 200 millions d'euros (sur six ans) demandé à l’ASM par la LFP et la FFF. Cette échéancier, supérieur à 33 ME par an, devait notamment servir à financer la formation et la préformation des clubs français. Le Russe Rybolovlev avait alors parlé de chantage de la part des dirigeants français et notamment de Noël Le Graët, le président de la Fédération, qu’il soupçonnait d’être à l’origine de cette initiative. Cette somme de 25 ME ressemblerait à un forfait (de départ) qui permettrait à l’ASM de ne pas délocaliser son siège mais aussi de garder ses avantages fiscaux concernant principalement les joueurs étrangers qui évoluent et résident en Principauté. Cette enveloppe viendrait également compenser le fait que l’ASM ne paye pas la taxe à 75 %, que devront acquitter tous les clubs français dès avril prochain, pour les contrats supérieurs à 1 million d'euros brut par an.

Avocat de profession auprès notamment du Conseil d’Etat, Frédéric Thiriez pousse vers cette transaction de peur de (tout) perdre devant la plus haute juridiction française. En résumé, Monaco serait donc en passe de payer une compensation de 25 ME pour jouer en L1 et garder son identité. Mais la balance resterait – largement - positive pour l’actuel dauphin du PSG car, au-delà de ses avantages fiscaux, l’ASM devrait toucher entre 35 et 40 ME de droits TV en juin prochain. La saison passée, en L2, le club princier avait pris 5,5 ME. Même s’il vient à payer 25 ME de dîme, Monaco sera encore gagnant dans l’absolu et le football français sauvera la face tout en grattant une belle petite somme au passage.

François Verdenet (avec Y. Ri.)