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coquelin (francis) (L'Equipe)
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Lieutenant Columbo

Et dire qu'Arsène Wenger l'avait sous la main depuis sept ans ! Sept saisons à se poser la question de manière lancinante : mais qui pourra un jour remplacer mon Gilberto Silva, parti en 2008 ? Le milieu brésilien était l'homme de base du système d'Arsenal après le départ de Pat Vieira. Le Paul Scholes des Gunners, celui qu'on ne voit pas, mais qu'on ne remplace pas. L'Invincible. L'été dernier encore, Wenger en était à chercher partout, tentant désespérément de faire venir l'Alsacien Morgan Schneiderlin de Southampton. Peine perdue. Il avait longtemps cru en Diaby, en Flamini, en Arteta, Arsène !

Pas vraiment en Francis Coquelin, arrivé de Laval en 2008, l'année de départ de Gilberto le Brésilien. Coquelin n'avait que 17 ans à l'époque. Et pour tout dire, il se prenait un peu pour un autre, sûr de sa valeur et incapable de comprendre pourquoi il ne jouait pas.
 
Le garçon a traîné sa misère un peu partout depuis, de prêt en prêt, de port en port. Wenger l'a fourgué une saison (2010-11) à Lorient, chez son pote Loïc Féry, une autre à Fribourg (2013-14). Au début du présent exercice, il l'a même envoyé de l'autre coté de la Tamise, à Charlton, en Championship. Le 1er décembre dernier, le prêt était prolongé d'un mois supplémentaire. Douze jours plus tard, le môme du Bourny (un quartier de Laval) était rappelé dare-dare à la maison mère, pour cause de casse. Wilshere, Arteta, Ramsey, en plus de Diaby, étaient tous sur le flanc. Personne ne pensait le voir jouer pour autant. Pas même Wenger. Le 13 décembre, «Coq» revêtait pourtant le maillot d'Arsenal contre Newcastle. Le 28, il était titularisé pour la première fois en championnat depuis le 20 janvier 2013. Depuis, il n'a plus bougé du onze de départ. Et Arsenal n'en finit plus de gagner...
Métamorphosé par ses périples, le garçon a mis sa fierté et son ambition au service de l'équipe. Sur le terrain, il est désormais le « flic » de service, en patrouille permanente, serrant l'intrus, le « Lieutenant Columbo » des Gunners.
Dire que l'émancipation subite de Francis Coquelin est une surprise relèverait de l'euphémisme. Depuis sept ans, les saisons s'étaient suivies sans qu'on remarque son absence ou sa présence. À l'Emirates, il changeait de numéro de maillot comme de club, tous les ans ou presque. Il aura porté le n°35, puis le 39, le 22, et aujourd'hui le 34. Difficile à identifier. Métamorphosé par ses périples, le garçon a mis sa fierté et son ambition au service de l'équipe. Sur le terrain, il est désormais le «flic» de service, en patrouille permanente, serrant l'intrus, le «Lieutenant Columbo» des Gunners, comme l'a surnommé Thierry Henry, aujourd'hui consultant pour la chaîne Sky Sports. Un surnom qui va lui coller à la peau... Autant que celui de «petit caporal» à Mathieu Flamini. On ose croire qu'il s'agit de compliments...
 
Tel le vainqueur d'un concours de circonstances, Coquelin est désormais, selon l'expression de notre confrère du Telegraph Henry Winter, «la bête de la belle», en référence à son labeur et au jeu léché d'Arsenal. Son match sur la pelouse de Manchester City, en janvier, l'avait révélé. Celui contre Liverpool, début avril, a confirmé ses promesses. Contre Burnley, il y a deux semaines, il a été élu «homme du match». Wenger s'est trouvé une sentinelle, un homme pour faire le ménage, intercepter, ratisser, donner de la voix. Un vrai col bleu. Un porteur d'eau. Un Columbo qui ne fait pas d'impair...

Thierry Marchand
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paulferrari 20 avr. à 17:45

quel début de carrière en dent de scie ! Mais quel réponse face à ses détractaires !

Vincentwenty 20 avr. à 15:22

Très bon article sur un joueur dont on ne parle pas assez!Il est trop tôt pour l'affirmer comme un très grand joueur, mais quand on voit sa demi-saison (et surtout les résultats qui prouvent qu'il est indiscutable), on ne peut qu'espérer qu'il continue sur cette voie. Et pourquoi pas un jour (dans pas si longtemps peut-être) porter le maillot de l'équipe de France..

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