otavio (N.Luttiau/L'Equipe)
Ligue 1 - Bordeaux

Ligue 1, Bordeaux : Otavio, Girondin attendu

Malcom parti, voilà la filière brésilienne des Girondins de Bordeaux orpheline de son plus grand crack. Un membre de moins pour porter hautement les couleurs auriverde sur la Garonne, alors que le milieu de terrain Otavio, arrivé l'été dernier, va devoir s'affirmer.

C'est sur les terres de Roberto Firmino, Willian José et Pepe qu'il a grandi, s'est bâti et a découvert le ballon rond sous les couleurs du CRB de Maceio, au Nord-Est du Brésil, actuel 16e au second échelon du football brésilien. Ce joueur-là, numéro 5 des Girondins de Bordeaux, Otavio de son nom, reste pourtant bien moins populaire que ses illustres compatriotes. Et s'il est évident que les attentes ne seront jamais celles des sommités brésiliennes de Ligue 1 Neymar, Thiago Silva, Marquinhos, Luiz Gustavo et compagnie, faute aussi de talent, cette saison sera le moment ou jamais pour Otavio de lancer une carrière qui peine encore à décoller. Arrivé l'été dernier de l'Atlético Paranaense contre un chèque de cinq millions d'euros, le milieu de terrain défensif avait bien commencé, au pays de la chocolatine, et affriandé des supporters qui voyaient alors en lui leur nouvelle coqueluche de l'entrejeu. Longtemps titulaire sous l'égide de Jocelyn Gourvennec, Otavio enchaînait les matches et les titularisations, avec plus ou moins de réussite, au moment où les résultats girondins déclinaient.

Une première saison en demi-teinte

Si les Bordelais se présentaient au Parc des Princes comme seuls invaincus, avec le Paris Saint-Germain, le 30 septembre, la défaite 6-2 face à l'ogre du Championnat ouvrait un marasme sportif de plusieurs semaines. Des défaites à la pelle, peu de place pour l'extase et des Ultras Marines exaspérés, Bordeaux s'enlisait au classement. Jusqu'à l'arrivée de Gustavo «Gus» Poyet, remplaçant à succès de Gourvennec au mois de janvier. Dans le regain de forme de l'équipe détenue par M6, Otavio n'y trouva par contre jamais son compte. Remplaçant souvent, absent du groupe parfois, le Brésilien de 24 ans voyait son temps de jeu s'amoindrir au fil de la saison. Les supporters, eux, ne comprenaient pas vraiment, certains pointant le manque de régularité, d'autres la diaspora brésilienne des Girondins (Malcom, Cafu, Otavio, Pablo) alors que l'incompréhension régnait autour du Matmut Atlantique. Et c'est sur cette impression que s'est terminé le premier épisode européen du joueur, qui découvrait là l'Europe, 48 ans après Plinio, l'un des premiers Brésiliens à avoir fait ses valises pour "La Belle Endormie".

«Un gamin béni de Dieu»

Pourtant, si Otavio peine à s'imposer en terres girondines, en témoigne sa petite minute de jeu face à Ventspils (1-0), une partie du Brésil croît toujours en son discret poulain. «Il a commencé avec moi à 10-11 ans, c'est un gamin béni de Dieu et il a su surmonter les épreuves, nous narre Guilherme Farias (voir ci-dessous lors d'un retour d'Otavio au Brésil), premier entraîneur d'Otavio à Maceio, qui a aussi coaché les versions juniors de Firmino et Willian José. C'est un joueur et un homme plein de simplicité, un bon garçon. Il reste toujours en contact avec les gens du coin et moi. Il avait même décroché une sélection avec les U23 du Brésil, et j'espère que Dieu va éclairer son chemin. Car c'est une personne fantastique.» De là, Otavio va devoir s'imposer, et laisser de côté le gentil garçon d'Alagoas, région idyllique bordée par le sable blanc, l'eau turquoise et les cocotiers. Les vignes et la Garonne attendent de leur côté l'explosion du milieu de 24 ans. Il est temps, au moment où le club six fois champion de France est sur le point de passer sous pavillon américain.
Guilherme Farias et Otavio. (D.R)
Guilherme Farias et Otavio. (D.R)
Antoine Bourlon
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