Soccer Football - Champions League - Olympique Lyonnais Training - Etihad Stadium, Manchester, Britain - September 18, 2018   Lyon coach Bruno Genesio during training   Action Images via Reuters/Andrew Boyers (Reuters)
Ligue 1 - Lyon

Ligue 1 : Les défis de Bruno Genesio avec Lyon pour surfer sur l'exploit de City

La folle soirée de mercredi digérée, Lyon et Bruno Genesio doivent déjà passer à la suite. Avec la réception tant attendue de l'OM ce dimanche. À court et moyen terme, pour capitaliser le succès à Manchester City, le coach des Gones voit de nouveaux défis se proposer à lui.

Trouver le bon équilibre tactique

L'agacement de certains supporters, l'impasse et même les prémices d'une crise. Puis plus rien. Depuis mercredi soir, la saison de l'OL a pris une toute autre tournure avec le formidable succès de la bande des Fekir et Ndombélé sur la pelouse de Manchester City, champion d'Angleterre en titre (2-1). Avec, à la tête de cette victoire de prestige, un Bruno Genesio qui a gagné les paris tentés, que ce soit dans la tactique, le système ou le choix de ses hommes. Pour Rémy Vercoutre, ancien gardien de l'Olympique Lyonnais (2002-2004 puis 2005-2014), il n'y aura pas de réelle (r)évolution tactique dans les semaines à venir : «Je pense que le 4-4-1-1 a été mis en place pour contrer City, et il ne l'utilisera pas aussi souvent. Face à Manchester, Genesio a demandé à ses avants de bien défendre et de récupérer le ballon relativement haut pour se projeter vers le but adverse. En Ligue 1, Bruno aura besoin d'utiliser cette technique deux fois, face à Paris et l'OM. Mais le reste du temps, Lyon aura la possession et devra faire le jeu. Peu importe le schéma tactique... Ce qui compte, c'est l'animation parfaite qu'ils ont proposée, avec un repli défensif qui a été excellent !»

Maintenir l'ensemble d'un groupe sous pression

Depuis le début de saison, Bruno Genesio change aussi bien de système que de joueurs. Mercredi soir, l'entraîneur a fait plusieurs choix forts, dont les surprenantes titularisations de Maxwel Cornet et Pape Cheikh Diop. Choix payant, puisque le duo, noté 8/10 par FF, a livré une sacrée partie. «Il a eu raison, poursuit Vercoutre, mais il doit aussi faire attention à Tousart ou Traoré pour trouver un équilibre, surtout lorsqu'on n'a pas grand-chose à reprocher aux joueurs qui n'ont pas été choisis pour jouer face à City.» Pour briller en Ligue 1, se qualifier en huitièmes de finale de C1 et pourquoi pas faire un (ou des) parcours en coupes nationales, l'OL n'aura pas besoin de 11 mais d'au moins 15 éléments à leur meilleur niveau et réguliers dans la performance. A Genesio le manager de se sublimer...

Lire aussi : Comment Lyon a créé l'exploit à City

Retrouver des vertus collectives

C'est ce qui a pu quelque peu interloquer depuis le début du mois d'août : c'est comme si l'OL avait perdu sa rigueur mais aussi son collectif, notamment en attaque où les transmissions entre les Aouar, Fekir, Depay, Traoré et autres Mariano Diaz avant son départ, étaient parfois bien délicates. «Nabil Fekir l'a dit, l'enseignement à tirer (de Manchester), c'est qu'ils doivent jouer collectivement pour être redoutables, rappelle Rémy Vercoutre. Quand tu joues à City, tu te dis que si tu ne fais pas ça, tu vas passer à la trappe. On ne doutait pas qu'ils arriveraient à se mobiliser, mais en trois jours ils ont su faire évoluer leur caractère pour remporter le match. Le football, c'est un combat. Avant de vouloir jouer le ballon, il faut le récupérer, et ça ils ont réussi à l'appliquer mercredi.»

Lire aussi : Les notes de City-Lyon

S'installer vite et durablement sur le podium

Les débuts de Lyon en Championnat sont plutôt discutables. Notamment avec des points laissés en route à Reims (0-1), à Caen (2-2) et face à Nice (0-1). S'il est vrai que la réussite les a fuit, notamment face aux Aiglons et un Walter Benitez sur son petit nuage (neuf arrêts), cela n'explique pas tout. L'envie, le jeu collectif et la forme parfois bien suspecte de certains éléments comme Houssem Aouar, en-dedans depuis août en L1, doivent sûrement être source de frustration chez Bruno Genesio. Comment son équipe est-elle capable de se sublimer autant à Manchester alors qu'elle a été digne d'un candidat à la relégation quatre jours plus tôt en Normandie ? Une statistique, dévoilée vendredi, peut résumer le tout : «On a couru 18 kilomètres de plus à City qu'à Caen, a expliqué l'entraîneur lyonnais. Cela veut dire beaucoup de choses dans l'investissement.» Là est l'un des défis du coach rhodanien. Rapidement prendre des points et ainsi trouver le rythme de croisière qui correspond au potentiel de son effectif. Car, à n'en pas douter, entre son budget et son standing, la place de l'OL est sur le podium.

Intégrer Moussa Dembélé

Débarqué dans les dernières heures du mercato, Moussa Dembélé n'a pas participé à l'éclatant succès face à City. Difficile pour lui, ainsi, de s'intégrer. On pourrait même imaginer le voir sur le banc dimanche devant Marseille, Bruno Genesio privilégiant peut-être la composition gagnante de mercredi. Mais il est indéniable qu'il peut apporter un plus dans l'axe. «C'est un vrai numéro 9, mais il est aussi capable d'ouvrir de nombreuses brèches grâce à la qualité de ses déplacements», a d'ailleurs expliqué Bruno Genesio ces derniers jours.

Prouver sa légitimité

C'est peut-être son plus grand défi. Les cinq prochains matches pourraient permettre à Bruno Genesio de prouver qu'il est l'homme de la situation. On l'a dit, le premier vrai test arrive ce week-end face à Marseille. Puis, dans la même semaine, Lyon rencontrera Dijon et Nantes. Deux équipes très joueuses qui pourraient permettre au coach des Gones de développer un jeu offensif et de mettre en confiance leurs jeunes recrues (Dembélé, Dubois, Terrier). Enchaîner les matches à enjeu donne l'occasion de faire fructifier les promesses de City. Suivront la 2e journée de C1 et une confirmation attendue face à Donetsk, et un choc, au Parc des Princes, face au PSG pour se tester. De quoi, pourquoi pas, inquiéter le champion de France en titre si Lyon maintient son état de forme.
Souvent critiqué, Bruno Genesio veut prendre sa revanche. Raillé par une grande partie du public qui lui reproche un jeu mal défini et sans créativité, l'entraîneur lyonnais a vécu des semaines compliquées, notamment depuis la vidéo d'une soirée lyonnaise arrosée. «La victoire de mercredi est une belle réponse à tous ceux qui nous prédisaient l'apocalypse, s'est-il d'ailleurs satisfait sur RMC. J'ai même entendu dire qu'il fallait venir pour voir une avalanche de buts. Parfois dans le football, avant de parler, il faut réfléchir.» «L'ambiance au stade sera un peu plus apaisée après cette victoire à City, reconnaît Rémy Vercoutre. Mais je ne comprends pas les attaques envers Bruno. Aujourd'hui, même quand on évoque positivement son travail, ça se retourne contre lui. On aurait pu prendre n'importe quel entraîneur, je ne suis pas sûr qu'il aurait pu faire beaucoup mieux sur ces dernières années. Mais c'est toujours pareil, nul n'est prophète dans son pays ! C'est lorsque Bruno aura quitté le club que beaucoup vont se dire qu'au final ce n'était pas si mal que ça...»
Mathieu Message
Réagissez à cet article
500 caractères max