lamouchi (sabri) (V.Michel/L'Equipe)

Ligue 1 : Pourquoi Rennes n'avance pas

Attendu en début de saison, Rennes déçoit énormément et n'est que 16e au bout de huit journées. Après son nouveau nul en supériorité numérique face à Toulouse (1-1), où Lamouchi a tenté des choses, FF a cherché à comprendre ce qui n'allait pas. Même si tout n'est pas à jeter. Loin de là.

L'envie de se rassurer dans le jeu

Cela s'est notamment vu en première période : après trois défaites consécutives en Ligue 1, Rennes a semblé chercher à se rassurer dans le jeu, dans son collectif. Et ce avant même de prendre le risque d'une passe dangereuse ou d'un geste technique pour effacer l'adversaire. Avant tout, c'était s'appliquer dans la passe, dans les nombreux échanges, dans le déplacement entre les lignes. Reprendre les bases, en somme. Il n'a du coup pas été étonnant de voir les hommes de Lamouchi enregistrer quasiment le double de passes par rapport aux ouailles de Casanova (505 contre 276). Mais on le sait, dans le foot, la possession ne fait pas tout.

Une finition toujours délicate

Seize tirs à Amiens mercredi dernier ; vingt-trois ce dimanche devant Toulouse : sept tirs cadrés en tout, et deux buts au final en 180 minutes. Avoir le ballon, c'est bien, encore faudrait-il savoir mettre le cuir au fond. Face au Téfécé, c'est un généreux penalty accordé par Monsieur Léonard qui a permis à M'Baye Niang d'ouvrir enfin son compteur. Certes, Baptiste Reynet a sorti une énorme prestation, mais le principal problème des Bretons semble bien être celui de conclure ses actions. Surtout quand vous affrontez une équipe réduite à dix pendant 45 minutes. Mais aussi pour conserver un avantage au score, encore une fois (13 points perdus après avoir ouvert la marque).

Ben Arfa, déroutant mais frustrant

Sur les dix dribbles réussis par les Rennais devant Toulouse, sept ont été réalisés par le seul Hatem Ben Arfa. Signe que HBA n'a rien perdu de ses qualités d'élimination. Sur certaines séquences, il faisait même tourner la tête au Téfécé (8e, 23e, 41e). Malheureusement pour les pensionnaires du Roazhon Park, encore juste physiquement, Ben Arfa a du coup manqué de lucidité pour ensuite réaliser le geste décisif après ses dribbles. Il était en effet parfois frustrant qu'il ne libère pas plus vite le ballon. Titularisé en faux numéro neuf par Lamouchi, une nouveauté, il est souvent descendu bas pour toucher le cuir. Signe de sa volonté de participer au jeu. Épaulé par des Benjamin André et James Léa-Siliki positionnés très haut, Ben Arfa a semblé manquer de repères. Rien d'anormal en somme. Mais Rennes a-t-il le temps pour continuer à tester cette option ?

Un potentiel indéniable, des automatismes qui tardent

Mais si Ben Arfa va avoir besoin d'engranger des minutes pour s'adapter, Rennes a désormais besoin de points. Et on a presque envie de parier que le Stade Rennais serait dans le top 5 du Championnat si la Ligue 1 avait démarré un mois plus tard. En effet, le potentiel est là, c'est indéniable.
- S'il a perdu beaucoup de ballons, James Léa-Siliki a montré qu'il pouvait être un vrai danger comme sur cette transversale touchée (48e).
 
- L'abattage d'un Benjamin André est également indéniable. L'homme aux trois poumons a encore été précieux, mais c'en était presque à se demander s'il n'a pas été positionné trop haut sur le terrain. Car dès qu'il fallait faire le geste juste dans les 25 derniers mètres, cela devenait plus délicat.
 
- La véritable interrogation vient finalement du rendement de Benjamin Bourigeaud. En totale panne de confiance, l'ancien Lensois a rarement fait la différence devant le Téfécé. Dans la volonté de Lamouchi de retrouver de la maîtrise collective, le Rennais est parfois redescendu assez bas, au niveau de Grenier (voir ci-dessous). D'autres fois, il s'écartait à gauche pour étirer le bloc toulousain. S'il mettait du rythme, son déchet et son impact ont été trop timides. C'en est inquiétant...
 
- On peut encore parler d'un Ismaïla Sarr, sorti blessé en première période, dont les accélérations ont manqué en supériorité numérique.

Vous l'avez compris, ces quatre-là, avec Ben Arfa, Del Castillo, voire même Guitane et Poha : Rennes a de quoi faire. Reste maintenant le plus important : trouver une cohésion, des automatismes. Et après huit journées, c'est pour le moment très compliqué...

Grenier, on demande à revoir

Autre nouveauté du jour dans le coaching rennais : le positionnement de Clément Grenier en numéro 6. Et cela a été plutôt prometteur. Techniquement à l'aise, même s'il aurait pu mieux s'appliquer sur ses coups de pied arrêtés, Grenier a rendu une bonne copie. Véritable plaque tournante avec ses 100 ballons touchés, il a été la première rampe de lancement des siens, n'hésitant pas à aller se placer entre ses deux défenseurs centraux pour organiser le jeu. C'était par l'ancien Lyonnais que Lamouchi souhaitait reprendre le contrôle du jeu. Grenier a pu se distinguer par quelques offrandes de qualité comme pour André (10e) ou Léa-Sliki (90e+1). S'il n'est pas une assurance tout risques à la récupération, étant habitué à évoluer plus haut, ce poste de numéro 6 lui sied dans ce genre de rencontres où Rennes domine. Dans le cas contraire, un appui à ses côtés ne sera pas de trop lorsque l'adversité sera plus grande. Mais on demande à le revoir à ce poste.

Timothé Crépin