23/07/2016 - LORIENT/GUINGAMP - MATCH AMICAL A PONTIVY - 154 HD ETIENNE GARNIER - SYLVAIN MARVEAUX (GARNIER ETIENNE/L'Equipe)
Ligue 1 - Lorient

Ligue 1 : Sylvain Marveaux (Lorient), «Je n'ai pas de revanche à prendre»

Enfin libéré de son contrat à Newcastle, avec qui il n'a disputé aucun match la saison dernière, Sylvain Marveaux espère se relancer en Ligue 1 sous les couleurs de Lorient, où il s'est engagé pour un an.

«Sylvain, est-ce une sorte de soulagement de revenir en France ?
Le soulagement est d'avoir trouvé un bon club, qui plus est en Ligue 1 qui était ma priorité. C'est parfait.
 
Doutiez-vous de pouvoir signer dans un club de l'élite ?
Je ne savais pas si ça allait être en Ligue 1 ou ailleurs. La Ligue 1, je la connais, je sais donc où je mets les pieds.
 
Cet été, votre contrat de cinq ans avec Newcastle a pris fin. Au terme d'une aventure mi-figue, mi-raisin...
Ça me permet de pouvoir complètement tourner la page. En terme de temps de jeu, de match, par rapport à ce à quoi j'espérais, c'est plutôt un échec (NDLR : trente-huit matches de Premier League disputés depuis 2011). Je n'avais pas rêvé de ça. C'est comme ça. J'ai fait ce que je pouvais, j'en tire aussi certains bons souvenirs, et une certaine expérience. J'ai quand même joué en Premier League. C'est sûr que j'aurais aimé que cela se passe différemment.

«Je n'ai pas pu réellement montrer sur la durée ce que je pouvais faire»

Comment expliquez-vous d'avoir aussi peu joué ?
Il n'y a pas eu le bon feeling avec le coach (Alan Pardew), qui a tout de suite choisi d'autres options avant moi. J'ai toujours dû faire encore plus, mais ça n'a jamais suffi. Je n'ai pas pu réellement montrer sur la durée ce que je pouvais faire. Le coach est resté un bon moment (2010-2015), et ça n'a pas joué en ma faveur.
 
Cela devait être difficile de se motiver à aller s'entraîner le matin...
J'ai toujours essayé de rester positif et d'en faire le maximum. À un moment donné, ma relation avec le coach s'est un peu durcie. Du coup, j'ai dû partir, c'est pour ça que j'ai demandé à être prêté, notamment à Guingamp (en 2014/15). C'était une bonne chose de pouvoir retrouver le terrain, de me sentir désiré et important dans un groupe. Mais je n'ai pas pu enchaîner la saison suivante. J'ai demandé à partir, on n'a pas pu trouver un accord pour une résiliation. Il me restait un an. Je n'ai donc pas joué jusqu'en janvier, en attendant le mercato d'hiver. Et j'ai finalement patienté jusqu'en fin de saison.
 
Vous n'avez donc joué aucun match en 2015/16 ! Ne pas exercer son métier pendant un an, comment avez-vous fait pour le gérer ?
(il sourit) C'est dur bien sûr. Après mon retour de Guingamp, je ne m'attendais pas à faire partie des plans à Newcastle, c'est ce qui s'est passé. Ce n'était pas difficile à comprendre... J'ai simplement dû rester professionnel, venir m'entraîner. J'étais avec ma famille, mes enfants, j'essayais juste de rester prêt pour un possible départ en janvier. Ensuite, après janvier, je me suis dit que j'avais encore six mois pour être libre. Après, il faut se dire qu'il y a toujours pire. C'était indépendant de ma volonté, je ne pouvais pas faire autre chose... J'étais quand même privilégié, dans un club où j'avais un contrat. Je devais me plier aux décisions. Franchement, au final, ç'a été, j'étais préparé.
Sylvain Marveaux, sous le maillot de Newcastle aux côtés de Yohan Cabaye. (GRAHAM STUART/Reuters)
Sylvain Marveaux, sous le maillot de Newcastle aux côtés de Yohan Cabaye. (GRAHAM STUART/Reuters)
«Une résiliation ? Entre faire un effort et ne faire tous les efforts que d'un côté, ce n'était pas possible»
Pourquoi n'avez-vous pas trouvé de terrain d'entente pour une résiliation l'an dernier ? Vous n'étiez pas prêt à faire quelques sacrifices ?
Si, bien sûr, j'ai voulu en faire. Mais entre faire un effort et ne faire tous les efforts que d'un côté, ce n'était pas possible. J'aurais voulu qu'ils en fassent aussi.
 
Aviez-vous quand même la force d'aller au stade le week-end ?
Je n'avais pas vraiment le choix puisque lorsque Steve McClaren était sur le banc (2015-2016), on était obligé de venir aux matches. Tous les joueurs de l'effectif, blessés ou pas choisis dans le groupe, devaient être là dans le vestiaire.
 
Dans ce marasme, y avait-il une bonne entente dans le colonie française ?
Oui, on s'entendait tous très bien. Dans la semaine, ça permettait d'évoquer ça entre nous, de prendre ça plus légèrement. On pouvait aussi parler d'autres choses. Je n'étais pas le seul en difficulté.
 
Diriez-vous que Lorient s'inscrit comme un nouveau départ dans votre carrière ?
Pas tellement. J'ai trente ans désormais, j'ai envie de jouer. Je n'ai pas de revanche à prendre. Le coach (Sylvain Ripoll) me connaît, me suit depuis un moment. À tous les échelons du club, il y avait une entente sur ma venue qui était une bonne chose, tout le monde était d'accord là-dessus. Ça m'a mis en confiance.

«Lorient, je pense que c'est le club idéal»

Sur le terrain, êtes-vous le plus épanoui en position de numéro 10 ?
Oui, c'est ma position préférée. Je ne suis pas un ailier pur, mais je peux également y jouer. Mais c'est vrai que je me sens plus influent et à l'aise dans l'axe.
 
Opter pour Lorient a-t-il été également facilité du fait que ce soit chez vous, en Bretagne ?
Ça n'a pas été le critère principal. C'est sûr que je me rapproche, je ne peux pas être plus près de mes parents. Je les rends heureux par la même occasion. Ç'a été un plaisir de pouvoir leur annoncer cette nouvelle.
 
Pourquoi n'avez-vous signé qu'une saison ?
Il ne faut pas se mentir : je n'ai pas joué depuis un an. Il y a des incertitudes. J'ai le temps de pouvoir effectuer la préparation et de revenir au même niveau physique que les autres. C'est la formule qui convient le mieux à tout le monde.
 
Un club qui vous fait confiance, chez vous, en Bretagne, la formule est toute trouvée pour faire une belle saison...
C'est sûr. Je suis très content. Je ne pouvais pas trouver mieux pour me poser et refaire une bonne saison. Je pense que c'est le club idéal, du moins je l'espère.»
Timothé Crépin
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