ronaldo (cristiano) (S. Mantey/L'Equipe)
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Ligue des champions : à quand le nouveau monde ?

Depuis sa création en 1992, la Ligue des champions a bien changé. Elle est progressivement devenue l'apanage des grands de ce monde, le Real Madrid en tête.

Connaissez-vous les Lions de Lisbonne ? Ce surnom échoit aux joueurs du Celtic, vainqueurs de la C1 en 1967 dans la capitale portugaise, face à l'Inter. Ce jour-là, au stade de la Luz, dix des onze membres de l'équipe de Glasgow et leur manager (Jock Stein) étaient nés dans un rayon de vingt kilomètres autour de la ville. Le onzième, Bobby Lennox, était originaire de Saltcoats, à 50 km de là, sur la côte Ouest...

La Ligue des champions a bien changé. Elle s'est mondialisée, enrichie. Elle est devenue très select, l'apanage des clubs les mieux dotés, et pas uniquement les historiques comme le Real, treize fois vainqueur. Fini le temps des petits gars de Glasgow ! Aujourd'hui, les (très) riches ne jouent plus qu'entre eux. Entre 1992-93, date de l'inauguration de la Ligue des champions, et 2003-04, treize clubs finalistes ont engendré neuf vainqueurs distincts de sept pays différents : de Marseille à Porto en passant par Milan, l'Ajax, la Juve, Dortmund, le Real, Manchester United et le Bayern. Depuis, les quatre grands championnats font table rase. Sept clubs se sont partagés les quatorze dernières éditions. Pire encore, l'Espagne règne sans partage sur l'Europe depuis 2013 et le dernier sacre du Bayern. Avec un ogre, le Real (quatre succès). La C1, c'est un peu comme «Plus belle la vie» à la télé. Toujours les mêmes têtes et les mêmes scenarii depuis des années... Sans espoir que ça change vraiment.
«Les clubs historiques ont su développer beaucoup de revenus commerciaux grâce à leur ancienneté et une popularité extraordinaire auprès des fans» (Damien Comolli)
L'Histoire est la source de tout, la référence, les racines de la légitimité de ceux qui ont trouvé dans la plus grande compétition de clubs la quintessence de leur pouvoir. Tous ceux qui ont remporté la Ligue des champions depuis 2005 avaient déjà gagné la C1 avant 1978, à l'exception du Barça, de la Juve, qui en avaient disputé la finale, respectivement en 1961 et 1973, et de Chelsea, le nouveau riche, toléré plus qu'accepté, qui a mis dix ans et une finale perdue (2008) avant de s'imposer enfin, en 2012. Même Manchester City et le PSG ont du mal à se frayer un chemin pour rentrer dans le cénacle.

Depuis 2004-05, deux finalistes seulement ont incarné l'inédit : Arsenal en 2006 et Chelsea en 2008, seul nouveau vainqueur des vingt et une dernières éditions. «Les clubs historiques ont su développer beaucoup de revenus commerciaux grâce à leur ancienneté et une popularité extraordinaire auprès des fans. Leur richesse vient de là, et il y a évidemment une corrélation entre le nom des finalistes ou vainqueurs de la C1 et leur revenus en droits télé et commerciaux», observe Damien Comolli, qui fut directeur sportif de Tottenham et Liverpool avant d'être aujourd'hui celui de Fenerbahce. L'arrêt Bosman est passé par là pour affaiblir les plus petits. La recomposition de la Ligue des champions, aussi, ouverte à deux, puis trois, et désormais quatre représentants des grands championnats, ceux qui engrangent les revenus les plus importants. Si la C1 n'est pas une Ligue fermée, elle y ressemble...
Thierry Marchand

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