lenglet (clement) (B. Cremel/L'Equipe)
Ligue des Champions - FC Barcelone

Ligue des champions : comment Clément Lenglet a conquis la défense du FC Barcelone

Sens de l'anticipation, placement intelligent, interventions cliniques, relances simples et performances régulières... Voici avec quelles armes Clément Lenglet a conquis la défense blaugrana.

Il y a de la dextérité dans ses interventions, de l'élégance dans ses relances, de l'altitude dans ses prestations... A la fois discipliné et spontané, autoritaire et propre, Clément Lenglet s'est imposé, sans conteste, dans la charnière centrale barcelonaise et a connu son onzième match consécutif en C1, ce mercredi soir, face à Liverpool (3-0). Une première demi-finale européenne pour celui qui jouait, il y a encore peu, au stade Marcel Picot en 2016, sous les couleurs nancéiennes. Des vendredis de Ligue 2 aux mercredis de Ligue des champions, le natif de Beauvais a rapidement franchi le pas avec aplomb et agilité. Et pourtant, ce n'était pas gagné d'avance.
Pendant quatre longs mois, Clément Lenglet a enchaîné alors les retours salvateurs et les clean sheets, avec pour seule véritable concurrence un Thomas Vermaelen toujours aussi fade et décevant.
Arrivé de Séville comme troisième roue du carrosse, le gaucher de 23 ans a connu une première titularisation mouvementée contre Gérone (2-2), fin septembre, recevant un carton rouge direct après un coup de coude dangereux. Un léger accroc qui n'empêchait pas l'Oisien de pleinement assurer, quelques jours plus tard, l'intérim de Samuel Umtiti, en délicatesse avec son genou depuis le 28 septembre. Pendant quatre longs mois, Clément Lenglet a enchaîné alors les retours salvateurs et les clean sheets, avec pour seule véritable concurrence un Thomas Vermaelen toujours aussi fade et décevant. Puis, Big Sam a fait son retour dans le groupe à la mi-février, une semaine avant l'important huitième de finale aller, chez lui, à Lyon. Mais, peu importent les symboles et les statuts, Clément Lenglet n'avait jamais décu Ernesto Valverde depuis sa bévue initiale et se retrouvait de nouveau associé à Gérard Piqué contre l'OL. Sous le régime exigeant du technicien espagnol, aucun passe-droit n'existe, quand bien même on porte l'étiquette de champion du monde.

Maître relanceur

Une marque de confiance qui transformait immédiatement l'intérim en CDD longue durée aux yeux du monde. C'est que le Picard s'inscrit parfaitement dans l'ADN du défenseur blaugrana, à qui il est demandé une qualité de sortie de balle sous pression et un sens de la passe au-dessus de la moyenne pour initier les longs circuits barcelonais. S'il assure souvent ses relances par des transmissions courtes au rompu Busquets dans l'axe ou au trublion Alba côté gauche, Clément Lenglet ne se prive pas de passes lasers plus risquées pour trouver Coutinho ou même, plus haut, le génial Messi. Des prises de risques verticales qui ne surprennent pas Sylvain Dorard, son ancien entraîneur à l'US Chantilly des U13 aux U15 : «En jeunes, c'était déjà un joueur à la technique efficace, qui jouait la tête levée. Au départ, il évoluait ailier gauche avant de descendre d'un cran. S'il le voulait, Clément pouvait éliminer aisément quatre, cinq joueurs par ses crochets simples mais il donnait toujours la priorité à des une-deux ou à la passe dans le bon espace.» Une facilité technique amplement remarquée à Santiago Bernabeu, face au Real Madrid, le 2 mars dernier, dans un Clasico qu'il a ébloui de son jeune talent.

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«Tout entraîneur rêve d'avoir un joueur aussi clairvoyant, qui dispose d'une grande faculté d'adaptation» (Sylvain Dorard, son ancien entraîneur à Chantilly)
Fiable et régulier, le défenseur d'1,86m ne se complique pas la vie sur le terrain et bonifie sa simplicité par une réussite quasi maximale balle au pied. En terre catalane, le Nancéien de formation culmine à 89,2% de passes réussies en moyenne en Liga, quand il ne dépassait pas 83,9% en 2017-2018 sous le maillot sévillan. Sa progression constante et son intelligence de jeu lui permettent de hausser continuellement son niveau de jeu, notamment lors des matches couperets à haute intensité. «Tout entraîneur rêve d'avoir un joueur aussi clairvoyant, qui dispose d'une grande faculté d'adaptation. On l'a encore vu récemment. Que ce soit face à Benzema ou Lukaku, il a su adapter sa tactique défensive pour être le plus efficace possible», analyse, avec admiration, son ancien coach chez les jeunes.

Mouvement, harcèlement et anticipation

En plus d'assurer à la relance, celui qui devait signer à la Juventus dès 18 ans garde sa capacité à gratter de nombreux ballons à la récupération. Particulièrement dans les airs où il se distingue par sa belle détente et son sens du timing, comme son compère défensif Gerard Piqué. Mais là où l'international espagnol connaît quelques défaillances, notamment dans la vivacité sur les premiers appuis, Clément Lenglet excelle, sécurisant la profondeur dans leur dos. Peu rapide intrinsèquement, le Barcelonais compense par son placement intelligent, ses anticipations et sa capacité à toujours être prêt à bondir. Sans oublier son agressivité défensive, moins visible mais pourtant diablement efficace (64% de tacles réussis en moyenne). «Ça ne se voit pas beaucoup car il renvoie l'image d'un joueur très propre. Mais quand il va au duel, cela fait très mal. Je me souviens de son premier match dans l'axe de la défense en U15 où il s'est montré particulièrement dur sur l'homme et a mis d'énormes tampons. Il sait se faire respecter», assure Sylvain Dorard, qui suit assidûment les prestations de son ancienne pépite.
«Il dégage naturellement des ondes positives autour de lui.»
Toujours actif pour laisser très peu de temps d'expression à son adversaire, Clément Lenglet dégage énormément de maîtrise défensive aux côtés de Gerard Piqué, peut-être auteur de sa saison la plus aboutie de sa glorieuse carrière. Et l'espoir français n'y est pas pour rien à entendre le Cantilien Sylvain Dorard : «Il dégage naturellement des ondes positives autour de lui. Il n'est pas extraverti dans le vestiaire, mais calme, déterminé et offre de la sérénité à ses coéquipiers. Dans l'attitude, c'est un bonheur pour ceux qui évoluent avec lui.» Ernesto Valverde ne dira pas le contraire, lui qui en a fait un pilier du onze barcelonais et qui l'a encore titularisé contre Liverpool. Seul Didier Deschamps n'a pas encore succombé aux sirènes du talent picard. Sa nouvelle performance convaincante contre les Reds pourrait bien changer les choses...
Augustin Audouin
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stoichkov94 1 mai à 11:18

Deschamps et ses chouchous... Pardon ! C'est vrai ! Il pense d'abord au groupe, à l'Equipe de France... Peu importe les performances en club des titulaires en puissance.

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