(L'Equipe)
Ligue des Champions - Demi-finales

Ligue des champions, demi-finale aller, Liverpool - AS Rome : le poste de gardien de but, le maillon faible de Liverpool ?

De retour dans le dernier carré de la Ligue des champions, Liverpool est redoutable offensivement et peut compter sur l'intenable Mohamed Salah. En revanche, les doutes viennent surtout du secteur défensif et notamment du poste de gardien de but. Face à l'AS Rome, Loris Karius a l'occasion de prouver qu'il a le niveau.

Liverpool est de retour dans la cour des grands. La demi-finale aller contre l'AS Rome ce mardi soir (20h45), à Anfield, pourrait être une nouvelle occasion de voir les Reds régaler leur public, avec Mohamed Salah en chef d'orchestre. Mais pour voir plus haut, Liverpool va également devoir s'appuyer sur une défense solide et un gardien décisif. Seulement, le club anglais peine à trouver un successeur à Pepe Reina (2005-2013) depuis son départ. Simon Mignolet (30 ans) n'a jamais vraiment été à la hauteur du portier espagnol et a souvent été critiqué. Jürgen Klopp, qui mise beaucoup sur la rotation dans les buts depuis son arrivée, compte désormais sur Loris Karius (24 ans) pour emmener Liverpool vers les sommets.

Mignolet en échec

Arrivé à l'été 2013 en provenance de Sunderland contre 10,6 millions d'euros, Simon Mignolet n'a jamais été épargné par les critiques des supporters et des médias à Liverpool. Le Belge a rapidement dévoilé un manque d'assurance et a enchaîné plusieurs bévues fatales pour son équipe, à l'image de celle face à Ludogorets (2-2) en phase de groupes de Ligue des champions, en novembre 2014. «C'était une nouvelle grosse erreur de sa part (...) Dans son propre intérêt, il est parfois mieux de faire un pas en retrait et laisser la place aux autres», avait expliqué Jamie Carragher, l'ancien joueur des Reds, à la télévision anglaise. Mais Mignolet n'a jamais vraiment eu de concurrent sérieux à son poste, jusqu'à l'arrivée de Loris Karius en 2016. Conscient des limites affichées par son numéro un, Jürgen Klopp a rapidement voulu bousculer la hiérarchie. Deux mois après son arrivée, le gardien allemand était propulsé titulaire et Mignolet relégué sur le banc. Une situation qui n'a duré que dix matches, Karius paraissant encore trop fébrile pour s'imposer dans le but de Liverpool.
Un premier échec qui n'a pas découragé l'entraîneur des Reds. En début de saison, il fait le choix de mettre Mignolet en Premier League et Karius en Ligue des champions. Après un bilan très moyen (24 buts encaissés en 19 matches), le Belge a perdu sa place de titulaire en Championnat en 2018, suite à un match contre Burnley (2-1) lors duquel il était capitaine. Depuis ce désaveu, celui qui venait de fêter sa 200e apparition sous le maillot de Liverpool a uniquement joué une rencontre de FA Cup, perdue face à West Bromwich (2-3). «Jürgen Klopp a choisi Loris Karius comme nouveau numéro 1, il me l'a dit personnellement, et je me dois de toujours respecter la décision de mon entraîneur (...) Cette situation ne peut pas durer trop longtemps, c'est clair», avait-il détaillé dans des propos relayés par le média belge Sporza.

Lire aussi, Houllier : «Klopp est un trait d'union entre le public et son équipe»

Karius, le protégé de Klopp

En Ligue des champions comme en Championnat, Karius semble avoir enfin la carrure pour s'imposer à Liverpool. Cette saison, il a livré quatorze clean sheets en vingt-six apparitions, un bilan plus que correct. En outre, il a fait le boulot lors de la double confrontation face à Manchester City en quarts de finale de Ligue des champions, alors qu'il avait suscité plusieurs interrogations avant la rencontre - une petite revanche pour lui, qui était passé par l'académie des Skyblues entre 2009 et 2011. Une belle satisfaction pour Klopp. «Il avait besoin de temps, il avait aussi besoin de s'entraîner avec John Achterberg, l'entraîneur des gardiens. Et maintenant, il joue. Dieu merci, il joue bien», s'était réjoui le technicien allemand après la victoire contre Newcastle (2-0) en mars.
Klopp a toujours tenu à défendre Karius en conférence de presse depuis son arrivée de Mayence (contre 6,2M€) en 2016. «Il était vraiment très fort en Bundesliga, c'est significatif. L'Allemagne est un pays de gardiens de but. La mentalité fait que nous aimons ce poste», s'était-il justifié quelques mois plus tard. Depuis qu'il l'a installé comme titulaire, il n'hésite pas à prendre sa défense dès qu'une question touche à la fiabilité de l'Allemand : «S'il n'était pas un bon gardien, je serais le plus grand idiot de la planète football en l'alignant titulaire. Peut-être que certaines personnes pensent que je le suis mais c'est un gardien de but remarquablement talentueux.» Pourtant, son avenir en tant que numéro un à Liverpool reste incertain. D'après plusieurs médias étrangers, le club se serait déjà renseigné pour recruter à ce poste l'été prochain. Jan Oblak (Atlético de Madrid), Jack Butland (Stoke City) et surtout Alisson Becker (AS Roma) seraient dans le viseur des Reds. Avec cette demi-finale contre la Roma, Karius a une belle occasion de prouver qu'il n'a rien à envier aux autres et qu'il a les capacités pour s'imposer sur une saison complète à Liverpool.
Clément Gavard
Réagissez à cet article
500 caractères max