28th September 2016 - UEFA Champions League - Group C - Celtic v Manchester City - Fans hold their scarves aloft - Photo: Simon Stacpoole / Offside. (Simon Stacpoole/OFFSIDE/PRESSE/PRESSE SPORTS)
Ligue des Champions - Groupe B

Ligue des Champions : la magie du Celtic Park

Antre du Celtic FC, le Celtic Park jouit d'une ambiance incomparable en Europe. Tous les joueurs passés par ce stade témoignent d'une atmosphère qui peut transcender l'équipe écossaise.

«The Paradise.». C'est le surnom du mythique Celtic Park, stade où le PSG a entamé sa campagne en Ligue des champions. Si les stars du club francilien se sont assez logiquement imposées (5-0), elles ont découvert un stade acquis à la cause des Bhoys, aux allures mystiques. À Glasgow, culte et ballon rond sont indissociables. Dans une ville où le football est sacralisé, où il est un marqueur identitaire fort d'une société divisée entre catholiques et protestants, le Celtic Park constitue l'une de ses deux cathédrales.

Rites et osmose

«Les supporters du Celtic le sont de génération en génération. C'est ce qui explique qu'ils vouent une véritable passion à leur club, et à ses joueurs. C'est un public de connaisseurs à la fois exigeant et festif.», témoigne Stéphane Mahé, premier Français à avoir porté la mythique tunique frappée du trèfle. Le défenseur y a passé quatre années, entre 1997 et 2001. Il en garde quelques souvenirs intenses. «La réalité de chaque match au Celtic Park, c'est cette communion entre les joueurs et le public après la sortie du tunnel. À ce moment-là, il y a une première vague d'énergie du public. Mais le véritable moment de ferveur a lieu lors du huddle, quand les joueurs se regroupent en cercle pour se motiver. C'est ce court instant, avant le coup d'envoi où règne une osmose entre le public et les joueurs. Émotionnellement parlant, c'est quelque chose de très fort.»
Le huddle, une tradition avant chaque match du Celtic. REUTERS/Russell Cheyne (Reuters)
Le huddle, une tradition avant chaque match du Celtic. REUTERS/Russell Cheyne (Reuters)
Sidney Govou : «L'ambiance y est extraordinaire, sûrement plus que dans d'autres stades britanniques. Il n'y a pas d'animosité dans ce stade. Les supporters sont chauds, ils mettent beaucoup d'entrain.»
Des joueurs qui ont vécu le Celtic Park, tous égrenent les mêmes images. Celles d'un stade qui vit au rythme de ses rituels et symboles. Les écharpes tendues, les drapeaux colorés de vert, de blanc et d'orange aux couleurs de l'Irlande catholique. Et puis les chants. «Ce sont des supporters magnifiques qui poussent du début à la fin. Quand tu rentres sur la pelouse et que tu vois le public, tu as une réelle envie de jouer.» Les mots sont de Pascal Feindouno. Le Guinéen a connu la magie du Celtic Park avec Bordeaux (victoire 1-3 en novembre 2000 en C3) et Sion (0-0 en août 2011 en C3). A l'époque, l'ancien Stéphanois était frappé par une particularité propre aux enceintes anglo-saxonnes : «Les supporters sont très proches du terrain, il y a un effet de résonnance qui participe à l'ambiance.»
 
Un constat partagé par Sidney Govou. L'ancien international français se souvient du fameux chant You'll never walk alone, que les Bhoys partagent avec les scousers du Liverpool FC. «Même en tant qu'adversaire, t'as envie de chanter avec eux», sourit-il. L'ailier s'était incliné, en octobre 2003, avec l'Olympique Lyonnais, en Ligue des champions. Il n'en garde pas moins un souvenir fort. «L'ambiance y est extraordinaire, sûrement plus que dans d'autres stades britanniques. Il n'y a pas d'animosité dans ce stade. Les supporters sont chauds, ils mettent beaucoup d'entrain.»

Le football est une fête

Dans le football, les réalités économiques prennent souvent le dessus durant une compétition comme la Ligue des champions. Mais sur un match, l'engouement d'un tel stade est susceptible de donner des ailes aux joueurs locaux. En novembre 2012, le FC Barcelone en avait fait les frais en se faisant surprendre par un stade chauffé à blanc, en C1 (2-1).
 
À l'heure où le PSG et le Celtic ont entamé la phase de poule de Ligue des champions, Vincent Guérin se remémore la dernière confrontation entre les deux équipes. C'était en huitièmes de finale de Coupe des Coupes, en 1995, avec une victoire 0-3 à la clé. «Le moment où tout le stade s'est mis debout et nous a applaudis. J'étais interloqué. Je n'ai jamais connu ça ailleurs.»
 
Le Celtic reste un club historique, notamment vainqueur de la Coupe des clubs champions en 1967. Cette culture populaire se nourrit également par une volonté d'exister dans l'ombre de la Premier League anglaise. «Les Écossais forment un peuple très fier, commente Stéphane Mahé. Cette fierté contribue à leur identité et permet d'expliquer ces moments de passion et de fête dans les grands évènements. » Avant de conclure : «Tout joueur, qu'il soit du Celtic ou d'une autre équipe, repart avec le sentiment d'avoir vécu un moment exceptionnel.» Preuve qu'à Glasgow, la magie des grandes soirées européennes se vit simplement au rythme d'une communion.
Mehdi Mahmoud
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