Britain Football Soccer - Borussia Monchengladbach Training - Etihad Stadium, Manchester, England - 12/9/16 Borussia Monchengladbach's Thorgan Hazard during training Action Images via Reuters / Carl Recine Livepic EDITORIAL USE ONLY. (Reuters)
Ligue des Champions - Mönchengladbach

Ligue des champions : Thorgan Hazard, «Eden me dit que je suis chaud !»

Auteur d'un début de saison tonitruant (sept buts en neuf matches entre la Bundesliga et la C1), Thorgan Hazard espère enfin pouvoir franchir un palier cette saison à Mönchengladbach. En marge du match face au FC Barcelone, mercredi (1-2, but de Hazard pour Gladbach), il fait le point sur sa carrière pour FF.

«Thorgan, trois buts en Bundesliga, quatre buts en Ligue des champions (triplé face à Berne en barrages), vous vivez le meilleur début de saison de votre carrière !
Oui, je suis en confiance. On a fait une bonne préparation où j'avais marqué pas mal de buts déjà. Le fait de jouer un peu plus haut sur le terrain me permet aussi d'avoir ces statistiques. Ça fait forcément plaisir.

Sentez-vous que quelque chose a changé par rapport à la saison dernière ?
Le fait de jouer de plus en plus avec les coéquipiers fait que je prends mes marques de plus en plus facilement avec cette équipe. Désormais, je suis rodé. En plus, les résultats ont suivi : on a réussi à se qualifier pour les groupes de la Ligue des champions, on a bien commencé en Championnat aussi (trois victoires, un nul, une défaite, 4e de Bundesliga). Il faut enchaîner maintenant.

«Petit à petit, j'ai pu avoir la confiance du coach»

Vous avez fait preuve de patience. La saison dernière, le temps de jeu n'était pas forcément au rendez-vous régulièrement. Avez-vous hésité à rester en Allemagne cet été ?
La deuxième partie de saison dernière s'est beaucoup mieux passée que la première. Collectivement, on a fini par se qualifier pour le tour préliminaire de la C1 donc on a fait une saison accomplie. Surtout qu'on était mal parti au début. Petit à petit, j'ai pu avoir la confiance du coach, c'était important. Je me sens très bien ici, j'espère que ça va continuer.
 
Avez-vous changé quelque chose dans votre préparation, dans votre approche des matches pour arriver à gratter du temps de jeu ?
Au début, avec le coach (André Schubert), on ne discutait pas beaucoup. C'était difficile par rapport à la langue. Comme il ne parlait pas très bien anglais et que de mon côté je ne maîtrisais pas vraiment l'allemand, c'était compliqué de communiquer. Et lorsqu'il est arrivé (NDLR : en septembre 2015, à la place de Lucien Favre), lors des premiers matches, il gagnait avec l'équipe qu'il mettait en place, ils ont enchaîné les victoires. Donc je me contentais de bouts de matches, c'était difficile de s'y faire une place. C'est après la trêve, lorsqu'il y a eu deux défaites, que le coach m'a donné ma chance en voyant mes qualités à l'entraînement. Il m'a fait débuter et je ne suis plus sorti.
Thorgan Hazard félicité par son ami Ibrahima Traoré (L'Equipe)
Thorgan Hazard félicité par son ami Ibrahima Traoré (L'Equipe)
«Quand tu joues et que tu marques, tu vois plus de gens qui portent ton maillot, qui te demandent plus d'autographes. C'est plaisant»
Vous avez donc appris à vous connaître en quelque sorte...
Maintenant on parle de temps en temps, je joue beaucoup plus. Et le fait de comprendre de plus en plus l'allemand m'aide énormément. Avoir parlé deux ou trois fois avec lui m'a bien aidé aussi. Je savais petit à petit ce qu'il attendait de moi.

Avez-vous pris des cours d'allemand pour pouvoir accélérer votre adaptation ?
J'ai commencé seul avec un livre. Entre les entraînements, les matches et ma vie de famille avec mes deux enfants, je n'ai pas pu trouver de temps pour prendre des cours. J'apprends tout doucement.

Pour revenir à votre nouveau positionnement, quasiment en pointe de l'attaque, c'est là que vous vous sentez le mieux ?
Oui, j'aime bien. En fait, en ce moment, on joue presque sans vrai attaquant. Il y a André Han qui est davantage une pointe que nous autres qui sommes un peu plus libres sur le terrain, où on presse assez haut, ce qui nous permet de récupérer de nombreux ballons et d'être plus proches du but, ça me plaît bien.

Voyez-vous déjà que votre statut a changé avec ce très bon début de saison ?
Un petit peu. Quand tu joues et que tu marques, tu vois plus de gens qui portent ton maillot, qui te demandent plus d'autographes. C'est plaisant.

«Favre à Nice ? C'est remarquable»

Vous êtes-vous fixé un objectif de buts ?
Non, pas spécialement. J'ai juste un petit pari avec Ibrahima Traoré (son coéquipier) : si je marque dix buts en Bundesliga, il m'offre un cadeau. Mais je ne peux pas vous dire ce que c'est (il sourit). C'est bien parti !

Diriez-vous que vous avez plus de facilité à vous adapter au coaching de Schubert par rapport à Favre, son prédécesseur ?
C'est différent. Avec Lucien Favre, je ne jouais pas beaucoup la première année, si ce n'est en Coupe d'Allemagne ou en Ligue Europa. C'était difficile d'entrer dans son équipe. J'évoluais davantage sur un côté, une position où je me sens un peu plus enfermé. Aujourd'hui, je prends plus de plaisir en évoluant plus haut. Mais cela n'empêche que j'ai beaucoup appris avec Lucien Favre, que ce soit tactiquement ou défensivement.

Avez-vous suivi ses premiers pas à Nice ?
Bien sûr ! Le connaissant, ce n'est pas si étonnant de voir ce qu'il fait. C'est remarquable. Je lui souhaite vraiment que ça continue.
Hazard lors du premier match de C1 cette saison contre Man City (0-4). (Reuters)
Hazard lors du premier match de C1 cette saison contre Man City (0-4). (Reuters)
«Je suis dans une des meilleures équipe de Bundesliga. Ce n'est pas n'importe où, et ça veut dire quand même que j'ai certaines qualités...»
Pour revenir à vous, on imagine que vous avez envie de croire que votre carrière au haut niveau va enfin se lancer définitivement cette saison...
J'ai bien grandi depuis la Ligue 2 à Lens (2011-2012). Là-bas, je ne jouais pas beaucoup, c'était une période assez compliquée pour le club, tout le monde voulait qu'on remonte en Ligue 1, les jeunes comme moi avions du temps de jeu, mais on avait une telle pression car on ne voulait vraiment pas mal faire... J'ai fait ensuite de bons choix qui m'ont bien aidé. J'ai pu exploser en Belgique (à Zulte-Waregem), où j'ai commencé à me faire connaître. Le travail paie. Passer du banc en Ligue 2 à un poste de titulaire en Ligue des champions, c'est déjà pas mal. Je grandis. J'espère ne pas m'arrêter là.

Quelle est la différence entre le Thorgan de Lens et le Thorgan de Mönchengladbach ?
J'ai pris beaucoup de confiance en moi dans mon jeu. Maintenant, je suis dans une des meilleures équipes de Bundesliga. Ce n'est pas n'importe où, et ça veut dire quand même que j'ai certaines qualités...

Trouvez-vous qu'on vous laisse enfin un peu tranquille par rapport à votre frère, Eden, à qui on vous a beaucoup comparé ?
Ça fait un petit moment qu'on ne me pose plus trop de questions sur ça. C'était surtout quand j'étais au centre de formation de Lens et en Belgique. Maintenant, je suis tranquille.

«Eden ne me casse pas la tête en me disant : "Fais ci, fais ça"»

On imagine qu'Eden a suivi votre superbe début de saison...
Il est content pour moi. Il me dit que je suis chaud ! Mais qu'il faut que je continue comme ça. On espère qu'on va se retrouver en équipe nationale pour jouer ensemble. Il ne me donne pas spécialement de conseils. Il a sa carrière à gérer. On est deux joueurs différents dans deux clubs différents, il ne me casse pas la tête en me disant : "Fais ci, fais ça"...

Quand on vous parle de Barcelone, à quoi ça vous fait penser ?
Je me rappelle qu'au centre de formation de Lens, on regardait les Clasicos dans l'amphithéâtre, on se réunissait tous avec, d'un côté, les supporters du Real, et de l'autre, les fans du Barça.

Et vous étiez plutôt Barça ou plutôt Real ?
Plutôt Real. Mais le jeu du Barça était tellement beau à voir... C'était l'époque où il gagnait tout. C'est une grande équipe.

Quel est votre objectif dans cette poule difficile avec Manchester City et Barcelone ?
On connaît notre place. Ces deux équipes sont au-dessus. On n'avait déjà pas eu un groupe facile la saison dernière (NDLR : Manchester City, Juventus Turin, FC Séville, les Allemands ont terminé derniers). Il y a deux semaines, lors du premier match, à Man City (0-4), on n'a pas été à la hauteur. C'est vraiment un tout autre Manchester City par rapport à la saison dernière... Ils sont compliqués à jouer, ils vont faire de belles choses cette saison. L'objectif est d'accrocher la troisième place, on va se battre avec le Celtic. C'est ce qu'il y a de plus raisonnable. On va tout faire pour, on a envie de rester en Europe.
«On a tous envie de travailler avec Thierry Henry»
Pour conclure, vous avez fait votre retour en sélection (il compte une cape, c'était en 2013, aux Etats-Unis) début septembre, avec Roberto Martinez. L'envie, on l'imagine, est de vous faire votre place petit à petit ?
C'était tout nouveau, avec un nouvel entraîneur, un nouveau staff. A l'époque de ma première sélection, j'avais à peine vingt ans, il s'est passé beaucoup de choses depuis, j'espère avoir ma chance dans le futur (NDLR : sélectionné en septembre pour les deux rencontres face à l'Espagne et à Chypre, il n'est pas entré une seule fois en jeu). M'être mis en évidence en début de saison m'a permis d'y aller. Ça m'a fait plaisir bien sûr d'y aller, côtoyer les joueurs, et Thierry Henry.

Comment se sont passés les contacts avec lui ?
Tout le monde était content qu'il soit là, beaucoup de joueurs étaient fans de lui plus jeunes. On a tous envie de travailler avec Thierry Henry. On va apprendre pas mal de choses avec lui.»
Propos recueillis par Timothé Crépin
Réagissez à cet article
500 caractères max
ADS :