ben yedder (wissam) griezmann (antoine) martial (anthony) (A.Reau/L'Equipe)
L. Nations

Ligue des nations : Dans une soirée en forme de montagnes russes, l'équipe de France prend finalement le meilleur sur la Croatie (4-2)

D'abord rapidement menée, l'équipe de France a finalement pris le meilleur sur la Croatie (4-2), non sans avoir concédé l'égalisation en début de seconde période. Le tout grâce à des buts d'Antoine Griezmann, Anthony Martial, Dayot Upamecano et Olivier Giroud. Les Bleus signent donc un sans faute dans ce début de Ligue des nations.

La leçon : Du déjà-vu pour les Bleus

Il avait été question de tests toute la semaine dernière et on avait hâte d'entendre parler d'autre chose. Problème : après celui qui avait conduit à l'exclusion de Steve Mandanda et celui effectué - sans succès - par Didier Deschamps en Suède, Kylian Mbappé avait à son tour dû quitter le rassemblement pour raison médicale et le sélectionneur de nouveau décidé d'opter pour le 3-4-1-2. Après un quart d'heure de jeu dénué d'intérêt ou presque, on craignait donc sérieusement de s'ennuyer, alors que l'équipe de France jouait face à la Croatie le premier match à huis clos de son histoire à domicile. Heureusement pour l'intérêt de la soirée - moins pour celui des Bleus - Dejan Lovren nous sortait de la torpeur d'un enchaînement contrôle orienté - frappe imparable pour Hugo Lloris (1-0, 15e). Lucas Hernandez n'était pas exempt de tout reproche sur la séquence, la France se retrouvait menée sans avoir eu le temps d'enchaîner trois passes mais la rencontre était lancée, au moins. A dire vrai, elle l'était depuis un moment déjà pour des Croates, déterminés à redorer leur blason après une défaite cinglante au Portugal (4-1). C'était un sursaut tricolore que l'on guettait. Un début de réveil intervenait bien autour de la vingtième minute de jeu (centre d'Antoine Griezmann, tentative lointaine d'Anthony Martial) mais il fallait attendre la 30e minute de la partie pour voir les locaux cadrer une première frappe. Les deux mêmes hommes étaient impliqués mais le second butait sur Dominik Livakovic. Et puis plus rien. Plus rien jusqu'aux cinq dernières minutes du premier acte. Mais c'est peu dire que cela valait le coup d'attendre. Sur deux mouvements collectifs aboutis (le premier est une merveille du genre), Griezmann (43e) puis Martial (45e) donnaient l'avantage aux champions du monde.
Camavinga fait ses débuts, Upamecano ouvre son compteur buts...
La question se posait néanmoins de savoir pourquoi il avait fallu attendre 43 minutes pour s'amuser enfin. Mais puisqu'une partie de la réponse se trouvait probablement dans les sept changements effectués par Deschamps au moment de coucher son onze, on était prêt à passer l'éponge si les Bleus redémarraient comme ils avaient fini. Vous avez dit trop gentils ? Ce sont en tout cas les Croates qui frappaient les premiers au retour des vestiaires. Et sur l'égalisation de l'entrant Josip Brekalo (55e), c'étaient cette fois les responsabilités de Ferland Mendy et de Clément Lenglet qui étaient engagées. C'en était trop pour un sélectionneur qui décidait d'injecter du sang neuf pour renouer le fil. Exit Ngolo Kanté et Wissam Ben Yedder (impliqué sur les deux buts), place à la fougue d'Eduardo Camavinga et à l'expérience d'Olivier Giroud. Sans qu'un lien de causalité puisse être démontré, le (second) réveil intervenait quelques secondes plus tard. Sur un corner parfaitement frappé par Griezmann, Dayot Upamecano remisait sa timidité du soir au placard pour placer un coup de casque plein d'autorité (3-2, 65e). La suite ? Un éclair de Camavinga dont la frappe était finalement captée par Livakovic, une balle de break manquée par Martial et un penalty transformé par... Giroud (4-2, 77e). Les Bleus venaient donc de passer quatre buts à la Croatie - et de valider un sans-faute pour ce qui constituait leur rentrée - sans même avoir pris le temps de briller réellement. Cela nous a forcément rappelé quelque chose...

Le gagnant : Martial, retour gagnant

Déjà, alors que les Bleus éprouvaient toutes les peines du monde à produire quoi que ce soit offensivement, Martial avait tenté de remettre les siens dans le droit chemin en tentant une frappe lointaine. L'initiative amorçait le sursaut tricolore et le Mancunien se chargeait ensuite de tout. De la passe décisive sur l'égalisation de Griezmann puis de donner l'avantage aux Bleus quelques secondes plus tard. Le tout en faisant preuve de beaucoup de justesse. Il aurait dû inscrire un doublé en seconde période mais son échec n'enlève rien à son (très bon) bilan du rassemblement : un penalty obtenu, un caviar distribué et un but de renard. Come-back réussi, donc.

Le perdant : Le futur des Croates

Bien sûr, Luka Modric et Ivan Rakitic étaient absents. Bien sûr, Zlatko Dalic ne devra pas composer tous les deux mois sans ses deux tauliers du milieu de terrain. Reste que ces deux-là ne représentent pas l'avenir de la sélection et que les plus belles années de la Croatie sont peut-être - avant qu'une nouvelle génération émerge - derrière elle. On parierait en tout cas facilement que ce n'est pas avec ceux-là que les Croates rééditeront l'exploit d'atteindre la finale d'une grande compétition internationale. Gageons que les Portugais, qui viennent également de leur en passer quatre, pensent la même chose.
Thymoté Pinon
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