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(L'Equipe)
CM - Les 100 de FF

Lilian Thuram (France), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

Dans exactement 9 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Quatre-vingt-douzième épisode avec Lilian Thuram.

Son histoire avec la Coupe du monde

Avec ses 142 sélections – qui font de lui le joueur le plus capé de l'histoire des Bleus -, Lilian Thuram est un monument de la sélection française. Avec le maillot tricolore, il aura disputé trois Coupes du monde, dont celle victorieuse de 1998. Une édition marquée entre autres par son doublé salvateur face à la Croatie en demi-finale (voir ci-dessous), les deux seuls buts de la carrière de Thuram avec la France. A l'époque, le défenseur fait les beaux jours de Parme. Le club italien pèse alors sur la scène nationale et internationale, comme en atteste son doublé en 1999 (Coupe d'Italie et Coupe UEFA), et Thuram compte parmi les défenseurs les plus en vue de la planète football aux côtés de son coéquipier Fabio Cannavaro. Mais avec les Bleus, son registre est tout autre. Aligné sur le côté droit, Thuram forme avec Blanc, Desailly et Lizarazu, l'une des meilleures lignes défensives de l'époque. Logiquement, il sera l'un des joueurs phares des Bleus durant le Mondial 1998. Dès la phase de poules, il délivre une passe décisive pour David Trezeguet lors de l'écrasante victoire contre l'Arabie Saoudite (4-0), puis affiche une régularité impressionnante tout au long de la compétition. Infranchissable sur l'aile droite, il s'illustre par ses qualités de relance et son apport offensif. Des qualités qui permettront aux siens de soulever, au terme de la compétition, le plus prestigieux des trophées internationaux.
En 2006, Thuram est un joueur clé de la sélection de Raymond Domenech. Preuve en est, les Bleus n'encaissent que deux buts avant la dramatique finale perdue face à l'Italie
Après les échecs de la France au Mondial 2002 et à l'Euro 2004, Lilian Thuram décide de mettre un terme à sa carrière avec les Bleus. Avant de finalement sortir de sa retraite et emboiter le pas à Zinédine Zidane pour la Coupe du monde 2006. En défense central, à un poste qu'il affectionne davantage que celui de latéral, Thuram est un joueur clé de la sélection de Raymond Domenech. Preuve en est, les Bleus n'encaissent que deux buts avant la dramatique finale perdue face à l'Italie. Malgré la déception, le natif de Pointe-à-Pitre décide de poursuivre l'aventure avec les Bleus avant de définitivement raccrocher les crampons en 2008, ponctuant quatorze ans de carrière avec les Tricolores.

Le moment marquant

Même lorsqu'il jouait latéral droit, Lilian Thuram n'était pas le genre de joueur à se retrouver en position de marquer. Ainsi, quelle ne fut pas sa surprise, en 1998, d'inscrire un doublé face à la Croatie en demi-finale (2-1). Dans un premier temps, le défenseur grattait un ballon à l'entrée de la surface et combinait avec Djorkaeff pour recoller au score. Puis, de nouveau vainqueur dans un duel physique, il envoyait une frappe enroulée du gauche dans le petit filet de Ladic, qualifiant les siens pour une finale de rêve face au Brésil. Visiblement surpris par son appétence nouvelle pour la zone de vérité, Thuram célébrait son doublé en posant son doigt sur son menton, signifiant son étonnement.

Le chiffre : 16

Comme le nombre de matches disputés par Lilian Thuram en Coupe du monde. Seul Fabien Barthez et Thierry Henry ont joué davantage de rencontres (17) que le défenseur central avec le maillot bleu dans cette compétition.

L'archive de FF

En 2003, France Football écrivait au sujet du défenseur central des Bleus : «Pas de doute. Pour ceux qui ne connaîtraient pas le style de Lilian Thuram, il n'y a qu'à l'écouter parler. De la Juve, de lui. C'est toujours limpide, sans détour, franc... Parfois, on se dit même qu'il a du cran d'''allumer'' son propre club lorsqu'il dit ce qu'il pense du style de la Juve après un match, qu'il soit perdu ou gagné du reste. Et il ne s'épargne jamais ! Cet amour de la rigueur et du mot juste, on les retrouve donc dans son placement, dans ses prises de risques, ses montées, ses interventions.Les querelles concernant son poste exact, latéral ou dans l'axe, remontent au crétacé inférieur puisque, finalement, si la majorité des grands de ce monde l'a plébiscité, c'est aussi et surtout pour sa polyvalence. Lilian sait tout faire et le fait mieux que les autres.
C'est bien entendu son Mondial 1998 et ses deux buts en demi-finales contre la Croatie qui l'ont propulsé sur les cimes de la popularité. Il n'a pas marqué à nouveau depuis pour les Bleus, mais s'est encore amélioré dans d'autres secteurs que la finition.
C'est bien entendu son Mondial 1998 et ses deux buts en demi-finales contre la Croatie qui l'ont propulsé sur les cimes de la popularité. Il n'a pas marqué à nouveau depuis pour les Bleus, mais s'est encore amélioré dans d'autres secteurs que la finition. Sûr qu'il marquait davantage jadis, dans les ruelles d'Anse-Bertrand, à la Guadeloupe, puis, une fois venu en France avec ses cinq frères et soeurs, à Avon, Fontainebleau et Melun, avant d'être repéré puis reconverti - de force, il ne voulait pas jouer derrière ! - défenseur à Monaco sous la houlette d'Arsène Wenger. Ceux qui ont eu la ''chance'' de le voir débuter se souviennent de ce grand gaillard fort maladroit, coupable de fameuses boulettes au début de sa carrière. Les mêmes s'inclinent devant les fantastiques progrès accomplis, qui l'ont mené d'abord à Parme, puis dans les bras d'une Vieille Dame qu'il a épousée depuis. Même si la dote ultime, une Ligue des champions, reste toujours absente. Mais les moteurs, au Lilian, on les connaît : plaisir, respect, droiture.»
Antonin Deslandes
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