Cyril Linette, Directeur des Sports de Groupe Canal+ (D.R)

Cyril Linette : «Ne jamais s'endormir»

Cyril Linette nous livre ses premières impressions sur les nouveautés de la rentrée foot de Canal. Et nous en annonce de nouvelles : Rémi Garde, consultant Ligue des Champions et La Data Room, le nouveau magazine des geeks de foot.

«Cyril Linette, la rentrée a été marquée par beaucoup de changements. Notamment sur le foot. C’est la concurrence qui vous impose ça?
Non, c’est juste qu’à Canal notre marque de fabrique est d’avoir toujours envie d’innover. Et si cette saison les changements sont majoritairement sur le foot, c’est parce qu’en rugby nos idées de développement - et nous en avons - ont été freinées par les procédures en cours concernant le contrat de droits TV. 

Même le Canal Football Club a subi un lifting alors que l’émission marche bien...
On ne s’endort jamais, même sur des émissions qui connaissent un gros succès comme le CFC. Regardez l’évolution depuis sa création il y a six ans et l’émission d’aujourd’hui. On poursuit cette évolution avec l’arrivée de Marie Portolano, en qui je crois beaucoup, et Mickaël Landreau, que l’on connaissait déjà pour l’avoir vu chez nous ou sur beIN pendant l’Euro 2012. Il apporte au CFC une nouveauté de plus dans la liberté de parole, il dit des choses surprenantes, veut apprendre. Il incarne la génération Eric Carrière, bosseur et talentueux.

Et Julien Cazarre qui déboule en plateau, c’est le mot, pour jouer l’abonné de service ? Ce qu'il fait déjà dans J+1 depuis une saison...
Pour Julien Cazarre, on est encore dans la phase expérimentale. L’humour est ce qu’il y a de plus difficile à réaliser dans une émission de sport. Dans J+1 c’est simple, on est dans du second degré presque en permanence et Cazarre y est très à l’aise. Le CFC est plus sérieux, Julien ne peut pas y débouler en tant qu’abonné venu nous expliquer la vie comme il le fait le lundi soir. Nous ne sommes pas dans un late show mais dans une grande émission familiale.
Ses deux derniers passages ont été bien plus intéressants. On va continuer à travailler. L’idée est toujours de semer un peu de désordre dans une émission aussi statutaire que le Canal Football Club, sur laquelle d’autres innovations vont apparaître très vite.

Une des vraies nouveautés, bientôt à l’antenne, ce sera une émission pour geeks de foot, comme vous aimez le dire. C’est très restrictif non ?
Il manquait dans notre offre déjà très riche une entrée pour ultra-fans, passionnés de stats, de palettes et de débats sur le jeu. C’est pourquoi nous lançons bientôt La Data Room, animée par Grégoire Margotton. Ce ne sera pas une émission de talk de plus avec quelques stats. On va pousser le bouchon jusqu’au bout, travailler avec des geeks, avec Philippe Doucet et des professionnels du jeu et de la performance dans les clubs, etc.

Et il n’y aura donc pas beaucoup de monde devant l'écran…
J’espère que si (rires), mais l’objectif principal de l'émission n’est pas faire de l’audience. Il est de satisfaire une petite frange d’amateurs de foot, une niche ou un univers que nous ne captions peut-être pas avant ou qui souhaite en savoir encore plus. L'idée est d'en faire une émission particulière, comme J+1.

Vous nous avez aussi annoncé dans L’Equipe, pendant l’été, une refonte du format du Canal Champions Club avec Thomas Thouroude aux commandes. Des détails avant les débuts le 17 septembre (Ajax–PSG) ?
Oui, là il fallait un changement radical pour personnaliser encore plus la compétition à l’antenne. Terminé le classique présentateur entouré de consultants qui, parfois, étaient issus de nos autres émissions comme Pierre Ménès, ce qui brouillait un peu les choses. Thomas Thouroude sera donc seul en plateau et en public avec son Journal de la Ligue des Champions (en clair à partir de 20h10) composé d’images, de sujets et reportages que l’on imagine mis à sa sauce.
Et il sera en liaison avec des envoyés spéciaux sur le terrain qui formeront une équipe exclusivement dédiée à la Ligue des Champions et qu’on ne verra pas sur la Ligue 1, excepté Grégoire Margotton bien sûr, qui reste commentateur sur les deux compétitions. Je peux par exemple déjà vous annoncer que j’ai engagé comme consultant Rémi Garde, l’ex-entraîneur de l’OL. Il aura Dominique Armand à ses côtés comme expert-"entraîneur adjoint".

Autre nouveauté, déjà à l’antenne celle-ci, l’arrivée de David Ginola comme présentateur. Que pensez-vous de ses prestations ?
Il n’a fait que deux émissions, mais j’aime déjà beaucoup. Bien sûr, il y a encore plein de choses à régler. J'aimerais par exemple qu’il ne se cantonne pas à ce rôle de présentateur, mais qu’il joue aussi celui de consultant de par sa grande expérience de la Premier League. Par exemple, lorsqu’il lance un envoyé spécial ou Marcel Desailly, qu’il lui pose une question sur l’enjeu du match tout en donnant son avis personnel dans sa question.

C’est tout de même un pari osé de confier un tel rôle à un joueur de foot...
Pour tout vous avouer, à la création du Canal Football Club, j’avais envisagé de le faire présenter par Christophe Dugarry qui, comme Ginola, a de grandes facilités d’élocution, un charisme naturel... Même réflexion quand nous avions Bixente Lizarazu. Il a depuis confirmé qu’il en était capable sur RTL. Et je pense aujourd’hui à Thomas Lombard pour le rugby. Potentiellement, il peut être un journaliste présentateur.  
Mais cette fois, j’ai décidé de franchir le pas. Quand David Ginola est arrivé chez nous l’an dernier, il avait déjà tout d'une bête de télé. David aime la caméra. Déjà joueur il l’aimait. C’était un peu le Cristiano Ronaldo du PSG (rires). Et regardez Gary Lineker. La BBC, six mois après l’avoir engagé, voulait le virer tellement il était mauvais. Aujourd’hui il est l’exemple du footballeur qui sait présenter. Je ne pense pas qu’au bout de six mois on voudra virer David (rires). Je pense même que, dans un mois ou deux, il sera déjà bien meilleur car il aura intégré les aspects mécaniques de la fonction et d’une émission. Et il est très bien accompagné avec Nicolas Tourriol.»

« L'objectif principal de La Data Room n'est pas faire de l'audience »

« David Ginola aime la caméra. C'est une bête de télé »