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Louis Van Gaal : « Un entraîneur doit être l'antidote de la société»

Quand l'ancien entraîneur de l'Ajax, du Barça, du Bayern, de la sélection batave et de MU parle de sa vision du métier et de ses collègues, on écoute. Et on savoure. Extraits.

Sa retraite

«J'apprécie beaucoup. C'est une autre manière de goûter à la vie. Personne ne comprend vraiment. On croit que je suis un fondu de travail, mais ce n'est pas le cas. Lorsque j'étais en activité, je ne me prenais pas la tête à penser au foot quand j'étais à la maison. Je passais du temps avec ma femme et mes enfants. Beaucoup d'entraîneurs sont incapables de faire ça, moi si. J'ai également beaucoup aimé les quelques années sabbatiques qui ont jalonné ma carrière. Tout cela pour vous dire que je n'ai aucun problème à rester à la maison avec mes petits-enfants, mes enfants et ma femme, d'autant qu'elle et moi avons chacun une vie sociale très active et beaucoup d'amis en commun avec qui nous passons du temps, à table notamment ».

Le PSG

«La saison dernière, j'étais consultant pour la rencontre de Ligue des champions contre le Bayern, à Paris. Le PSG avait gagné 3-0, mais j'ai dit que le Bayern avait la meilleure équipe, même s'ils avaient perdu. Neymar ne jouait que pour lui. Pas Kylian Mbappé, parce qu'il venait d'arriver, ni Edinson Cavani, parce que ce n'est pas son genre. Lui, je l'adore. J'aime son attitude, sa force de travail. J'ai vu dans l'attitude des autres joueurs quelque chose qui me fait dire qu'ils n'acceptaient pas le comportement de Neymar. Mais c'est une star. Dans le monde du foot, on n'a pas le droit de dire cela d'une star ».

La belle saison de l'Ajax

«À l'Ajax, la philosophie c'est : attaque, attaque, et attaque. Avec pressing pour récupérer la balle le plus rapidement possible et repartir devant. Quand vous jouez comme ça, vous avez besoin de joueurs créatifs. Beaucoup, même. Et l'Ajax en a beaucoup. Pas seulement Ziyech, Neres ou Tadic, mais aussi Frenkie de Jong, Daley Blind, qui est l'homme de base, et même De Ligt. Sans parler de Van de Beek, qui aime prendre la profondeur. D'un point de vue offensif, c'est un matériel de folie ! Mais il a fallu que Ten Hag leur fasse comprendre qu'il fallait défendre, ce qui n'était pas le cas en début de saison. Il l'a fait. Quand tu y arrives, c'est fantastique. Sauf que quand Tottenham a fait des changements lors des deux matches, il n'a su ni l'anticiper ni s'adapter, même si c'est passé tout près... »

La nouvelle génération

«L'évolution de la société n'explique pas tout. Comme entraîneur, vous devez tenir compte des règles de la société. La société, c'est tout ce qui est à l'extérieur du club. Et sa tendance est d'aller vers l'individualisme et l'égocentrisme, à cause de ces ordinateurs dont il est si facile aujourd'hui de pousser le bouton, en permanence. Quand j'étais gamin, mes références étaient mes parents, le curé et l'école. C'était mon monde. Aujourd'hui, le monde s'est considérablement élargi, mais l'individu est de plus en plus replié sur lui-même, parce qu'il pense avoir tout vu. Un entraîneur comme moi doit être l'antidote de la société. Avec mon éducation, mes préceptes, ma manière d'approcher les gens, je dois m'adapter à la discipline et aux lois de la société. Je n'ai pas le choix. C'est ce que j'ai toujours fait dans ma carrière, mais en gardant mes convictions sur le plan du football. L'évolution ne les a jamais altérées. »
Louis Van Gaal : « Un entraîneur doit être l'antidote de la société », un entretien de dix pages à retrouver dans le France Football actuellement en kiosques ou ici en version numérique.

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