(L'Equipe)

Luis Figo (Portugal), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

30 mars - 14 juin : dans exactement 76 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Vingt-cinquième épisode avec Luis Figo.

Son histoire avec la Coupe du monde

Si l'on devait décrire de la façon la plus simple qui soit le joueur qu’était Luis Figo, la classe et l’élégance semblent être les mots les plus appropriés. Des qualificatifs qui ont impreigné le groupe portugais lors des deux Coupes du monde qu’a disputé le Ballon d’or FF 2000. Après trois éditions manquées, le Portugal fait son retour en Corée du Sud et au Japon en 2002. Mais les qualités du joueur du Real Madrid et sa passe décisive contre la Pologne sont éclipsées par la piètre élimination des hommes d’Antonio Oliveira en phase de poules. Mais sa technique et sa vista seront clairement visibles en Allemagne, quatre ans plus tard. Alternant entre le poste de milieu offensif et celui d'ailier droit, il va être à l’origine des très bons résultats de son équipe, qu’il réussit à emmener jusqu’en demi-finale (une défaite contre la France [0-1], puis contre l’Allemagne [1-3] pour le match pour la 3e place). Véritable esthète, son toucher de balle et ses crochets gracieux ont été un plaisir pour les yeux. Mais Luis Figo savait faire profiter ses coéquipiers de ses qualités individuelles : il a distillé quatre passes décisives et a logiquement terminé meilleur passeur du tournoi allemand. S’il a pris sa retraite internationale juste après cette édition, le monde du football a pu une dernière fois admirer la finesse et l’intelligence de jeu du milieu portugais.

Le moment marquant

S'il avait annoncé une première fois sa retraite internationale à l’issue de la finale perdue par le Portugal face à la Grèce à l’Euro 2004, Luis Figo était finalement revenu sur sa décision. En 2006, il ne loupe pas son retour avec son pays lors de cette grande compétition. Dès le premier match, face à l’Angola, le numéro 7 portugais va tout de suite marquer les esprits. A la suite d’un coup franc angolais, l’ex-Barcelonais récupère le ballon au milieu de terrain, accélère sur le côté gauche de la surface et effectue un grand pont magistral sur le défenseur adverse, puis sert Pauleta qui conclut dans le but vide, le gardien étant sorti à la rencontre du capitaine portugais. Ce but symbolise à lui tout seul toute la classe dégagée par Luis Figo : récupération du ballon, accélération, geste technique et altruisme.

Le chiffre : 5

Soit le nombre de passes décisives effectuées par Luis Figo en Coupe du monde (une en 2002, 4 en 2006). Il a terminé co-meilleur passeur de la Coupe du monde 2006 avec Bastian Schweinsteiger, et a été le principal artisan du très bon parcours de son pays lors de cette édition.

L'archive de FF

Juste avant le Mondial organisé en Allemagne, FF écrit sur les ambitions de Figo pour cette dernière échéance internationale : «Blessé dans son amour-propre au Real Madrid, Luis Figo va toutefois trouver refuge dans un retour inattendu au sein de son équipe nationale. ‘Vu que j’étais de moins en moins sollicité par mon club, il était logique que je revienne en sélection.’ Avec laquelle il entend bien se distinguer dans quelques mois en Allemagne. ‘Si nous abordons cette épreuve dans de bonnes dispositions physiques, je pense, en effet, que le Portugal aura les moyens de réaliser une belle Coupe du monde’. Son retour au sein de l’équipe nationale sonne comme une délivrance pour tout le peuple portugais, toujours sous le choc de la défaite inattendue en finale de leur Euro. Idolâtré, Figo ne sera pas de trop dans une sélection en manque de repères depuis la retraite anticipé du magicien madrilène. Il espère faire parler son sa technique, son sens du dribble, sa vivacité et sa farouche détermination qu’il affiche en toutes circonstances. Pour un joueur dont la notoriété dépasse les frontières de son pays, son message est clair : ‘Je suis là pour aider le Portugal à gagner. Après une pause, c’est comme si c’était le premier jour. Je suis prêt comme jamais’. Voilà qui devrait être entendu…».

Joffrey Pointlane