c - Torino 21.11.15 - Serie A - 13a Giornata - Juventus-Milan   - nella foto:  M'Baye Niang *** Local Caption *** (L'Equipe)
Italie - Milan AC

M'Baye Niang: «Je suis devenu beaucoup plus responsable»

Auteur d'un doublé le week-end dernier avec le Milan AC, M'Baye Niang confirmera-t-il les nombreux espoirs placés en lui après plusieurs sorties de route ? Dans un entretien franc, l'international Espoirs jure avoir compris et changé.

«Vous aviez quitté Caen pour l'AC Milan, en 2013. Trois saisons et demie se sont écoulées depuis. En quoi avez-vous changé ?
J'ai mûri ! Les expériences que j'ai vécues m'ont beaucoup appris. Aujourd'hui, j'ai 21 ans, j'ai grandi, je comprends plus de choses. Il y a beaucoup de trucs que je ne fais plus et ça se ressent tout de suite. Psychologiquement, mentalement, je ne suis plus le même. Je suis devenu beaucoup plus responsable.
 
Avez-vous eu un déclic ?
Je ne dirais pas que c'est une chance, mais les erreurs que j'ai commises, c'était lorsque j'étais encore très jeune. Ensuite, certains évènements, certaines personnes m'ont fait comprendre que ma carrière pouvait s'arrêter du jour au lendemain pour des conneries. Alors j'ai appris à me concentrer sur l'essentiel, à faire la part des choses. 
 
Avez-vous des regrets ?
Oui, bien sûr ! Sur toutes les conneries que j'ai faîtes ! Mais je positive et je me dis que ce genre de choses m'ont peut-être forgé, m'ont aidé à grandir.

Vous dîtes avoir changé, mais l'image que vous renvoyez reste celle d'un joueur peu mature, difficile à gérer sur le plan extra-sportif notamment...
Ceux qui pensent ça, ce sont ceux qui ne me connaissent pas. Les gens qui m'ont côtoyé savent qu'au niveau du foot, j'ai toujours tout donné. Je n'ai jamais triché. J'ai entendu dire que je me dispersais, que je n'étais pas sérieux, que mon entourage n'était pas bon. Mais ce sont des mensonges. Je n'écoute plus ces gens-là. Je suis dans ma bulle.

«J'ai fait le tri. Quand j'étais dans la merde, j'ai compris...»

Vous vous êtes construit une carapace, alors ?
Je suis quelqu'un de très attaché à sa famille. Mais c'est vrai qu'à l'époque, j'ai eu certains amis qui me portaient préjudice. J'ai fait le tri. J'ai arrêté certaines fréquentations. Quand j'étais dans la merde, j'ai compris... Aujourd'hui, je vis dans un cercle fermé, avec seulement des gens qui me veulent du bien, qui veulent me voir réussir, des gens qui me tirent vers le haut. Et je suis beaucoup plus heureux comme ça.
 
Deux buts, une passe décisive le week-end dernier contre la Sampdoria (4-1). Ça y est, M'Baye Niang est de retour ?
Oh non, pas encore. Ces derniers temps, j'ai enchaîné pas mal de blessures. Mais j'avais à cœur de confirmer ma bonne saison au Genoa, de montrer que j'étais toujours là, que j'avais le potentiel pour être titulaire au Milan AC. J'étais convaincu que j'allais revenir, encore plus fort. Alors, maintenant, il faut continuer. 
 
Ces deux buts sont vos premiers en Serie A sous le maillot du Milan. Qu'avez-vous ressenti ? 
Je ne dirais pas que ça a été une libération, mais presque. Ces buts sont le fruit d'un long travail. Je n'avais inscrit qu'un but jusque-là avec le Milan, c'était en Coupe d'Italie. Mais là, j'ai montré que je savais aussi marquer, que je savais être à la hauteur. J'étais déterminé. J'espère avoir de plus belles soirées encore. J'ai des objectifs élevés ! Mais c'est sûr que je m'en rappellerai toute ma vie. A San Siro, en plus, ce n'est pas donné à tout le monde. C'était magnifique. Ça fait quelque chose...
«Mihajlovic, c'est vraiment l'entraîneur qu'il me fallait. J'ai compris qu'il allait me mettre dans les meilleures dispositions, qu'il m'aiderait à briller. Forcément, aujourd'hui, il a une part de responsabilité dans ma réussite.»
On vous sent serein, heureux. Votre relation avec votre entraîneur Mihajlovic, y est-elle pour beaucoup ?
Il a su me mettre en confiance. Dès le premier jour, il y a eu le feeling. Je savais qu'il m'appréciait. Et moi, c'est quelqu'un que j'ai toujours aimé. Je savais qu'avec lui à mes côtés, j'allais progresser. Il aime beaucoup travailler avec les jeunes. Tout de suite, j'ai compris que cet entraîneur était vraiment celui qu'il me fallait. Quand Milan l'a choisi, cet été, la question de partir ne se posait plus. J'ai compris qu'il allait me mettre dans les meilleures dispositions, qu'il m'aiderait à briller. Forcément, aujourd'hui, il a une part de responsabilité dans ma réussite.
 
Cette confiance, vous ne l'aviez pas ressentie avec vos coaches précédents au Milan ?
Avec Allegri, ça s'était plutôt bien passé, si. Il croyait en moi. Après, les autres (Filippo Inzaghi, Clarence Seedorf, ndlr), peut-être que je n'entrais pas dans leurs plans ou que je ne pouvais pas leur apporter ce qu'ils attendaient, que mes qualités ne correspondaient pas à leurs attentes... Je n'en sais rien. C'est le foot. J'ai toujours accepté les choix des entraîneurs. Je ne les discute jamais.
 
Vous vous sentez vraiment chez vous aujourd'hui à Milan ?
Oui, Milan c'est ma maison, ma deuxième famille. Malgré les problèmes que j'ai eus, les dirigeants m'ont toujours montré leur soutien. Je me sens vraiment très bien, très épanoui ici.
Niang a inscrit deux buts et délivré une passe décisive le week-end dernier face à la Sampdoria. (Reuters)
Niang a inscrit deux buts et délivré une passe décisive le week-end dernier face à la Sampdoria. (Reuters)

«Je ne ferais jamais l'unanimité»

Franck Dumas et Patrice Garande, que vous avez côtoyés à Caen, disent de vous que vous avez de l'or dans les pieds...
Venant d'eux, ça me fait extrêmement plaisir. Ils m'ont formé, ils m'ont donné la chance de devenir professionnel. Mais je ne m'enflamme pas, de l'or dans les pieds c'est bien, mais à moi de travailler pour devenir le joueur que je rêve de devenir. 
 
Quel est ce joueur que vous rêvez de devenir ?
Le meilleur. Je m'en donnerai les moyens. Mais d'abord, je dois retrouver l'ensemble de mes capacités physiques. Et puis, l'objectif premier, c'est de ramener Milan en Ligue des champions, là où il doit être.  
 
Sur un plan plus personnel, sur quels points estimez-vous pouvoir encore progresser ?
Dans absolument tout. Je suis encore jeune, je dois continuer à travailler. Je dois chercher à être toujours plus fort. A être le plus fort.
 
Cela passe par d'avantage de régularité, non ?
Je sais que j'ai manqué de régularité, mais je crois que quand on est jeune, c'est assez normal d'être inconstant. On fait quatre cinq bons matches, puis après on cale, parce qu'il y a l'euphorie, l'excitation... Là, j'estime que je suis dans la lignée de mes performances génoises. J'ai progressé dans ce domaine. Je donne le meilleur de moi-même. Après, le reste... Je ne ferai jamais l'unanimité, il y aura toujours des gens pour critiquer.

«Les Bleus, je vais me donner les moyens d'y croire»

Didier Deschamps a appelé Coman. Ben Arfa a fait son retour. Ça vous donne de l'espoir ?
Ça donne le droit de rêver, certes. Mais ces joueurs-là ont fait de très bonnes performances avec leur club, ils ont mérité leur sélection. A moi de faire pareil. Et si j'y parviens, je serai certainement récompensé. Les convocations internationales se font au mérite. Si je suis performant, je ne vois pas pourquoi je ne serais pas sélectionné. C'est le sélectionneur qui tranche, mais je vais me donner les moyens d'y croire et après on verra.
 
Alain Giresse, en charge du Sénégal, vous avait convoqué en 2013... Est-ce encore une option ?
A l'époque, je ne lui avais pas donné de réponse ferme. Je lui avais juste dit que j'attendais d'être performant avec mon club. Dans ma tête, c'est vrai, il y a l'équipe de France. On verra par quel chemin mon avenir international passera...»
 
Propos recueillis par Pauline Joseph
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