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Slovénie

M. Mimoun : «A Ljubljana, tous les feux sont au vert»

A 23 ans, Martin Mimoun a décidé de quitter la France et Laval cet été pour mettre le cap sur la Slovénie. Leader du Championnat avec l'Olimpija Ljubljana, le petit-neveu du champion olympique de marathon «ne regrette pas du tout» son choix.

«On vous a quitté l'été dernier à Laval, on vous retrouve aujourd'hui à Ljubljana. Comment avez-vous atterri là-bas ?
C'est un vrai choix sportif de ma part. J'avais d'autres contacts, notamment en France, au Portugal ou en Afrique du nord, où des très gros clubs me proposaient beaucoup plus d'argent. J'ai pris le temps de la réflexion et j'ai décidé de tenter l'aventure en Slovénie. 
 
Qu'est-ce qui a fait la différence ?
Les dirigeants du club, Ranko Stojic, le directeur sportif, et Milan Mandaric, le président, deux figures du football européen, m'ont montré qu'ils me voulaient vraiment. Je me suis senti désiré. C'est peut-être un détail mais ils ont payé les billets d'avion pour moi, ma femme, mon agent, afin qu'on vienne visiter les installations. Elles sont superbes, le stade est tout neuf, souvent bien garni. Et puis ils m'ont convaincu par leur projet. Ljubljana est l'une des seules capitales européennes qui ne joue pas la Ligue des champions, et ils veulent remédier à ça. Ils veulent aussi essayer de détrôner Maribor dans la suprématie nationale. Personnellement, je voulais du temps de jeu, c'était ma priorité. Et en termes de visibilité et d'intérêt sportif, la Slovénie c'est très bien. Ça peut être un très bon tremplin pour moi.
«A Laval, je n'ai pas senti une grande confiance de leur part. Ils m'ont fait une proposition mais sans me montrer qu'ils comptaient vraiment sur moi.»
Comment s'est passée votre adaptation ?
Très bien, j'ai été bien accueilli. Et je parle couramment anglais, la langue utilisée par le coach. On est plusieurs étrangers, et on a à peu près tous signé au même moment, ça nous a aussi rapprochés. En dehors du terrain, ça se passe bien aussi. Je ne suis pas en pleine campagne, Ljubljana est une très belle ville. Quant aux Slovènes, ils sont un peu froids au premier abord, mais quand ils te connaissent ils sont super sympas, ils te donnent tout.

Pour revenir au terrain, vous êtes titulaire indiscutable et premier du Championnat. On vous imagine heureux ?
Je le suis. Je ne regrette pas du tout mon choix. Je joue milieu offensif, parfois en dix, ou sur le côté droit pour rentrer sur mon pied gauche quand on joue en 4-3-3. On est premiers, on a battu Maribor 3-0 chez eux, ce qui n'était pas arrivé depuis onze ans, je suis titulaire indiscutable, j'ai donné une dizaine de passes décisives toutes compétitions confondues... Franchement, tous les voyants sont au vert.
 
La Ligue des champions, c'est désormais un objectif ?
Ce n'était pas l'objectif premier en début de saison, mais après vingt journées on a huit points d'avance sur Maribor. Donc, forcément, on y pense. On veut clairement garder notre première place et jouer cette Ligue des champions. C'est aussi pour ça que je suis venu ici.
 
Quel est le véritable niveau du Championnat slovène ?
Les équipes du haut de tableau ont le niveau Ligue 1, les deux trois dernières plus celui du National. En gros, c'est du bas de tableau de Ligue 1, haut de tableau de Ligue 2. 
 
En fin de contrat à Laval cet été, vous aviez refusé la prolongation de vos dirigeants. Pourquoi ?
Parce que je n'ai pas senti une grande confiance de leur part. Ils m'ont fait une proposition mais sans me montrer qu'ils comptaient vraiment sur moi. Et quand je vois les compositions d'équipe cette saison, il n'y a pas beaucoup de jeunes. C'est toujours les mêmes qui jouent, il n'y a pas de turn-over, encore moins à mon poste... Ça me conforte dans le choix que j'ai fait de ne pas prolonger.
 
Vous ne regrettez donc pas votre choix ?
Pas du tout, non.
Martin Mimoun sous le maillot de Ljubljana. (D.R)
Martin Mimoun sous le maillot de Ljubljana. (D.R)

«Jusqu'à maintenant, je pense avoir fait les bons choix»

Vous êtes également passé par le PSG en équipes de jeunes. Pourquoi en être parti si tôt ?
C'était le début du projet qatari, et j'ai très vite senti que ça allait être compliqué. Donc je suis parti à Laval pour gagner du temps de jeu, et passer pro. J'ai quand même bien rebondi, j'ai réussi à tirer mon épingle du jeu dans un contexte difficile... Je suis bien entouré, et jusqu'à maintenant je pense avoir fait les bons choix.
 
Vous êtes fils d'un ancien footballeur, Nordine, petit-fils de Michel Le Milinaire et petit-neveu d'un champion olympique, Alain Mimoun. Vous étiez forcément destiné au sport de haut niveau...
Mon papa a été professionnel (passé par Beauvais, Laval, Vannes...) et international marocain, mais il ne m'a jamais poussé à faire du football. C'est juste que j'aimais ça et c'est moi qui ai demandé à prendre une licence de foot. Mon grand-père ne m'a jamais poussé non plus. Même si quand il me voit jouer, il me conseille, me dit ce que j'ai bien fait et ce que j'ai mal fait. Pour ce qui est de mon grand-oncle, Alain Mimoun, malheureusement je ne l'ai jamais vu.
 
Quels sont vos objectifs à court et moyen terme ?
A court terme, mon but est d'être champion, ça fait plus de vingt ans que ce n'est pas arrivé ici et ça serait super. Et puis continuer de jouer autant, d'enchaîner les titularisations. A moyen terme, j'aimerais bien rebondir dans un plus grand club, aller jouer un peu plus haut.
«Pour moi, par rapport à mes qualités, j'adorerais jouer en Liga. C'est le jeu qui me correspond le mieux. L'Espagne, ça me fait vraiment rêver.»
Et si une offre intéressante arrivait cet hiver, vous y réfléchiriez ?
Si c'est une belle offre, forcément. Le train ne passe pas toujours deux fois. Il faut des fois savoir surfer sur la vague. Mais si on termine champions en juin et qu'on est qualifiés pour la Ligue des champions, je peux aussi très bien rester ici. 
 
Y a-t-il un Championnat en particulier qui vous fasse rêver ?
J'aime bien la Premier League, notamment pour l'immense ferveur qu'il y a là-bas, pour le football total. J'aime bien aussi la Bundesliga, un très bon Championnat. Mais pour moi, par rapport à mes qualités, j'adorerais jouer en Liga. C'est le jeu qui me correspond le mieux. L'Espagne, ça me fait vraiment rêver.
 
Et un retour en France, c'est envisageable ?
Bien sûr, je suis ouvert à tout, et je suis encore jeune. Si une belle opportunité se présente, pourquoi pas...
 
On parle de vous pour la sélection algérienne. Ça vous tenterait ?
Je suis français, mais mon père est algérien et marocain. J'ai déjà la nationalité marocaine, et je suis en train de faire les démarches pour avoir la nationalité algérienne. Pour l'instant, il n'y a rien de concret, même si mon agent a été sondé, mais jouer pour l'Algérie ou le Maroc, ça me plairait. A moi de continuer comme ça.»
Bruno Rodrigues 
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