(Chris Notz/L'Equipe)
Maghreb F.C.

Maaloul, le buteur de la «Juventus arabe»

Pièce essentielle du CS Sfax, Ali Maaloul, latéral gauche ultra-offensif, est un des joueurs les plus intéressants du football africain. A son poste, l'Aigle de Carthage est en train de réussir une saison épatante. Découverte.

Après 17 journées, le classement des buteurs du Championnat de Tunisie est dominé par un...  latéral gauche. Non, non, vous ne rêvez pas ! Avec 11 buts, Ali Maaloul, piston du CS Sfax, donne une leçon d'efficacité aux attaquants de sa Ligue. Tout comme son club, leader devant les favoris habituels, l'Espérance Tunis et l'Etoile Sahel, ce joueur de couloir est hyper performant. Disons clairement qu'à son poste, c'est ce qui se fait quasiment de mieux sur le continent africain. «J'aime jouer sur tout mon côté, prendre de la vitesse et apporter le surnombre en phase offensive», nous explique-t-il. Endurant à gauche, il dispose également dans son éventail d'une arme fatale dans le football moderne : sa frappe de balle qu'il utilise avec une effcacité redoutable, notamment sur coup franc (à ce petit exercice qu'il maîtrise aussi bien que son compatriote Wahbi Khazri, le Sfaxien a déjà inscrit 5 de ses 11 réalisations). Le schéma est souvent le même, il cherche la lucarne. «C'est quelque chose que je travaille beaucoup à l'entraînement. J'aime aussi la technique de la feuille morte où je dépose le ballon. Quand on vise la lucarne, c'est l'endroit le plus dfficile pour un gardien», analyse-t-il sur sa technique de frappe. A Sfax, club surnommé "Juventus Al Arab" ou "Bianconero", "Il capitano" régale aussi en passes décisives (4 depuis le début de la saison). Complet, en somme.
«Il est temps de partir. Ici, j'ai fait le tour de la question. Il me reste deux ans de contrat avec le CS Sfaxien mais j'ai une clause libératoire à 500 000 euros»
A tout juste 26 ans, il n'a jamais quitté le CSS, et enchaîne les bonnes prestations. Avec son club de coeur, il compte un titre de champion de Tunisie 2013 et a remporté une C3 la même année à Lumbumbashi sur le terrain du TP Mazembe. Après avoir fait ses gammes en Espoir avec Abdennour ou Jmel, il débute en sélection A en 2011 mais c'est Georges Leekens, l'ex-coach des Diables Rouges, qui lui donne ses galons de titulaires. «Les objectifs sont clairs. On doit viser une qualification pour la prochaine CAN et le Mondial 2018. On a le potentiel et les qualités pour le faire», nous confie-t-il. Avant cela, le gaucher espère (enfin) s'exporter en dehors de son pays pour démontrer qu'il a les qualités pour briller en Europe. «Il est temps de partir. Ici, j'ai fait le tour de la question. Il me reste deux ans de contrat avec le CS Sfaxien mais j'ai une clause libératoire à 500 000 euros», nous livre-t-il. Kader Jilali, agent d'Aymen Abdennour et également du Sfaxien, nous le raconte : «comme avec Aymen, je choisis toujours l'homme avant le joueur. Au delà de ses qualités sportives où il est largement au-dessus du lot, Ali est un garçon qui a fait un parcours universitaire. Il a fait des études de commerce à Sfax. Comme Abdennour avec Sousse, il a une relation de fidélité avec sa ville d'origine», raconte-t-il.

«Je suis de près la Ligue 1»

Courtisé par Grenade et des gros clubs belges, le Tunisien a une relation particulière avec le football français «Je suis de près la Ligue 1. J'ai beaucoup de respect pour le parcours de Aymen Abdennour. Avant qu'il n'aille à Sunderland, je regardais souvent les matches de Wahbi Khazri à Bordeaux», commente-t-il. Ces dernières années, le CS Sfax a perdu Ferdjani Sassi (FC Metz) et Fakhreddine Ben Youssef (FC Metz puis ES Tunis) et le Gabonais Ibrahima Ndong, parti à Lorient. Les Bianconeri tunisiens pourraient laisser également filer l'un des hommes clés du doublé Championnat-C3 2013. Avec de telles stats, on voit difficilement ce qui pourrait empêcher Maaloul d'arpenter le couloir gauche d'un bon club européen...
Nabil Djellit 
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