(B.Papon/L'Equipe)
Angleterre

Mais pourquoi plusieurs joueurs de Ligue 1 choisissent de signer en Championship, la D2 anglaise ?

Entre une formule dingue à 46 matches, des moyens financiers équivalents à ceux d'un Championnat du Top 6 européen et une ferveur incomparable, le Championship n'est décidément pas une deuxième division comme les autres. En ce début d'été, plusieurs joueurs confirmés de Ligue 1 l'ont rejoint. Et pas que pour l'effet de mode...

Les Anglais l'adorent, «leur» Championship. Les autres apprennent à le découvrir au fil des étés qui passent et des joueurs qui le rejoignent. De plus en plus, en tout cas, la deuxième division anglaise s'impose comme un acteur important sur le marché des transferts. Plusieurs joueurs confirmés de Ligue 1 ont d'ailleurs fait le choix, cet été, de quitter l'élite du football français pour rejoindre l'antichambre de la Premier League. Parmi eux, Famara Diedhiou (Bristol), Cheikh N'Doye (Birmingham), Martin Braithwaite (Middlesbrough) ou Neal Maupay (Brentford). Preuve que la mode devient populaire.
 
Le Championship, c'est un peu une destination «hype» du moment. S'il devait faire l'objet d'une comparaison touristique, l'Islande ferait sans doute l'affaire : la D2 anglaise, comme le pays nordique, n'a jamais été aussi attrayante que ces dernières années. Les raisons, si elles sont multiples, poussent quasiment à dresser ce constat : le Championship attire, aujourd'hui, presque aussi facilement que la Ligue 1.

La surface financière d'un grand championnat européen

«En France, en dehors du top 5-6, aucun club ne peut mettre vingt millions d'euros sur un joueur. En Championship, ils sont plusieurs à pouvoir le faire»
«Le Championship, c'est d'abord un Championnat avec des moyens», explique Philippe Montanier. L'ancien entraîneur de Rennes avait tenté l'aventure en deuxième division anglaise, sur le banc de Nottingham Forest, entre juin 2016 et janvier 2017. «En France, en dehors du top 5-6, aucun club ne peut mettre vingt millions d'euros sur un joueur. En Championship, ils sont plusieurs à pouvoir le faire. Et les salaires proposés aux joueurs valent souvent ceux d'un bon club de Ligue 1.» Si l'Angleterre est le pays européen le plus riche en football, la Premier League, sa vitrine principale, n'est pas l'unique bénéficiaire de ressources toujours plus importantes. L'attraction suscitée par la D2 anglaise ne doit toutefois pas être réduite qu'à l'aspect financier. Le Championship, c'est tellement plus que cela...
 
En 2014, après une saison en Ligue 1 avec l'AC Ajaccio (il avait joué 22 matches), Claude Dielna s'était engagé avec Sheffield Wednesday. Le défenseur français, aujourd'hui libre de tout contrat, raconte : «Le niveau du Championnat est très élevé. La plupart des joueurs qui y évoluent ont joué en première division, en Angleterre ou ailleurs, et les mecs ne lâchent rien. Là-bas, chaque match est un combat.» Et la saison, un incroyable marathon de 46 matches - plus des play-offs d'accession à l'élite - pour les 24 équipes qui y participent.

Stades remplis et perspective de Premier League

«Il y a quand même des grands noms en Championship, ça aide pour le rendre attractif», souligne Montanier. Si Newcastle est remonté en Premier League, la D2 comptera tout de même quatre ex-vainqueurs d'une Coupe d'Europe cette saison : Aston Villa, Leeds United, Nottingham Forest et Ipswich Town. Les joueurs connaissent l'histoire de ces clubs. Ils savent, aussi, que la D2 anglaise propose des perspectives très intéressantes avec un chemin d'accès – potentiel – qui mène à la Premier League. Le Français Anthony Knockaert s'apprête à le découvrir, lui qui a pris l'ascenseur avec son club de Brighton à l'issue de la saison 2016/17. Il avait, par ailleurs, été élu meilleur joueur du Championnat.

«Quand on recevait le PSG, on faisait 13 000 ou 14 000 spectateurs. À Sheffield, pour chaque match à domicile, c'était le double !»

«Je ne sais pas si le Championship est aujourd'hui plus attractif que la Ligue 1, tout dépend du projet qu'on te propose, glisse Dielna. Mais l'Angleterre, c'est un pays de football, où les ambiances sont dingues. Quand je jouais à Ajaccio et qu'on recevait le PSG, on faisait 13 000 ou 14 000 spectateurs. À Sheffield, pour chaque match à domicile, c'était le double !» Les chiffres viennent appuyer ce propos. La saison passée, sur l'ensemble de l'exercice 2016/17, Newcastle a enregistré une affluence moyenne supérieure à tous les clubs de Ligue 1, avec plus de 51 000 spectateurs. «Il y a toujours une ambiance très "british", confirme Montanier. Je dirais même que le Championship est plus anglais que la Premier League qui, elle, est très internationalisée. Il y a les deux aspects du football anglais, la puissance financière et la touche populaire.» Deux facteurs qui comptent pour les joueurs au moment où faire un choix s'impose.
 
Neal Maupay, qui vient de quitter Saint-Etienne pour Brentford, a été attiré par toutes ses perspectives. Il a justifié son choix à Francefootball.fr : «Des clubs de Ligue 1 et Ligue 2 étaient intéressés, mais j'avais envie de jouer. (...) En Championship, il y a du temps à prendre et de l'expérience à emmagasiner.» D'ici à la fermeture du marché d'été, le 31 août prochain, il ne devrait pas être le dernier joueur de Ligue 1 à tenter l'expérience.
Sam Myon
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denis.salaun 18 juil. à 13:25

il n y a pas que les salaires il y a l ambiance la ferveur populaire les stades sont pleins Newcastle 50.000 spectateurs les deux Sheffield 30.000 et le derby entre les deux l annee prochaine

ermite71 17 juil. à 8:01

Simplement car la masse salariale moyenne est plus élevée en Championship qu'en Ligue 1.

brarcha 16 juil. à 16:05

Puisque se sont des anglais

ombiloba1 16 juil. à 14:58

L'argent... Assurer une.belle vie pour soi et sa famille.