(D.R)
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Manchester United : le retour de José Mourinho

Les fiançailles ont duré longtemps, très longtemps. Douze ans pour être précis. Les deux tourtereaux s'étaient rencontrés un soir de printemps 2004 et la Love story avait pris corps, au terme d'un sprint effréné le long d'une ligne de touche, un rush resté gravé dans les mémoires, du genre de ceux qu'on pique sur un quai de gare pour se jeter dans les bras de l'être aimé et attendu. Le jeune José avait alors 41 ans. Il officiait à Porto. Old Trafford n'a jamais oublié sa fougue sur le but de Costinha et le charisme madré de sa personne. Il a aussi retenu que ce Portugais-là était de la race des vainqueurs.

En 2013, José en a pleuré, de rage.

José a du faire sa cour. Il a dispensé ses compliments à papa Alex, allant jusqu'à dire que «le meilleur avait perdu» un soir de qualification en Ligue des champions à Old Trafford, avec le Real (huitièmes de finale en 2013). Il s'est même abonné à MUTV, pour faire corporate. Il s'est aussi ruiné en bonnes bouteilles (de rouge, bien sûr) pour avoir l'air présentable et convaincre papa Alex qu'il était assurément le prétendant idoine, le gendre adéquat, le successeur ad hoc. Mais l'Écossais n'est pas du genre qu'on embobine au comptoir. Quand il s'est agi de désigner son héritier en 2013, il a adoubé un des siens, un mec de Glasgow. José en a pleuré. De rage.
Alex Ferguson face à José Mourinho en Ligue des champions en 2013. (Simon Stacpoole/OFFSIDE/PRESSE/L'Equipe)
Alex Ferguson face à José Mourinho en Ligue des champions en 2013. (Simon Stacpoole/OFFSIDE/PRESSE/L'Equipe)

José reprend un chef d'oeuvre pas tout à fait en péril

La semaine dernière, José Mourinho a finalement été nommé manager de Manchester United, au bout d'un flirt interminable. Le timing est parfait pour lui. Il n'aura pas à assumer lourdement le legs de Sir Alex, d'autres l'ont fait avant lui, David Moyes et Louis van Gaal. Trois ans ont passé depuis le départ de Fergie, et les attentes ont changé. Les titres ont déserté Old Trafford. Même la Ligue des champions se fait désormais rare, tout juste une qualification durant ce laps de temps. José reprend un chef d'œuvre pas tout à fait en péril, mais certainement en déshérence. Un club où l'autorité s'est délitée et le lustre terni. Ou la pression n'est pas celle d'un propriétaire oligarque russe, mais celle de l'histoire, de cette immortalité que Ferguson avait fait naître.

270 millions pour faire son marché !

Ici, comme au Real, personne n'est plus grand que le club. Le bon élève Mourinho aura sûrement retenu cette leçon de son passage à Madrid, du moins peut-on l'espérer, même si la publication des bans a déjà semé la panique. La firme automobile Jaguar, un des sponsors du Special One, a en effet annoncé sa signature avant le club lui-même, lequel était contraint d'attendre... l'ouverture de la bourse de New York. Si son ultime saison à Chelsea n'a trop affecté son ego et sa réputation, Mourinho a beaucoup à offrir à Man United, avec qui il s'est engagé pour trois ans à 16M€ la saison. Son esprit, son crédit, son palmarès parlent pour lui. Les règnes interminables, du genre Ferguson ou Wenger, sont désormais révolus, mais il aura plus de temps qu'un autre, plus d'argent aussi. Cet été, il disposera d'une cagnotte de 270M€ pour faire son marché.

Le meilleur pourcentage de victoires de l'histoire de la Premier League

À Manchester United, le chantier consistera d'abord à restaurer une mentalité victorieuse. On en connaît les ressorts, et c'est cela qui inquiète. Même si le coté beau jeu était devenu plus qu'aléatoire avec Van Gaal, MU garde une tradition d'esthétisme qui ne colle pas forcément avec l'image de Mourinho, même si on oublie trop souvent que le Chelsea de sa toute première saison en Premier League avait battu tous les records de productivité, d'efficacité et souvent de spectacle. Autant qu'une personnalité, qu'une identité même, c'est une crédibilité que Mourinho va devoir rétablir. Sans Ligue des champions au programme, il aura l'avantage de se concentrer sur un unique objectif, le Championnat. Un hors d'œuvre dont José sait s'accommoder : il possède le meilleur pourcentage de victoires de l'histoire de la Premier League (66% contre 65,2% à Sir Alex). Avant même que l'heure sonne, il s'était déjà attelé à la tache en expédiant un programme d'entretien physique pour les vacances à ses joueurs, alors même que Van Gaal n'avait pas encore été limogé. Son premier match sur le banc des Red Devils est programmé pour le 22 juillet, à Shanghai, face à Dortmund, dans le cadre de l'International Champions Cup. Une compétition où, trois jours plus tard, à Pékin cette fois, MU croisera le fer avec le Manchester City d'un certain Pep Guardiola. Mais ça, c'est déjà le début d'une autre histoire...
Thierry Marchand
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CSampaio 30 mai à 13:48

Mourinho a pleuré de rage ou ... Est-ce Manchester United qui a pleuré toutes les larmes de son corps après la saison de David Moyes ? Mourinho est devenu champion avec Chelsea en 2014/15 et en 2013/14 il était entraîneur du Real Madrid donc ... pas dispo pour ManUtd.