(L'Equipe)

Manuel Neuer (Allemagne), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

6 mai - 14 juin : dans exactement 39 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Soixante-deuxième épisode avec Manuel Neuer.

Son histoire avec la Coupe du monde

Considéré comme un grand espoir à son poste, Manuel Neuer, champion d'Europe espoir avec la Nationalmannschaft en 2009, s'est vu confier le poste de n°1 dans les cages allemandes lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud, suite au décès de Robert Enke et au forfait de René Adler. Une grande responsabilité que le jeune portier de 24 ans a pleinement assumé, n'encaissant qu'un seul but en phase de groupes, face à la Serbie (0-1). Il s'est même distingué lors des huitièmes de finale contre l'Angleterre (4-1) en donnant une balle de but à Miroslav Klose sur un long dégagement. S'inclinant sur une tête du défenseur espagnol Carles Puyol qui a qualifié la Roja pour la finale (0-1), Neuer laissait sa place à Hans-Jorg Bütt, que les médias allemands voyaient comme titulaire avant le début de la compétition, pour le match de la 3e place face à l'Uruguay.

Déçu de ne pas être allé au bout avec son pays, le gardien bavarois a connu une émotion inverse, quatre ans plus tard, au Brésil, en devenant champion du monde et en étant élu meilleur gardien du tournoi. Manuel Neuer a enchaîné les prestations de haute volée lors de cette édition, et a été l'auteur d'une parade exceptionnelle face à Karim Benzema et les Bleus en quarts de finale, permettant à sa formation de conserver l'avantage acquis en première période (1-0). Vainqueur de l'Argentine en finale (1-0 a.p.), Manuel Neuer a pu ainsi rejoindre Anton Turek, Sepp Maier et Bodo Illgner parmi les gardiens allemands vainqueurs dans une Coupe du monde. Mais le portier formé à Schalke peut se targuer d'avoir mis en lumière la révolution du poste de gardien de but lors de ce Mondial. Sa capacité à diriger la défense, ses sorties hors de la surface et son rôle de première rampe de lancement (que l'on a aperçu lors du match contre l'Algérie), tout comme ses parades réflexes, illustrent la dimension prise au fil des années de l'Allemand.

Le portier formé à Schalke peut se targuer d'avoir mis en lumière la révolution du poste de gardien de but lors du Mondial brésilien

Le moment marquant

Malheureusement, l'épisode marquant de Manuel Neuer en Coupe du monde n'est ni une parade exceptionnelle, ni une action construite à partir de sa surface. Le gardien du Bayern Munich s'est distingué en finale lors du dernier Mondial en sortant le genou en avant sur l'attaquant de l'Albiceleste, Gonzalo Higuain, heurtant son visage tout en dégageant le ballon du poing. Une action qui n'est pas sans rappeler celle survenue entre Harald Schumacher et Patrick Battiston à Séville en 1982, ou encore celle de Fabien Barthez devant Ronaldo au cours de la finale lors du Mondial français en 1998. Manuel Neuer s'en est plutôt bien sorti pour le coup puisque l'arbitre de la finale, l'Italien Nicola Rizzoli, a sifflé une faute du n°9 argentin, furieux.

Le chiffre : 244

Comme le nombre de passes réussies par le grand gardien allemand au cours du tournoi brésilien, en 2014. Une statistique pour le moins étonnant puisque Manuel Neuer en a réussi deux de plus que Lionel Messi (242), sacré meilleur joueur de cette édition. Si ce nombre est à nuancer au regard des styles de jeu de l'Allemagne et de l'Argentine au cours de la Coupe du monde, ce chiffre n'a pas manqué d'alimenter les polémiques autour du titre personnel glané par la Pulga à la fin du tournoi. Manuel Neuer finira troisième au classement du Ballon d'Or FF cette année-là, derrière le Barcelonais (2e) et Cristiano Ronaldo (1er).

L'archive de FF

Peu après la Coupe du monde 2014, FF rappelait l'importance du gardien dans la quête du quatrième titre de la Nationalmannschaft : «Personne n'oubliera ce huitième de finale contre l'Algérie (2-1 a.p.), où sa prise de risque offensive et ses sorties devant l'attaquant Islam Slimani à trente mètres de son but (parfois de la tête), conjuguées à ses arrêts réflexes, auront été les vecteurs de la difficile qualification allemande. Personne n'oubliera non plus comment il empêcha Karim Benzema de remettre les compteurs à zéro lors d'une fin de match tendue face à la France en quarts de finale, où son espace d'expression était à nouveau circonscrit à sa cage. Le bon geste au bon moment. Personne n'oubliera enfin son envergure (1,93m) qui, en plus de ses qualités techniques et tactiques, en font un intimidateur à la Peter Schmeichel ou à la Olivier Kahn, le seul gardien à avoir figuré à la première place des meilleurs joueurs d'une Coupe du monde. Manuel Neuer est un grand, et s'il devient le successeur de Lev Yachine début janvier lors de la remise du Ballon d'or FF, personne n'en sera non plus étonné.»

Joffrey Pointlane