thuram (marcus) (R. Deubner/L'Equipe)
Allemagne - 21e journée

Marcus Thuram : «J'aime bien faire rire les gens»

Auteur de dix buts et de cinq passes décisives toutes compétitions confondues avec le Borussia Mönchengladbach, Marcus Thuram réussit ses débuts en Allemagne. Il raconte son adaptation outre-Rhin dans des extraits inédits d'une interview à retrouver actuellement dans l'édition papier de France Football.

«Si vous aviez un mot pour décrire votre aventure à Mönchengladbach?
Football.

Vous attendiez-vous à ce que cela se passe aussi bien pour vous ?
On ne peut pas dire que ça se passe très bien...

Ça se passe comment, alors ?
Ça se passe... (Il rit.). Quand j'ai parlé avec le directeur sportif, le coach et le chef du recrutement, j'ai senti qu'il y avait une entente, qu'on voyait le foot de la même manière. Ils me suivaient depuis 2015, ils me connaissaient. Quand je suis venu ici, j'ai vu les installations, le stade est fantastique, les supporters sont fantastiques. C'est vraiment un club avec une identité. Quand je suis arrivé, j'aimais l'endroit où j'étais. Je pense que c'est le principal. Ensuite, j'ai eu la chance que le coach ait des idées super claires, que ça prenne bien avec l'équipe. Vous savez, il y a plein de choses pour qu'une saison se passe bien. Et s'il y en a une petite qui ne va pas, ça peut changer toute l'histoire. Ça ne s'est joué à rien. Quand je suis sur le banc et que je rentre contre Düsseldorf (NDLR: Il entre et marque un doublé, ses deux premiers buts en Bundesliga, le 22 septembre). Si je suis malade, je ne rentre pas et...

Avec des si, vous seriez encore à Sochaux.
Oui, peut-être même à Clairefontaine (Il sourit.). En tout cas, j'ai de la chance d'être ici et j'essaie de donner le maximum.

«J'ai des réactions très expressives»

Sentez-vous plus de pression autour de vous au fur et à mesure de votre réussite ?
Non. J'espère que les gens attendent beaucoup de moi. C'est comme ça qu'on progresse. Si j'arrive dans le stade, que je prends la balle et qu'il n'y a pas de réactions, ça ne donne pas cette excitation qui donne envie de progresser et de devenir de plus en plus fort. Plus il y a de gens qui comptent sur vous, plus vous avez envie de bien faire pour ne pas les décevoir.

Ramy Bensebaini, votre coéquipier, nous a lancé que vous êtes un gros bébé.
Je suis son gros bébé à lui, il faut qu'il arrête. Je sais pourquoi il dit ça : quand on fait des jeux et que je perds, je m'énerve. J'ai des réactions très expressives. Il faut que j'évacue. Ensuite, ça va mieux.

En passant, Arnaud Lusamba, de Nice, nous a aussi dit que vous êtes un petit clown.
(Il rit.) Il a dit petit clown ? J'aime bien faire des blagues, m'amuser, faire rire les gens. Mais quand il faut travailler, il faut travailler.
Marcus Thuram célébrant une victoire à domicile en novembre dernier (L'Equipe)
Marcus Thuram célébrant une victoire à domicile en novembre dernier (L'Equipe)
«Il y a des gens qui ne peuvent pas me voir»
"Marcus, tu ne peux pas ne pas l'aimer en fait." C'est Lucas Deaux qui nous a affirmé cela.
Ouais. Je ne sais pas.

Tout le monde vous aime ?
Il y a des gens que j'énerve, vraiment.

Qui ?
Ah je ne sais pas, mais je les énerve. Autant il y a beaucoup de gens qui m'aiment bien, mais il y en a qui ne peuvent pas me voir.

Mais qui ?
Je ne sais pas, il faut aller les trouver. Enfin, non, ne les trouvez pas. Il y a des gens dont ça les énerve comment je suis, tout le temps en train de sourire. Ils se disent : "Mais qu'est-ce qu'il a lui, c'est quoi son problème ?".

Au début et au fur et à mesure de votre carrière, dans quels domaines pouviez-vous avoir un avantage parce que votre père vous avait déjà montré le chemin ?
Je pense que ça m'a fait gagner beaucoup de temps. Sur la récupération en dehors du terrain, comment aborder les matches... Si vous venez et que je suis avec mon père et Kephren, mon petit frère (NDLR : Actuellement à l'OGC Nice), on ne parle que de foot. Si vous prenez une famille où les deux parents sont médecins, l'enfant va sûrement avoir des aptitudes de médecin. Nous, c'est pareil. Après, on entend des petites informations qui, après, quand ça arrive, nous font dire "Ah ouais, j'avais déjà parlé de ça avec papa" et on sait comment les appréhender.

Qu'avez-vous gardé de cette jeunesse à habiter suivant où jouait votre père à Parme, Turin, Barcelone...
Tout ! Les langues, par exemple. J'ai la chance d'en parler plusieurs. J'ai aujourd'hui la chance de partir à l'étranger et de ne pas être perdu, de savoir comment c'est. Je garde plein de souvenirs.»
Rendez-vous dans les kiosques dès maintenant ou en ligne en cliquant ici pour découvrir la longue interview de Marcus Thuram dans France Football.
Timothé Crépin
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King_Henry 11 févr. à 11:52

Thuram sera le phénomène de l'Euro 2020

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