(L'Equipe)

Mario Götze (Allemagne), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

6 avril - 14 juin : dans exactement 69 jours débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Trente-deuxième épisode avec Mario Götze.

Son histoire avec la Coupe du monde

L’histoire de Mario Götze avec la Coupe du monde est aussi courte qu’intense. En dépit de ses soixante-trois sélections, le jeune milieu allemand n’a disputé qu’un seul Mondial, celui de 2014 au Brésil, remporté par la Nationalmannschaft. On retiendra surtout de ce talent précoce – le plus jeune sélectionné depuis Uwe Seeler en 1954 – son but dans les derniers instants de la finale face à l’Argentine, offrant sa quatrième Coupe du monde à l’Allemagne. Au-delà de sa réalisation importantissime, les supporters teutons n’oublient pas son dévouement et son abnégation. Car ses pépins physiques et ses coups de moins bien en club l’ont souvent relégué sur le banc en sélection (il n’était par exemple pas titulaire lors de la demi-finale historique face au Brésil et n’avait disputé que sept minutes face à la France en quart de finale), ce qui ne l’a pas empêché d’être décisif à de nombreuses reprises. Lors du dernier match de qualification pour le Mondial 2014 contre la Suède, il était par exemple entré en jeu à la mi-temps avant de marquer et délivrer une passe décisive pour la victoire 3-5 des siens.

Le moment marquant

Ce 13 juillet au soir, lors de la finale du Mondial 2014, les hommes de Joachim Löw ne trouvent pas la faille face à la belle défense de l’équipe d’Argentine. Entré en lieu et place de Miroslav Klose, Mario Götze dézone davantage que son coéquipier et arrive à se faire oublier de la paire Demichelis-Garay. Le milieu du Bayern Munich contrôle un centre d’André Schürrle de la poitrine et enchaîne avec une frappe de volée qui trompe Romero. L’Allemagne exulte, son prodige de 22 ans vient de lui offrir un nouveau titre en Coupe du monde, vingt-quatre ans après le dernier.

Le chiffre : 3

Comme le nombre de buts inscrits par Götze lors de la Coupe du monde 2014, phase de qualification comprise. Tous ont été décisifs : face à la Suède, sa réalisation permet à l’Allemagne d’égaliser après avoir été menée au score 2-0, contre le Ghana il débloque les compteurs, son but contribuant au nul de son équipe (2-2), tandis que son but libérateur en finale face à l’Argentine (1-0) offrira le trophée à la Nationalmannschaft. Lui permettant par ailleurs de figurer dans la liste des joueurs pour le Ballon d’Or France Football 2014.

L'archive de FF

Quelques jours après le but salvateur du jeune milieu allemand en finale du Mondial, FF écrit : «Il est entré dans l’histoire à la 113e minute d’une finale qui se dirigeait, lentement mais sûrement, vers une inéluctable séance de tirs au but. Ce garçon au visage angélique a-t-il seulement réalisé qu’il venait, en cet instant, de briser la série noire des Européens, jusqu’alors jamais vainqueurs de la Coupe du monde sur le continent américain ? Et, surtout, qu’il était le tout premier joueur de l’histoire du tournoi à marquer le but vainqueur en tant que remplaçant dans une finale ? À cette double interrogation, Mario Götze ne répondra certainement pas avant longtemps, encore tout sonné d’avoir donné à son pays une quatrième étoile mondiale, égalant ainsi l’Italie pour talonner désormais le Brésil (5 titres). En cette soirée carioca, il a enfin pleinement justifié la confiance de son sélectionneur Joachim Löw, qui semblait avoir totalement perdu la foi en son électron libre offensif, si décevant les semaines qui avaient précédé. À mille lieux du joueur opportuniste et efficace aligné le plus souvent en attaquant de pointe, auteur de quatre buts (en sept matches, dont trois comme titulaire) lors de la campagne éliminatoire de Coupe du monde. (…) Götze, lui, s’est très certainement racheté auprès du grand public allemand dont une partie le considérait un peu comme le vilain petit canard de service. Un traître ou presque, après son départ annoncé du Borussia Dortmund, son club formateur, pour le Bayern (moyennant 37 M€), juste avant la finale de la Ligue des champions 2013 opposant le BVB à son futur employeur. Dans la touffeur du Maracana, Götze a gommé tout cela, et bien d’autres choses aussi. Son parcours dans ce tournoi, effacé mais pourtant décisif, reflète d’une certaine façon sa première saison au Bayern, où il est arrivé l’été 2013 : 45 matches officiels, mais seulement onze dans leur intégralité, pour quatorze buts et douze passes décisives toutes compétitions confondues.»

A.D.