v.l. Leon Goretzka (Deutschland), Martin BraithwaiteKopenhagen, 06.06.2017, Fussball Testspiel, Daenemark - Deutschland 1:1 *** Local Caption *** (TayDucLam/WITTERS/PRESSE SPORT/PRESSE SPORTS)
Amical

Martin Braithwaite, le plus français des joueurs danois

De retour en Ligue 1 cet hiver, Martin Braithwaite a retrouvé la France, un pays qu'il apprécie tout particulièrement. L'attaquant travailleur et atypique a fait le choix des Girondins de Bordeaux à quelques mois d'une Coupe du monde à laquelle il espère participer.

La Ligue 1 manquait trop à Martin Braithwaite. L'attaquant a retrouvé les terrains français le 3 février avec Bordeaux, à Strasbourg (0-2), après six mois passés en deuxième division anglaise. Dans les dernières heures du mercato, l'ancien joueur toulousain était prêté par Middlesbrough au club girondin. L'international danois se disait «heureux de retrouver la France.» Malgré un rendement correct en Angleterre (5 buts en 19 matches), Braithwaite devait faire un choix. «Pour moi, les six prochains mois sont très importants dans ma carrière et le projet de Bordeaux m'a intéressé», ajoutait-il en conférence de presse. Un retour dans un pays qu'il apprécie, à moins de trois mois du Mondial, ça peut aider...

Présence paternelle et intégration réussie

Pour Braithwaite, la famille c'est sacré. Le joueur de vingt-six ans est originaire de Guyana, une ancienne colonie britannique située dans le nord de l'Amérique du Sud. Au Danemark, le jeune Martin cultive sa différence dans la petite ville d'Esbjerg. «Quand j'étais jeune, il n'y avait pas beaucoup de personnes de couleur noire dans la ville où je vivais. J'ai entendu certaines choses, mais j'ai toujours eu une personnalité assez forte, et je suis très vite passé au-dessus de tout ça», se souvenait-il dans Le Parisien en octobre 2014. Quand il s'agit d'évoquer son apprentissage du foot, le joueur en revient toujours à son père, Keith Braithwaite. Ce dernier l'incitait fortement à s'inspirer de la star brésilienne Ronaldo : «Mon père insistait pour que j'observe ses gestes et ses dribbles», confiait-il dans nos colonnes en octobre 2016.

Pour sa force de caractère, Braithwaite remercie aussi son père : «Il était hors de question de laisser tomber face à une difficulté. C'est grâce à lui aujourd'hui que je me donne à 100% dans tout ce que je fais.» C'est ce côté besogneux, mais aussi son ouverture d'esprit, qui lui permettent de réussir son intégration en France à son arrivée à Toulouse, en 2013. «Il a gagné la confiance et le respect de ses coéquipiers. Il est très avenant, fait des efforts au niveau de la langue. Il est très joyeux», confirmait son entraîneur Alain Casanova en septembre 2013, un mois à peine après son arrivée. Cet épicurien enchaîne les cours de français et s'adapte à son nouveau pays. «J'aime beaucoup la façon de vivre en France. Il y a davantage de nationalités que ce que j'ai eu l'habitude de connaître au Danemark. J'adore découvrir de nouvelles cultures», expliquait-il dans Le Parisien. Il reste quatre ans à Toulouse, son état d'esprit séduit Pascal Dupraz, dithyrambique à son égard dans nos colonnes en octobre 2016 : «Martin a du courage à revendre et une attitude remarquable. Il incarne une jeunesse qui vit bien la mondialisation. Il est le reflet de ce que devrait être notre société. C'est un mec open.»

La Coupe du monde en ligne de mire

Un mec bien mais aussi un bon footballeur. En Ligue 1, Braithwaite s'est fait une réputation. Souvent aligné en pointe, il a également pu dépanner sur une aile. «C'est un milieu de terrain de formation et il est donc capable de garder le ballon assez haut, sans oublier d'être explosif dans la profondeur», détaillait Alain Casanova en conférence de presse en octobre 2013. «Buteur, c'est un peu nouveau pour moi. Avant, je jouais plutôt milieu de terrain. Je préfère évoluer avec un autre attaquant à mes côtés. Jouer seul devant et être celui qui reste en pointe, qui attend seulement de marquer, ce n'est pas moi», expliquait le joueur dans Le Parisien quelques semaines après son arrivée. Pour sa première saison, il claque sept buts et donne huit passes décisives (en 32 apparitions en Ligue 1). En plus de son utilité dans le collectif, il continue de développer son sens du but : il dépasse la barre des dix (11 buts à chaque fois) lors de ses deux dernières saisons à Toulouse.
Depuis son arrivée à Bordeaux, Braithwaite n'a pas encore été décisif mais il a été appelé par Age Hareide, le sélectionneur danois, pour les matches contre le Panama (22 mars) et le Chili (27 mars). S'il fait régulièrement partie des joueurs sélectionnés, il n'a plus joué pour le Danemark depuis le 10 juin 2017 (victoire 3-1 contre le Kazakhstan). Au milieu des Jorgensen, Poulsen, Bendtner ou Dolberg (actuellement blessé), il doit se faire une place dans le groupe. S'il venait à faire partie de l'aventure en Russie, Braithwaite retrouverait la France en phase de groupes (le 26 juin à Moscou, ndlr). Un beau clin d'œil même qu'il avait évoqué en conférence de presse en février : «Le rêve, c'est de gagner la Coupe du monde. Jouer contre la France, ça fait partie du tournoi mais ce n'est pas un rêve. Je veux bien battre la France, mais j'ai du boulot avant ça.»
Clément Gavard
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