(L'Equipe)
L'Afrique, c'est foot

Mémoire d'Eléphants

Le 8 février 2015, la Côte d'Ivoire remportait sa deuxième CAN. Depuis, le football ivoirien est rentré dans le rang et vit une crise interne que l'élimination pour le Mondial en Russie a avivée...

Souvenez-vous, c'était il y a trois ans à Bata, en Guinée Equatoriale. Une finale de Coupe d'Afrique des Nations oppressante entre, d'un côté, le Ghana des frères Ayew, de l'autre, la Côte d'Ivoire des frères Touré et de Hervé Renard. Pas de but mais quelques occasions, et puis une séance de tirs au but interminable remportée 9 à 8 grâce au gardien Copa Barry. On revoit encore ces images des Eléphants qui dansent sur le gazon, accompagnés par l'homme à la chemise blanche...
Trois ans plus tard, le football ivoirien traverse une crise sans précédent. L'équipe nationale n'a pas franchi le cap du premier tour lors de la dernière phase finale de CAN. Hervé Renard, l'homme qui l'a portée au titre en 2015 et qui dirige désormais le Maroc, a précipité sa chute à la CAN. Victoire 1-0. Avant d'éliminer son ancienne équipe (2-0) à Abidjan lors du match décisif pour la qualification au Mondial 2018. Les clubs courent après un sacre continental depuis plus d'une décennie. L'Africa Sport ou l'AS Tanda ne font plus que de la figuration. Le Séwé, finaliste continental il y a quelques années, n'a pas confirmé. Quant à l'ASEC, le club le mieux organisé du pays joue régulièrement la phase de poule en Ligue des champions mais ne parvient plus à se hisser dans le dernier carré.
Un groupe de clubs mène la fronde contre la FIF, l'instance faîtière dirigée par Sidy Diallo.
A l'issue de l'élimination pour le Mondial, la révolte grondait entre un groupe de clubs et la FIF, l'instance faîtière dirigée par Sidy Diallo. Excédés par une gestion des affaires (financières pour l'essentiel) qu'ils déplorent et critiquent sévèrement, ces derniers ont tout fait pour obtenir l'organisation d'une Assemblée Générale, afin de déposer le président sortant. Mais ils n'ont pas eu gain de cause. Aux dernières nouvelles, la FIF et les représentants de cette fronde, qui sont au nombre d'une quarantaine et comptent de nombreux clubs de l'élite, se retrouveront prochainement en Suisse à la demande de la FIFA.
La crise fait rage et la famille ivoirienne s'en trouve plus que jamais désunie. A quelques heures de l'entrée en lice de ses représentants en Coupes d'Afrique des clubs, il est bien difficile d'évaluer leurs chances d'aller au bout, comme c'était le cas il y a deux décennies, lorsque le football local trustait les titres et séduisait les meilleurs Africains d'Afrique de l'Ouest. A la bourse du football africain, l'Eléphant n'a pas la cote et ne fait même plus peur ces jours-ci. Tout dernièrement, l'équipe nationale des joueurs locaux conduite par Ibrahima Kamso Kamara a été sortie au premier tour du CHAN au Maroc. Sans qu'il n'y ait rien à dire.

Drogba réclamait des états généraux

Pourtant, ses meilleurs joueurs demeurent des valeurs sûres. Didier Drogba lui-même, qui espérait voici peu que le football de son pays organise des états généraux, ne peut que constater un état de déliquescence inquiétant. Et comme aucune des parties en présence ne semble désireuse de tendre la main à l'autre dans une tentative de réconciliation après s'être dit certaines vérités, il est impossible d'envisager sa relance. Elle est impérative, d'autant que la Côte d'Ivoire, hôte de la CAN 2021, vient tout juste de se doter d'un comité d'organisation. Et le défi national est important sur le plan des infrastructures...
Frank Simon

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nicolasphilibert10 9 févr. à 15:38

Comment peut on écrire un article sur le foot en Cote d Ivoire et son équipe Nationale sans évoquer Jean Marc GUILLOU qui est a l origine des 15 ans de résurrection des elephants .Personne dans les 50 ans a venir de pourra égaler le travail de detection et de formation de JMG