29th October 2013 - Capital One Cup Fourth Round - Arsenal v Chelsea - Mesut Ozil of Arsenal shrugs his shoulders as Jack Wilshere looks on - Photo: Marc Atkins / Offside. (Marc Atkins/OFFSIDE/PRESSE SPO/PRESSE SPORTS)
Transferts

Mercato : panic buy, au coeur du sprint final anglais sur le marché des transferts

Chaque saison, les dernières heures du mercato anglais sont propices aux plus grandes folies. Cette année de Coupe du monde et de fin de marché avancée ne changera pas les habitudes. Amis anglais, attention au panic buy !

C'est le rendez-vous annuel des malins, des initiés et un peu, parfois, des fous. La fin du mercato anglais se transforme chaque été en foire d'empoigne, et en théâtre de visites médicales express, d'offres mirobolantes et de contrats signés à la va-vite tant qu'il est encore temps. Parmi cette ultime journée qui tourne souvent au déraisonnable, le «panic buy». Achat de dernière minute urgent et parfois farfelu, il intervient à chaque mercato, sans jamais déroger à la règle ni manquer le rendez-vous. «Disons que les Anglais, ils pensent toujours avoir l'argent, c'est une réalité, narre Bruno Satin, agent français le plus internationalisé. Mais qui dit dernière minute dit forcément plus de conneries. Comme vous n'avez pas de temps, vous ne pouvez pas optimiser la négociation. Donc on vous donne un prix, et soit vous payez, soit vous ne payez pas.»
«Mais qui dit dernière minute dit forcément plus de conneries»
Cette année, le sprint final en Angleterre se déroulera ce jeudi 9 août jusqu'à 18 heures, contrairement aux années précédentes, où le mercato britannique se concluait fin août, comme tous les autres "gros" Championnats. Les dirigeants de la Premier League, eux, ont déjà vécu ce genre de deal, comme celui de Mesut Özil à la toute fin de l'été 2013. Pour Bruno Satin, si l'Angleterre connait son lot d'évolutions, ces recrutements tardifs et désordonnés font toujours loi : «Les Anglais font cela, c'est aussi leur système archaïque de fonctionnement qui y fait. Même si petit à petit un certain nombre de clubs misent sur un modèle plus européen avec un directeur sportif ou un directeur du football. Il y a de moins en moins de managers omnipotents, mais ça veut dire qu'il faut mettre dans la boucle plus de monde. Et c'est plutôt de nature à ralentir les décisions dans ce cas.» Toujours est-il que la dernière journée s'annonce une nouvelle fois rythmée. Entre clubs, joueurs, fédérations, agents et intermédiaires.

«Il n'y a pas de contacts le matin pour le soir»

Source de stress pour supporters lésés et directions paniquées, la dernière journée du mercato permet parfois de se rattraper d'un marché raté et de postes non comblés. Sans pour autant être devenir les «24h chrono» où tout peut arriver et tomber du ciel comme par magie, comme le rappelle Bruno Satin : «Les coups qui peuvent partir, on les connaît un peu avant. Il n'y a pas de contacts le matin pour le soir. Sauf encore pour les joueurs anglais, où là c'est un marché propre à lui-même. On peut imaginer Leicester sollicité pour Maguire. Mais pour le libérer, il faut trouver un remplaçant.» Chelsea, aussi, pourrait voir son mercato se décanter avec l'arrivée de Kepa, qui a payé sa clause libératoire mercredi, dans les cages en remplacement de Thibaut Courtois. «Ils (NDLR : les dirigeants de Chelsea) savent que Courtois veut partir depuis un moment, ce n'est pas un scoop, poursuit l'agent qui vient de placer Kévin Malcuit à Naples. Il n'y a pas cinquante mecs pour remplacer Courtois. Après, il faut bien estimer les choses. Il y a des clubs qui disent non pour faire monter les enchères, et d'autres, quand c'est non, c'est vraiment non.» Et surtout ne pas faire n'importe quoi à n'importe quel prix, même si l'option Kepa, qui devient le gardien le plus cher de l'histoire pour 80 millions d'euros, reste un pari sur l'avenir.

La course aux papiers

Avec ces transferts à retardement et la panique engendrée par la montre, les dernières journées du mercato sont aussi propices aux ratés et aux transactions tombées à l'eau. «Il y a certaines opérations qui se font rapidement dans les deux ou trois derniers jours, avec le risque que certaines soient loupées car les papiers sont envoyés trop tard, continue Bruno Satin. C'est ce qu'il s'est passé avec le joueur portugais (NDLR : Adrien Silva) qui avait signé à Leicester l'an passé, mais ç'a été fait trop tard. Et ils se sont retrouvés avec un joueur qu'ils avaient acheté mais qui ne pouvait pas jouer avant le mois de janvier.» Parmi les autres cas de figure, les aficionados du Real Madrid se souviendront de l'arrivée avortée de David De Gea et ceux de l'OM du rêve Erik Lamela. À la fin de l'été 2015, alors que Marseille vient de perdre la plupart de ses cadres, la piste Lamela, en provenance de Tottenham, s'active. «Soyez patients» (voir ci-dessous) partage même le service de communication du club phocéen sur les réseaux sociaux pour tenir en haleine des supporters ravis d'accueillir le joueur. Finalement, à trente minutes de la fin du mercato, Tottenham, faute de remplaçant, coupe court aux négociations et annule l'accord. Pas de Lamela au Vélodrome, donc, et des supporters évidemment déçus. Là, si le «panic buy» semblait être une bonne affaire, le flop fut immense. Et trois ans après et des dizaines d'autres exemples, les clubs ne semblent quant à eux jamais retenir la leçon. Favorable au suspense, pas vraiment pour les affaires.
Antoine Bourlon
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