Michael Ballack (Allemagne), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde (L'Equipe)
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Michael Ballack (Allemagne), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

9 mars - 14 juin : dans exactement 97 jours débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Quatrième épisode avec Michael Ballack.

Son histoire avec la Coupe du monde

Michael Ballack et le Mondial, c'est une histoire un peu frustrante. Devenu international allemand en 1999, il arrive dans la forme de sa vie à la Coupe du monde 2002 en Asie. Il vient d'achever une saison exceptionnelle avec le Bayer Leverkusen, défait par la reprise de volée légendaire de Zidane en finale de la Ligue des champions. Le premier tour est plutôt tranquille pour la sélection dirigée par Rudi Völler : 8-0 face à l'Arabie Saoudite, 1-1 face à l'Eire et 2-0 devant le Cameroun. Et si Oliver Neuville sauve les siens en huitième face au Paraguay (but à la 88e minute), Michael Ballack s'occupe de dégoûter les Etats-Unis en quarts et la Corée du Sud en demies (voir ci-dessous) avec le même score de 1-0 à chaque fois. Absent de la finale perdue face au Brésil, Ballack croit enfin en sa bonne étoile en 2006, pour le Mondial à la maison. Blessé pour le match d'ouverture face au Costa Rica (4-2), il revient pour la Pologne (1-0). La Mannschaft déroule, et est sauvée par Klose en quarts face à l'Argentine (1-1, qualification aux tirs au but avec une tentative inscrite par le capitaine Ballack). Mais l'Italie gagne la bataille en prolongation en demies (0-2, a.p.). Ballack passe encore à deux doigts du rêve. Un rêve brisé quatre ans plus tard quand Kevin-Prince Boateng le tacle violemment en finale de la Coupe d'Angleterre. Ballack est forfait pour l'Afrique du Sud 2010. Son histoire avec le Mondial s'arrête là.

Le moment marquant

Nous sommes à la 71e minute de la demi-finale de la Coupe du monde 2002. À domicile, à Séoul, la Corée du Sud rêve d'une incroyable finale. 0-0, Lee Chun-soo se dirige en direction des buts de la Mannschaft, élimine un premier adversaire, et est à quelques centimètres de la surface d'Oliver Kahn. Le danger est trop grand, Michael Ballack se sacrifie et interrompt l'action. Urs Meier sort le carton jaune. Déjà averti face au Paraguay (1-0) en huitièmes, le futur joueur du Bayern (qu'il rejoindra quelques semaines après) comprend qu'il sera suspendu pour la finale. Mais qu'importe, la tête concentrée pour son équipe, Ballack offre la qualification aux siens juste derrière, à la 75e minute. Héroïque.
Quelques années après, Ballack reviendra sur cet épisode sur le site de la FIFA :  «Au moment où ça se produit, on se trouve dans le feu de l'action et on ne se rend pas vraiment compte. On est déçu mais on est pris par le jeu et on espère que l'équipe s'imposera en finale. Ce n'est que quelques semaines ou même quelques mois plus tard qu'on prend un peu la mesure des choses. On voit alors à quel point il est difficile et exceptionnel de disputer une finale de Coupe du Monde. On ne compense jamais un tel manque.»

Le chiffre : 12

Comme son nombre de matches disputés en Coupe du monde. Pour trois buts. Qui sait le chiffre, et l'impact, qu'il aurait pu voir avoir dans l'histoire de la Mannschaft dans la compétition sans ses diverses péripéties de 2002 à 2010.

L'archive de FF

En mai 2010, quand le forfait de Ballack est officialisé, FF écrit : «Michael Ballack avait un rêve : gagner la Coupe du monde. Il ne le réalisera jamais. Victime d'un véritable attentat de la part de Kevin-Prince Boateng, lors de la finale de la Cup entre Chelsea et Portsmouth (1-0), l'international allemand (33 ans) sera indisponible huit semaines, après que le diagnostic a révélé une déchirure partielle des ligaments de la cheville droite. Une nouvelle qui a provoqué un tremblement de terre outre-Rhin. Actuellement en stage avec son équipe en Sicile, le sélectionneur allemand, Joachim Löw, s'est dit "choqué et triste". Quant à Ballack, qui a rendu visite à ses coéquipiers, il ne cachait pas son désarroi : "C'est tellement dur", expliquait-il les larmes aux yeux et le pied droit dans le plâtre (...) Boateng, qui a reçu des menaces anonymes de supporters allemands depuis son forfait, n'en finit plus d'alimenter journaux, émissions radio ou télés en Allemagne. "Je lui en veux énormément, dit ­Ballack. Son acte ressemble à un geste volontaire." (...) Pour Ballack (98 sélections), restera un goût d'inachevé, lui qui a souvent été placé dans les grandes compétitions (finaliste du Mondial 2002, deux finales de C1 perdues, avec Leverkusen en 2002 et Chelsea en 2008), mais jamais gagnant.»
 
Timothé Crépin

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boupka 10 mars à 6:03

Pas de chance pour lui,joueur que j'ai beaucoup apprécié. Très bonne frappe de pied,comme l'Allemagne sait en produire,bonne vision de jeu.belle carriere tout de même.