(L'Equipe)
CM - Les 100 de FF

Michel Platini (France), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

12 mai - 14 juin : dans exactement 33 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Soixante-huitième épisode avec Michel Platini.

Son histoire avec la Coupe du monde

Michel Platini a disputé trois Coupes du monde au cours de sa grande carrière internationale : 1978, 1982 et 1986. Et le célèbre numéro 10 des Bleus peut se vanter d'avoir marquer l'histoire de l'équipe de France, lui qui a été le symbole d'une grande génération bleue. Son épopée dans la plus prestigieuse des compétitions a débuté pourtant timidement, en Argentine. Placés dans le groupe A en compagnie du pays hôte, de l'Italie et de la Hongrie, les Bleus sont bien trop tendres pour s'en sortir. Avec deux défaites et une victoire, la France est éliminée, même si Platini, buteur contre l'Argentine (1-2) n'a pas grand-chose à se reprocher. Sa deuxième participation, en Espagne, acquise suite à la fantastique victoire des Bleus contre les Pays-Bas grâce à un merveilleux but du nouveau numéro 10 (2-0), est plus belle, mais tellement plus cruelle. Deuxièmes derrière les Anglais à la fin du premier tour, les Tricolores passent sans encombre le second tour en enchaînant deux victoires contre l'Autriche (1-0) et l'Irlande du Nord (4-1), avant d'être opposés à la RFA en demi-finale à Séville, lors d'un match qui va s'inscrire dans la légende de la Coupe du monde.
Composée une nouvelle fois du carré magique Platini-Giresse-Tigana-Fernandez et de la nouvelle génération représentée par Jean-Pierre Papin, la France échoue en demi-finale une nouvelle fois face aux rivaux allemands
«Platoche» marque sur penalty, répondant à l'ouverture du score précoce de Pierre Littbarski, avant d'être témoin d'un improbable scenario : l'attentat d'Harald Schumacher sur son ami Patrick Battiston, le coup de folie de ses coéquipiers en prolongation, menant par deux buts d'avance avant d'être rattrapés, et la séance de tirs au but irrespirable – il a inscrit le sien – et fatale aux Bleus. Affecté par cette terrible élimination, le milieu français se tourne rapidement vers de nouveaux objectifs, comme l'Euro 84, organisé à domicile, dont la France sort victorieuse. Ce premier titre, acquis grâce à une performance titanesque de Platini (9 buts en 5 matches) permet de positionner l'équipe de France comme l'un des favoris du tournoi mexicain en 1986. Composée une nouvelle fois du carré magique Platini-Giresse-Tigana-Fernandez et de la nouvelle génération représentée par Jean-Pierre Papin, la France échoue en demi-finale une nouvelle fois face aux rivaux allemands (0-2), rencontre qui sonnera la progressive fin de carrière de «Platoche» en équipe nationale. Il termine par une médaille de bronze – la France s'impose contre la Belgique (4-2 a.p.) pour le match de la 3e place – et véhicule l'image d'un joueur aux qualités exceptionnelles, d'un véritable 10 à l'ancienne, triple Ballon d'or FF (1983, 1984 et 1985).

Le moment marquant

Si la demi-finale contre l'Allemagne en 1982 fut un épisode marquant de la carrière de Michel Platini, comment ne pas citer sa performance lors du quart de finale au Mexique contre le Brésil de Zico et Socrates. Sous le soleil de plomb du stade Jalisco de Guadalajara, les Auriverde débutaient parfaitement la rencontre et ouvraient le score par l'attaquant Careca (0-1, 17e) suite à un mouvement collectif de toute beauté initié par la doublette Müller-Junior. Le même Careca qui aurait pu doubler la mise pour la Seleçao, mais le poteau gauche de Joël Bats amorçait la réussite tricolore. Bousculés, les Bleus réagissaient. Alors qu'il disputait cette Coupe du monde blessé et sous infiltration, Michel Platini relançait les siens en reprenant dans le but vide un centre dévié de Dominique Rocheteau (1-1, 41e). Ce but sera le dernier inscrit par «Platoche» sous le maillot tricolore. Au retour des vestiaires, les occasions se multipliaient de part et d'autre et le milieu de terrain voyait même son gardien Joël Bats stopper un penalty de Zico (71e). Le verdict était rendu aux tirs au but. Platini envoyait sa tentative au-dessus du but brésilien, mais grâce aux échecs de Socrates et Julio Cesar, Luis Fernandez propulsait la France en demi-finale, où la fameuse réplique «Allez mon petit bonhomme !» de Thierry Roland résonnera pour l'éternité.

Le chiffre : 5

Soit le nombre de buts marqués par le célèbre numéro 10 des Bleus en Coupe du monde (1 en 1978, 2 en 1982, 2 en 1986). Il est le troisième réalisateur de l'histoire des Bleus dans cette compétition, à égalité avec Zinédine Zidane et derrière Thierry Henry (6) et Just Fontaine (13).

L'archive de FF

En 2006, FF a rencontré Michel Platini, alors membre du comité exécutif de l'UEFA, à Nyon, pour évoquer le souvenir de Séville, en 1982. Il se souvient : «C'est certainement le plus beau moment de ma carrière. Si on peut isoler un moment, parce que j'ai toujours considéré que le plus beau moment de ma carrière, c'était ma carrière. Mais si on doit ressortir un moment où on est passé par tous les sentiments du monde... le plus beau livre que j'aurais à lire, la plus belle pièce de théâtre à laquelle je pourrais assister, le plus beau film que je pourrais voir, c'est ce match-là. C'est un moment qui te fait dire, après coup : 'P....., je suis content d'avoir été là !'. Même si tu as perdu. Et toute la légende, tout le mythe vient du fait qu'on a perdu. Moi, je trouve que c'est un moment sublime dans l'histoire d'une vie, dans l'histoire d'un groupe, dans l'histoire d'un groupe, dans l'histoire du football, dans l'histoire du monde. C'est vraiment sublime, merveilleux ! En acceptant la défaite. Mais il y a vraiment beaucoup de choses qui se sont passées... Vous savez, on s'est retrouvés là un peu par hasard. C'est ce jour-là qu'on est devenus une grande équipe. Etrangement. C'est en perdant ce match-là qu'on devient une grande équipe. C'est ce match qui nous fait dire qu'on est une bonne équipe. On ne perd pas contre l'Allemagne, on est éliminés aux penalties, et l'Euro se joue après... Toute cette génération l'a en tête...»
Joffrey Pointlane
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