jardim (leonardo) (S.Mantey/L'Equipe)
Ligue 1 - 5e journée

Monaco, un mental qui pose question

Les vieux démons n'en finissent plus de hanter la maison monégasque. Pour la troisième fois consécutive, l'AS Monaco menait au score à la pause et pensait tenir le chemin de la victoire. Sauf que comme face à Nîmes, comme face à Strasbourg, le Rocher s'est écroulé...

Comment imaginer tel scénario à la demi-heure, quand Ben Yedder venait faire le break et dessiner le premier succès de la saison de l'ASM ? Jusque-là, les Monégasques avaient certes été minimalistes dans l'utilisation du ballon. À défaut d'une maîtrise qui n'était visiblement pas l'objectif du soir, ils avaient au moins fait preuve d'un réalisme déconcertant dans le dernier geste pour s'octroyer une avance de deux buts. En outre, la capacité des Golovin et Martins à percer les lignes mettait au supplice Strootman et consorts. De quoi guetter la suite avec sérénité, en somme. Or justement, cette sérénité, Monaco ne l'a plus depuis belle lurette. Quatre buts encaissés qui portent le total à quatorze en cinq matches (!), et la soirée a lentement viré au drame. L'histoire se répète, la trame étant identique contre Strasbourg et Nîmes quelques semaines plus tôt. Les Rouge et Blanc déjouent, reculent, tremblent, et se retrouvent punis. Pourquoi s'entêter dans ce schéma de jeu, alors que l'armada offensive serait tout à fait à même de rivaliser techniquement ? Cette question trotte sûrement dans le crâne du Prince Albert à l'heure qu'il est. Et des supporters inquiets, forcément, de voir leur équipe pointer à la dix-neuvième place du classement. On pensait que le pire était derrière Monaco, il est peut-être encore à venir...
Pris à leur propre piège de vouloir déjouer, les Monégasques ? Même pas si sûr. Car dans la lignée de leur début de saison, les troupes de Jardim subissent plus qu'elles n'agissent. Et le reculoir constant n'a en rien l'air d'une consigne voulue, mais au contraire d'un choix dicté par la peur du résultat. La résultante, in fine, d'une immense fragilité mentale qui gravite autour de la Principauté depuis la saison dernière. Et ce bien que tout ait été fait pour qu'elle ne se reproduise plus. Le temps et les vacances estivales étaient censés faire leur œuvre, d'abord. Les départs à la pelle et les recrues en veux-tu en voilà, ensuite, devaient apporter un nouveau souffle. La préparation athlétique, enfin, se devait de régénérer un effectif pas épargné par les blessures. Sauf que tout cela semble avoir volé en éclat. Les recrues (Lecomte, Aguilar, Maripan) ne sont pas dans leurs standards de 2018-19, les blessés toujours aussi récurrents, et le groupe à la rue physiquement.

Plus d'excuses pour Jardim

À l'heure de chercher des coupables, le nom de Jardim va forcément revenir sur toutes les lèvres. Car hormis le PSG, son effectif est le mieux garni quantitativement et qualitativement. Sur le papier, le onze de ce dimanche avait d'ailleurs fière allure ! Une équipe taillée pour l'Europe, pourrait-on dire. Sauf que le technicien portugais a perdu l'once de réalisme qui faisait le pilier de sa philosophie pragmatique. Entre les blessures, les expulsions répétitives et la faillite de ses cadres (dont un Fabregas une nouvelle fois fantomatique), tout tourne en sa défaveur. Une malchance qui n'explique pas, en outre, ses choix plus que contestables. En se privant du meilleur joueur de la seconde partie de saison, Adrien Silva, le message envoyé à son groupe est plus que curieux. De même pour le jeune Badiashile, laissé sur le banc au profit d'un Glik dépassé. Désormais, Jardim devra naviguer avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Et vite trouver des solutions pour ne pas risquer le deuxième débarquement en un an. À moins que celui-ci ne soit déjà en cours...
Corentin Rolland
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