monconduit (thomas) (L'Equipe)
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Monconduit : «J'ai vu Leonardo Di Caprio»

Laissé libre par Auxerre en fin de saison dernière, Thomas Monconduit (24 ans) a pris le temps de soigner une vilaine pubalgie et cherche désormais un nouveau terrain de jeu. Actuellement à l'essai à Los Angeles, le milieu de terrain défensif est content d'avoir pu découvrir Hollywood Boulevard mais sait qu'il ne pourra pas lutter avec Steven Gerrard. Interview.

«Thomas, vous avez été laissé libre par Auxerre en fin de saison dernière. Pourquoi ?
En juin 2014, on ne m'a pas proposé de prolongation. J'avais un peu fait le tour du club aussi et je n'appréciais pas forcément le président et le directeur donc je voulais partir, avoir un nouveau challenge. J'avais l'impression de m'endormir en étant à Auxerre. Je voulais passez à autre chose, une nouvelle vie.

Mais une blessure vous a empêché de signer à Evian-Thonon-Gaillard à l'époque...
Evian m'a fait une offre, mais j'ai été recalé à cause de ma pubalgie lors de la visite médicale. Je me suis fait opérer le 15 juin. J'ai refait une visite médicale à Evian le 3 juillet, ils m'ont encore recalé. C'était pas assez bien cicatrisé. Et vu que je ne pouvais pas courir, je ne pouvais pas faire le test d'efforts. Ils m'ont dit ''reviens dans un mois, quand tu seras soigné''. Et un mois après, ça n'allait toujours pas mieux. J'avais toujours mal à ce moment-là. Au bout de deux mois, toujours des douleurs. C'était alors la fin du mercato. J'avais encore mal et aucun club n'a pris le risque de me faire signer. J'ai alors pris la décision de me refaire opérer fin septembre. J'ai fait ma rééducation à Clairefontaine, mais ça n'allait toujours pas mieux. Et mi-décembre, je me suis refais opérer. Là, c'était la troisième et bonne opération. Aujourd'hui, tout va bien. Je fais tous les exercices, je peux tirer dans le ballon. Il n'y a plus de problème.
monconduit (thomas) flochon (sebastien) (L'Equipe)
monconduit (thomas) flochon (sebastien) (L'Equipe)
Cette blessure vous a sacrément handicapé. Comment elle-elle apparue ?
Ma pubalgie, elle est venue petit à petit. En 2013, vers septembre-octobre, ça me perturbait un peu à l'entraînement. Je ne m'inquiétais pas trop. Et un jour, en match, sur une frappe, ça a vraiment tiré dans le pubis. J'ai été arrêté deux mois à cette époque. J'avais repris mi-novembre. J'ai joué tout novembre-décembre. Après, les douleurs sont revenues en janvier (2014), mais j'ai rejoué jusqu'à la fin de la saison. J'ai carrément forcé. Après les matches, j'avais du mal à marcher.

Vous vous doutiez que ce serait si difficile de retrouver un club ?
Je ne pensais pas que ce serait si compliqué après Auxerre. Je pensais qu'Evian, même avec ma blessure, aurait pu me prendre. A Auxerre, je n'avais pas forcément envie de prolonger car Evian s'était manifesté assez tôt la saison dernière. Lors du dernier mercato, j'ai cherché une équipe les quinze derniers jours de janvier, mais c'était un peu trop tard. Les clubs n'ont pas pris le risque car ça faisait six mois que je n'avais pas joué.

Evian-Thonon-Gaillard ne vous a pas rappelé maintenant que vous êtes rétabli ?
Le club n'a plus du tout donné de nouvelles donc, du coup, nous aussi, on a lâché l'affaire. C'était super pourtant. Sinon plus rien. J'ai juste eu un club belge en janvier. Un club portugais aussi. Ils viennent prendre des nouvelles mais ils ne prennent pas de risque au final. Ils tâtent simplement le terrain.
boly (willy) monconduit (thomas) boe kane (yann) (L'Equipe)
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« Il y a Steven Gerrard qui arrive au mois de juin »
Depuis plusieurs semaines, vous êtes à l'essai chez les Los Angeles Galaxy. Comment vous êtes-vos retrouvé là ?
Quand j'étais en rééducation à Clairefontaine, il y avait un mec qui s'appelle Jérôme Mehary, qui était en soins aussi. On s'est vu pendant un mois, on a discuté. Je lui ai dit que si en janvier, je n'avais signé nulle part, ça m'intéressait de voir ce que ça pouvait donner aux Etats-Unis. Je l'ai appelé fin janvier et huit jours après, je partais pour Los Angeles. C'était rapide. J'ai payé mon billet d'avion. Par contre, si je signe, ils me remboursent mon billet d'avion aller et ils me payent mon retour pour que je puisse aller faire mon visa. C'est des petits détails ça.

Vous avez pu retrouver un groupe dans un environnement sympa.
Ça m'a emballé. C'est une expérience à vivre. C'est un truc intéressant. Après, footballistiquement, c'est pas le meilleur football. C'est pour voir. Je suis là pour trois semaines en essai. Ce n'est pas dit que je signe dans la foulée. Ça me permet de m'entraîner avec un groupe, faire des matches amicaux. Il y en a tous les trois jours ici car ils sont en pleine préparation pour la saison de MLS. Ça me permet donc de jouer, c'est bien. J'ai disputé quatre matches, à chaque fois une mi-temps, pour trois victoires et un nul. On est 22-23 joueurs. C'est la réserve de l'équipe première.

Au sein du club, il y a plusieurs Français qui vous ont accueilli au départ.
On est cinq Français (André Auras, Jason Bli, Laurent Courtois, Bradley Diall et lui). Les Français, ainsi que Jérôme, m'ont tout de suite expliqué comment cela se passait. Et quand ils m'ont expliqué, j'avouerais que ça ne m'a plus trop emballé tant que ça. C'est un système assez particulier car il faut que tu signes un contre MLS pour jouer en MLS. Si tu n'a pas ça, c'est compliqué de jouer. A Los Angeles, en plus, il y a beaucoup de joueurs. Et puis il y a Steven Gerrard qui arrive au mois de juin. Il y a un peu embouteillage. Je vais pas forcément avoir l'ambition de lui prendre sa place vu que s'il arrive, c'est pour jouer.
monconduit (thomas) (L'Equipe)
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André Auras a d'ailleurs été formé à l'AJ Auxerre. Vous vous connaissiez avant de venir ?
On était ensemble en jeunes à Auxerre. Je l'ai appelé avant de venir et il m'a dit ''viens voir et fais toi ton idée toi-même''. Pour lui, ça se passe bien. Il a été élu meilleur joueur de son équipe l'année dernière donc il est monté en équipe première, mais il n'a toujours pas de contrat MLS. C'est un peu compliqué. C'est pas encore gagné pour lui. J'ai l'impression qu'il n'y a pas de débouchés. Le mec est élu meilleur joueur de son équipe et il ne signe quand même pas. C'est particulier.

Avez-vous eu l'occasion de visiter un peu les environs ?
J'ai eu un peu le temps. On a entraînement que le matin car il fait tellement chaud ici. J'étais à LA pour les Oscars et le matin de la cérémonie, je suis allé manger à Beverly Hills. J'ai vu Leonardo Di Caprio. C'est cool la vie ici. C'est sympa de faire Hollywood Boulevard. Le cadre de vie, il est top. Après, pour le football...

Si on lit entre les lignes, vous n'êtes pas du tout sûr de poursuivre l'aventure à Los Angeles. Qu'allez-vous faire du coup ?
Je n'ai pas d'autres essais de prévus aux Etats-Unis. Je vais essayer de revenir en Europe et d'en faire quelques-uns en Belgique car on peut y signer jusqu'au 15 mars. Après cette date-là, ils ont les play-offs à disputer. J'ai envie de jouer, de retrouver le niveau que j'avais. J'espère trouver un club que ce soit en France ou ailleurs qui m'accueille au moins pour me prendre à l'entraînement. Et après, en juin-juillet, retrouver vraiment un club.»

Propos recueillis par Tanguy LE SEVILLER (@tang_foot)
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