25th November 2013 - Barclays Premier League - West Bromwich Albion v Aston Villa - Youssuf Mulumbu of West Brom getsb away from Aleksander Tonev of Villa - Photo: Simon Stacpoole / Offside. *** Local Caption *** (L'Equipe)

Mulumbu : «Le niveau pour aller ailleurs»

L'ancien joueur du PSG Youssouf Mulumbu, élément essentiel du dispositif de Steve Clarke à West Bromwich Albion, a des ambitions affirmées. Le milieu de terrain congolais estime qu'il est temps pour lui de rejoindre un club plus huppé. Entretien.

«Youssouf, comment jugez-vous le début de saison de West Bromwich Albion, 11e de Premier League ?
Il est mitigé. On a fait de bons résultats à Manchester (victoire 2-1 contre United, Ndlr), Arsenal (1-1) et Chelsea (2-2). Mais on fait beaucoup de matches nuls (six, Ndlr) et il faut qu’on grappille des points pour entrer dans les dix premiers. Pour l’instant, ce n’est pas suffisant. On peut faire mieux.

Qu’est-ce qui manque à West Brom’ pour intégrer le top 10 ?
Prenons l’exemple d’Everton : c’est une équipe qui a l’habitude d’être dans le haut de tableau et ils savent comment gérer les matches. Nous, non. On n’est pas assez professionnels dans notre gestion de match. Le nul à Chelsea illustre bien ça. Pour l’instant, on n’est pas assez matures.

Au programme de WBA, c’est Newcastle, samedi, puis Manchester City qui arrivent…
Newcastle est une équipe qui équivaut à la nôtre et on a les mêmes ambitions. On la respecte parce que c’est une bonne équipe mais on va là-bas pour gagner. On a les joueurs pour. Manchester City c’est un autre contexte, ils font partie des meilleurs en Angleterre. La motivation vient d’elle-même. Et c’est à domicile, on aura les supporters derrière nous.

«Les dirigeants sont au courant de mes ambitions»

En Angleterre, votre association avec l’Argentin Claudio Yacob dans l’entrejeu est régulièrement citée comme étant l’une des plus convaincantes…
C’est un très bon partenaire, c’est clair. Après, j’ai dû changer ma position. Il occupe celle que j’avais avant, en sentinelle devant la défense pour ratisser les ballons. Cela me donne plus de liberté pour aller vers l’avant. On en a parlé avec le coach (Steve Clarke, Ndlr) et il pense que j’ai les atouts pour apporter offensivement. Ça me permet de progresser dans un autre registre même si c’est devant la défense que je me sens le mieux.

Vous êtes à WBA depuis 2009. Vous considérez-vous comme un élément majeur de l’équipe ?
On me le fait savoir. Et on me l’a montré en prolongeant mon contrat. Ça va faire cinq ans que je suis là, dans un club familial avec un bon esprit. J’ai eu l’occasion de discuter avec le directeur sportif et le coach. Ils sont au courant de mes ambitions pour le futur. Si j’ai l’opportunité d’aller dans un club plus huppé, je le ferai. Je leur dois beaucoup mais, aujourd’hui, je suis passé à un niveau pour aller ailleurs, jouer l’Europa League ou la Ligue des champions.

«Il y a eu des approches d'Arsenal»

Vous allez avoir 27 ans le 25 janvier 2014, c’est le moment pour vous de voir plus haut, plus grand ?
Au-delà de l’âge, c’est vraiment une question de niveau de jeu. Oui, je pense que c’est le bon moment. J’ai progressé dans mon jeu, dans ma gestion de match, mentalement, physiquement, tactiquement et je suis prêt pour aller dans un club du top Four (sic). Ils (les dirigeants) en sont aussi conscients. Ils me demandent juste de me concentrer pour bien finir avec West Brom’.

L'éventualité d’un départ cet hiver est donc possible…
Oui. Il y a eu certaines touches, des clubs se sont renseignés auprès de West Brom’.

Arsenal en fait partie ?
Il y a eu des approches. Mais je ne m’attarde pas sur ça. Je laisse le club et mon agent gérer. La seule réponse que je peux donner est sur le terrain. Et si je le fais bien, il y aura plus de convoitises pour moi.

La Premier League est votre priorité ?
L’Angleterre est ma destination première. Je me sens bien ici, il n’y a plus la barrière de la langue. Après, s’il y a des possibilités avec d’autres clubs de Champions League…

«Le PSG a le niveau pour remporter la Ligue des champions»

Vous avez été formé au Paris Saint-Germain. Quel regard portez-vous sur le PSG d'aujourd'hui ?
Je suis super content. Quand j’étais à Paris, on rêvait d’aller en Ligue des champions, d’avoir les meilleurs joueurs. En plus, il pratique un beau football et ça plaît. Quand je discute avec des Anglais, ils me parlent du PSG. C’est gratifiant. Quand je suis arrivé ici, ils ne connaissaient pas le PSG, ils ne savaient pas qui était le coach, qui était l’attaquant. Avec Cavani, Zlatan, Thiago Silva, ils ont une des meilleures équipes du monde et ils ont le niveau pour remporter la Ligue des champions. Et ce serait bien pour la France parce qu’au niveau européen on reste à la traîne.

Là-bas, vous avez connu Mamadou Sakho. Que vous inspire ce qu’il a vécu récemment ?
C’était la génération en-dessous et, comme il était souvent surclassé, je l’ai côtoyé pendant plusieurs années. Quand je regarde un match comme France-Ukraine (3-0), je me dis que le foot est magique. Quand même il vient de loin. On caricature souvent les footballeurs de façon négative mais ça c’est un bon exemple pour la jeunesse qui vient de derrière. Ça leur montre qu’il ne faut pas lâcher.

La liste des 25 joueurs nommés au titre de joueur africain de l’année 2013 est tombée mi-novembre et vous n’en faites pas partie. Pensez-vous que vous aviez votre place dans cette sélection ?
Au vu de certains joueurs cités, j’aurais pu avoir ma place. Je ne sais pas sur quels critères se base cette sélection mais je ne veux pas faire de polémique. Je sais juste que je joue chaque week-end dans le meilleur championnat du monde contre les meilleurs joueurs du monde. Je pense que je performe assez bien pour faire partie de cette liste. J’ai été un peu choqué. Je ne regarde pas souvent mais cette année j’ai jeté un coup d’œil pour savoir si j’allais être récompensé. Il faut passer au-dessus et répondre sur le terrain pour montrer qu’ils ont eu tort. Et on verra la prochaine édition.

Qui est le meilleur joueur africain ? Vous voyez Yaya Touré réaliser le triplé ?
Oui, personne ne peut rivaliser avec Yaya Touré aujourd’hui.»

Thomas SIMON