(L-R) Mustapha Yatabare of Demir Grup Sivasspor, Enzo Roco of Besiktas JK during the Turkish Spor Toto Super Lig match between Besiktas AS and Demir Grup Sivasspor at the Vodafone Park on January 19, 2020 in Istanbul, Turkey *** Local Caption *** (Gerrit van Keulen/ANP SPORT/PR/PRESSE SPORTS)
TUR - Sivasspor

Mustapha Yatabaré : «Sivasspor, ça me fait penser à Guingamp»

Voilà quatre ans que Mustapha Yatabaré (34 ans) a quitté la Ligue 1 pour la Turquie. Cette saison, son équipe de Sivasspor, quatrième, est l'une des surprises du Championnat. Avec un Yatabaré auteur de 11 buts. Il savoure.

«Vous savez que les amoureux de foot vous remercient de jouer ce week-end...
Oui, j'ai vu ça ! Mais je ne pense pas que ça va durer...

Justement, comment ça se passe en Turquie par rapport au coronavirus ?
Pour l'instant, il n'y a pas de problème. On verra avec le temps ce qu'il va se passer, s'ils vont changer d'avis. L'épidémie est "calme" pour le moment. Il n'y a pas trop de cas. Il n'y a que cinq personnes en quarantaine apparemment.

Sur le terrain, Sivasspor est l'une des surprises de la saison avec cette quatrième place. Quels ont été les ingrédients d'une telle réussite ?
Honnêtement, on a un très bon groupe et un bon coach (NDLR : Riza Calimbay) qui connaît très bien le Championnat. Au départ, on ne pensait pas du tout faire une aussi belle saison. En cours d'année, les objectifs changent. Là, on est plutôt contents et on essaie de rester dans cette bonne dynamique. Dans notre équipe, on n'a pas de stars. On reste une bonne équipe qui se bat bien, qui fait les efforts tous ensemble. Du coup, tout le monde se met à la disposition de l'équipe, et c'est pour ça que ça marche bien. Sivasspor, c'est un club qui me fait penser à Guingamp, un club familial. Pour la Turquie, ça reste une petite ville (NDLR : Environ 300 000 habitants), plutôt agréable. Bon, après, il fait très, très froid.

Le titre, est-ce vraiment possible ?
On peut prendre conscience que si on fait mieux que la première partie de saison, on aura toujours nos chances. On a rencontré toutes les grosses équipes. Les équipes devant nous vont presque toutes se rencontrer, elles vont perdre des points et, pour nous, ce sera l'occasion d'en gratter. Cette saison, c'est vraiment serré ! Nous, on n'était pas attendus, ensuite, il y a un peu plus de concurrence et Galatasaray (NDLR : champion en titre) a pris beaucoup de retard en première partie de saison mais a réussi à revenir plus fort.

Championnat de Turquie : le classement

«Pourquoi pas finir ma carrière en Turquie»

S'il y avait un ou deux joueurs à suivre absolument dans votre équipe, ce seraient lesquels ?
Deux jeunes joueurs turcs m'impressionnent : Emre Kilinc et Mert Hakan Yandas (NDLR : respectivement sept et six buts en Championnat ; 25 ans tous les deux). Maintenant, le Championnat turc est beaucoup plus regardé qu'avant et je pense qu'ils auront des opportunités d'aller dans de meilleurs clubs. Dans le Championnat, il y a un joueur qui m'a impressionné : l'attaquant de Trabzonspor, Alexander Sorloth, le meilleur buteur. Physiquement, il est costaud, il va vite ; techniquement, il est bon. Je pense qu'on va en attendre parler dans le futur.

Personnellement, vous en êtes à 11 buts en 24 matches. Comment jugez-vous votre saison ?
Avec le début de saison que j'ai fait, j'aurais pu mieux faire. Mais c'est plutôt bien. On ne va pas abuser.

Prêt à aller chercher votre record de but sur une saison de Championnat (22 avec Guingamp, en Ligue 2, en 2012-13) ?
Ça va être difficile quand même. Mais pourquoi pas ! Il faut avoir des ambitions.

Ça fait quatre ans que vous êtes en Turquie désormais.
La Turquie, ça me plaît bien. Je m'y sens bien, ma famille aussi. Je me suis adapté assez rapidement. Franchement, pourquoi pas finir ma carrière ici.

La France vous manque ?
Bien sûr ! La famille me manque. Le Championnat aussi, même si je suis passé à autre chose. Donc oui, tout me manque en France ! Je rentre très souvent.
«J'ai gagné beaucoup plus d'argent ici qu'en France.»
Avez-vous le regret de ne pas avoir pu jouer davantage en Ligue 1 ?
En tout, j'ai fait deux ans et demi (NDLR : 80 matches avec Boulogne-sur-Mer, Guingamp et Montpellier, pour 17 buts). C'est vrai que ce n'est pas énorme. Honnêtement, j'ai fait ce que j'avais à faire. Je prenais de l'âge. J'avais aussi d'autres objectifs. Financièrement, j'ai eu un meilleur contrat, ça fait aussi réfléchir. Découvrir un autre Championnat était aussi un objectif. Je me suis dit que c'était le moment de tenter.

Au fur et à mesure d'une carrière comme la vôtre, à quel point le côté financier prend de l'importance dans une décision ?
J'ai un peu percé sur le tard. C'est un peu plus délicat. J'avais beaucoup de choses à tenir en compte, pour moi, ma famille, mes futurs projets. J'y pensais un peu, sans que ce soit un objectif principal car je n'ai pas peur d'aller travailler s'il faut ou quoi que ce soit. Je me suis dit : "Dès que j'ai l'opportunité, je n'hésiterai pas." La Turquie s'est présentée. On n'est pas imposables. On a un salaire net. J'ai gagné beaucoup plus d'argent ici qu'en France.

Vous parliez de projets futurs : quels sont-ils ?
Maintenant que je suis dans le foot, j'aimerais y rester le plus longtemps possible et pourquoi pas envisager d'être entraîneur ou autre.
Timothé Crépin
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