Jérôme Valcke, l'ex-numéro 2 de la FIFA. (andy mueller/FRESHFOCUS/Presse Sports)
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Nasser al-Khelaïfi et Jérôme Valcke à l'heure du jugement dans une affaire du « FIFAgate »

Le Tribunal pénal fédéral de Bellinzone va rendre son jugement ce vendredi après-midi, à la suite du procès suisse de Nasser al-Khelaïfi et Jérôme Valcke. Les deux hommes risquent la prison, dans une affaire liée au « FIFAgate ».

Le prononcé du jugement est programmé ce vendredi à 13h30, dans la salle d'audience du Tribunal pénal fédéral (TPF) de Bellinzone. Cinq semaines après la fin de leur procès en Suisse, les prévenus Nasser al-Khelaïfi et Jérôme Valcke vont être fixés sur leur sort judiciaire, en début d'après-midi, par la Cour des affaires pénales du TPF.
Lors du procès, lié au tentaculaire scandale du « FIFAgate » et à l'attribution de droits médias, le Ministère public de la Confédération helvétique (MPC, parquet) avait requis une « peine privative de libert? de vingt-huit mois contre Al-Khelaïfi, patron de beIN Media Group et du PSG, et trois ans contre Valcke, ex-numéro 2 de la FIFA, avec sursis partiel dans les deux cas.

Deris, le troisième prévenu de l'affaire

Le troisième prévenu, l'homme d'affaires Konstantinos Nteris, dit Dinos Deris, n'avait pas assisté (pour raisons médicales) aux débats en Suisse, où il a été jugé par défaut le mois dernier. Une peine de trente mois de prison, toujours avec du sursis partiel, a été requise contre le patron grec de la société TAF Sports Marketing (63 ans), accusé de « corruption active répétée ».
Il s'agit du deuxième volet de ce dossier, dans lequel figure également Jérôme Valcke, poursuivi pour « faux dans les titres répétés » et « corruption passive répétée ». Dans ce cas distinct, toujours en lien avec les droits télé, l'ancien bras droit de Sepp Blatter était jugé pour avoir touché 1,25 M€, en trois versements, de la part de Nteris, selon l'accusation.

Al-Khelaïfi accusé d'«instigation à gestion déloyale aggravée»

Le premier volet concerne NAK (46 ans) et Valcke (60 ans), respectivement poursuivis pour « instigation à gestion déloyale aggravée » et « gestion déloyale aggravée répétée ». Il est relatif à l'octroi de droits médias des Coupes du monde 2026 et 2030, pour la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord (dite MENA). Les deux hommes nient tout « pacte corruptif » dans cette affaire.
Le parquet suisse reproche notamment à Jérôme Valcke d'avoir favorisé la cession à beIN de ces droits, qui s'élèvent à 480 millions de dollars (410 M€ actuels), en échange de l'« usage exclusif » d'une luxueuse villa située à Porto Cervo, en Sardaigne. Un achat de 5 M€ finalisé le 31 décembre 2013 par le dirigeant qatarien, selon l'accusation, via une société dont il a transféré presque aussitôt les parts au frère de l'un de ses proches collaborateurs, son « ami » juriste Abdelkader Bessedik, au bénéfice de l'ex-secrétaire général de la FIFA.

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Dans cette affaire, le MPC ne pouvait cependant plus accuser NAK et Valcke de « corruption », en raison d'un accord à l'amiable et financier conclu fin janvier, juste avant la mise en accusation, entre Al-Khelaïfi et la FIFA. Un deal au cours duquel l'instance mondiale a retiré sa plainte pénale contre le riche et puissant président de beIN Media.
Ce dernier n'assistera pas, aujourd'hui, à la notification orale du jugement : il a été dispensé de comparution par la Cour des affaires pénales du TPF, mercredi, à sa demande, en raison du contexte sanitaire et « de l'obligation de la quarantaine imposée par le Qatar à tout voyageur revenant de Suisse », nous a précisé le TPF. En revanche, ses trois avocats, qui l'assistaient durant son procès et ont plaidé la relaxe, seront présents à Bellinzone.

Possibilité de faire appel

De leur côté, Jérôme Valcke et sa défense devraient également se rendre au tribunal tessinois, tout comme l'avocat de Konstantinos Nteris. Le parquet suisse, qui soutient l'accusation, « prévoit » également « d'être représent?, nous a-t-il indiqué.
La possibilité de faire appel, suite à la notification du jugement, est offerte à toutes les parties de la procédure, y compris au MPC, devant la Cour d'appel du TPF. Cet appel doit être annoncé par écrit ou oralement à la Cour des affaires pénales dans un délai de dix jours à compter de la communication du jugement.
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