(L'Equipe)
Angleterre - Brighton

Neal Maupay (Brighton) : «La France ne connaît pas bien le foot anglais...»

Acheté 20 millions d'euros par Brighton à Brentford, Neal Maupay va découvrir les joies de la Premier League. Pour FF, il se confie sur le football anglais et toutes ses ambitions. (Crédit photo : Brighton)

«Dix ou quinze minutes, pas plus.» En marge de notre entretien, l'attaché de presse de Brighton a préféré nous prévenir. En Angleterre, les médias s'arrachent la dernière folie du mercato des Seagulls : Neal Maupay, vingt millions d'euros. Bienvenue en Premier League. Son excitation perpetuelle, sa pression, son jeu, ses attentes... Mais malgré tout, l'attaquant français, passé par Nice et Saint-Étienne avant de flamber outre-Manche, a pris le temps de répondre à nos interrogations. Et de revenir, avec franchise, sur son parcours.

«Neal, après votre transfert à Brighton dans les ultimes jours du mercato, on vous imagine extrêmement impatient de découvrir la Premier League...
Bien sûr, ça fait rêver. La Premier League, selon moi, est le meilleur Championnat au monde. Donc évidemment, je suis très impatient de commencer les matches. Je ne sais pas encore si ça sera pour ce week-end car je ne suis arrivé que mardi. À voir ce que va décider le coach mais moi, je me sens prêt physiquement.

Quand on est contacté par plusieurs formations de Premier League (Aston Villa, Sheffield United), pourquoi choisir Brighton ?
Parce que c'est un club qui, à mon avis, peut me correspondre. Récemment, il y a eu un changement de manager, et le nouveau (Graham Potter, ndlr) a une vision du football qui est un peu la mienne, dans laquelle je me reconnais. C'est un manager qui, avant tout, veut jouer au foot. Le club se donne les moyens de progresser, et j'ai envie de progresser avec lui.

Le lieu de vie entre aussi en ligne de compte ?
Brighton, c'est une très belle ville. Après ce n'était pas non plus un critère déterminant. Vous savez, quand vous avez l'opportunité de jouer en Premier League, même si la ville est un peu moins bien, vous signez quand même (rires).
On sait que les sommes sont souvent astronomiques en Angleterre, mais tout de même, ça doit forcément penser sur les épaules...
Sincèrement non, ça ne m'intéresse pas et je ne vais pas passer mon temps là-dessus. Bien sûr, je connais les prix, mais ça reste une affaire entre clubs. Ce sont les prix du marché, moi je me concentre uniquement sur ce que j'ai à faire sur le terrain. Le reste n'est pas de mon ressort.

Qui dit Premier League dit également concurrence rude devant (Andone, Locadia...).
Dans le meilleur Championnat au monde, toutes les teams se doivent d'être armées pour pouvoir y rester. C'est normal d'avoir de la concurrence. J'ai bien conscience que ça va être difficile et que je vais devoir travailler très dur pour me faire une place dans l'équipe. Mais je sais que le club a confiance en moi, ce qui est très important.
À Brentford la saison dernière, le Frenchie a marqué 25 buts en 43 matches. (L'Equipe)
À Brentford la saison dernière, le Frenchie a marqué 25 buts en 43 matches. (L'Equipe)
Vous n'avez que 22 ans, mais c'est un regret de ne pas vous être imposé en Ligue 1 ?
Non, pas du tout. En France, tout n'était pas réuni pour que je sois performant. Je ne pense pas que les clubs dans lesquels j'étais avaient la patience de faire grandir les jeunes joueurs. C'est d'ailleurs pour ça que je suis allé à Brentford. Donc si j'arrive à m'imposer en Premier League alors que je ne me suis pas imposé en Ligue 1, ce ne sera pas un problème. J'en serais même fier.

Pourtant, le Championship et la Ligue 1 se ressemblent, sur l'importance du défi physique notamment...
Oui, justement, c'est en grosse partie dû au fait que je me suis étoffé physiquement. En Championship, il y a vingt-quatre équipes, donc quarante-six matchs de Championnat. Vous jouez quasiment tous les trois jours, il n'y a pas de trêve à Noël... Au niveau physique et mental, c'est une charge énorme. J'ai beaucoup travaillé là-dessus, et avoir été performant me donne de la confiance pour la suite de ma carrière.
Qu'est-ce-que vous répondez aux supporters qui critiquent ce choix de partir jeune en Angleterre ?
Les critiques, moi, je les comprends, car les gens en France ne connaissent pas bien le football anglais. Enfin, ils connaissent la Premier League, les gros clubs, mais ils ne savent pas comment le reste marche. Je peux vous dire que les clubs de Championship sont beaucoup plus professionnels que la plupart des clubs de Ligue 1, que ce soit au niveau des installations ou du rythme de travail. Comme les gens ne connaissent pas, je comprends qu'ils critiquent et qu'ils se disent que les jeunes joueurs vont s'y perdre.

D'autant qu'en terme de ferveur...
Je peux vous assurer que quand vous êtes ici et que vous vous imposez, c'est énorme pour une carrière. Les Anglais adorent quand les jeunes arrivent à faire leurs preuves. Et oui, il y a aussi l'aspect des fans. En Championship, tous les stades sont pleins alors que sans blâmer les supporters en France, certains stades de Ligue 2 font trois mille personnes au maximum. Vous mettez un match de Championship un mardi, en même temps qu'un match de Ligue des champions, la tribune extérieure est pleine.
«L'année dernière j'ai marqué trente buts et je n'ai pas été sélectionné en Espoirs...»
À Brentford il y a trois anciens de Ligue 1 (Julian Jeanvier, Saïd Benrahma et maintenant Bryan Mbeumo). C'est un club qui sait faire grandir les jeunes ?
En fait, c'est un club qui n'a pas ou qui ne veut pas se donner les moyens d'acheter des gros joueurs. Donc les dirigeants misent sur des jeunes à fort potentiel, en essayant de les développer. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi d'aller là-bas, je savais qu'ils allaient me faire jouer. Et puis quand un joueur réussit, forcément, ça en amène d'autres. Saïd Benrahma marche aussi très bien là-bas, maintenant il y a Julian Jeanvier... Au final, les joueurs commencent à réaliser que ça peut être un tremplin quand on est un peu bloqué en France.

Dorénavant, qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter pour la saison à venir ?
Collectivement, je viens d'arriver donc je ne sais pas encore ce que le coach a dit à l'équipe. Forcément, on va essayer de se maintenir le plus rapidement possible, et pour la suite on verra. Personnellement, je vais essayer de progresser, d'amener mes qualités et de marquer des buts.

L'Equipe de France reste dans un coin de la tête ?
Je ne me suis pas vraiment posé la question. L'année dernière j'ai marqué trente buts et je n'ai pas été sélectionné en Espoirs... Je ne sais pas du tout où j'en suis avec l'Equipe de France. Mais n'importe quel joueur qui est performant sur le long terme en Premier League aura une chance, ça c'est sûr.»

Corentin Rolland

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