maupay (neal) (V.Michel/L'Equipe)
Angleterre - Championship

Neal Maupay, nouveau joueur de Brentford : «J'ai encore tout à prouver»

Cinq ans (déjà) après ses débuts en pros à 16 ans et un mois, et suite à son prêt en Ligue 2 à Brest la saison dernière (11 buts), Neal Maupay a décidé de quitter la France pour s'engager à Brentford, en D2 anglaise. Pour FF, l'ancien de Nice et de Saint-Étienne revient sur ce choix.

«Neal, après votre bonne saison en prêt à Brest, vous avez décidé de partir pour Brentford, en Championship. Expliquez-nous ce choix...
J'ai eu quelques contacts avec des clubs anglais et français. Mais j'ai eu le staff et les dirigeants de Brentford au téléphone. Ils me connaissaient parfaitement. Je me suis senti désiré. Quand j'ai vu qu'ils maîtrisaient tout mon parcours, mon jeu et ma saison à Brest, je me suis dit qu'ils me voulaient vraiment. Je suis super content de signer là-bas, je suis excité de découvrir ce nouveau Championnat et ce nouveau pays que je ne connais pas du tout. J'ai vraiment hâte.

Qui étaient intéressés par vos services en France ?
Des clubs de Ligue 1 et de Ligue 2.

Neal Maupay : «Je vais pouvoir m'éclater sur le terrain»

Comment justifiez-vous le fait d'être parti en Championship alors que des clubs de Ligue 1 étaient sur le coup ?
Tout simplement l'envie de jouer. Je sors d'une saison pleine à Brest où j'ai disputé 30 matches (NDLR : 28 exactement en Championnat). J'ai voulu continuer sur cette lancée, être sur le terrain pour m'épanouir. Je n'avais pas envie de partir dans un projet où mon temps de jeu ne serait pas garanti... même si, bien sûr, on ne peut jamais le garantir. Je voulais jouer. J'aurais pu rester en France dans un rôle de deuxième ou troisième attaquant. J'ai donc préféré aller dans un club peut-être moins huppé, plus petit, mais où je vais pouvoir m'éclater sur le terrain.

Saint-Étienne, à qui vous apparteniez, ne comptez pas du tout sur vous ?
J'ai eu une discussion avec le coach (NDLR : Oscar Garcia). Il comptait sur moi... Enfin, il m'a expliqué que, dans la hiérarchie, je ne figurais pas dans ses premiers choix, mais qu'il voulait que je reste de part mon jeune âge et mon profil qu'il appréciait. Il souhaitait me développer.

Mais cela ne vous a visiblement pas convaincu...
J'avais vraiment envie de jouer. Je ne voulais pas repartir dans une saison où je pouvais être remplaçant voire pas dans le groupe. Je lui ai expliqué ça, il a compris et m'a dit qu'il aurait fait exactement pareil à mon âge. Si j'avais eu 26 ou 27 ans, j'aurais peut-être davantage réfléchi à rester, mais là, j'ai encore tout à prouver. J'ai une énorme marge de progression, et ça passe par du temps de jeu, et par l'enchaînement des matches.
Neal Maupay a démarré sa carrière chez les pros en 2012, à 16 ans. (FEVRE/L'Equipe)
Neal Maupay a démarré sa carrière chez les pros en 2012, à 16 ans. (FEVRE/L'Equipe)

«Ne me mettez pas la pression»

On a l'impression qu'on vous voit sur les terrains depuis tant d'années, alors que vous n'avez finalement que 20 ans. Comment jugez-vous ce début de carrière ? Rappelons que vous avez débuté très jeune, à 16 ans...
Si j'ai joué à cet âge, c'est qu'il y avait besoin de moi dans cette équipe (à Nice), et que j'avais été tout de suite performant. Peu importe l'âge. Ça ne m'a pas du tout pénalisé. C'est vrai que les gens, lorsqu'ils parlent de moi, ont l'impression que j'ai 25 ans alors que je n'ai même encore fêté mes 21 ans (NDLR : il les aura le 14 août prochain). Quand un joueur débute tôt, les observateurs sont souvent pressés de le voir exploser. La saison dernière, à Brest, quand je discutais avec le coach, Jean-Marc Furlan, on se disait que les tops attaquants mondiaux arrivent à maturité à 25 ou 26 ans. Je n'écoute pas trop ce qu'il se dit, je suis uniquement concentré sur ma progression. Je sais qu'il y a beaucoup d'attentes lorsqu'on commence tôt, mais je ne me prends pas trop la tête avec ça. Je sais que j'ai des qualités, que je peux encore énormément progresser.

Donc le message, c'est : "Laissez moi jouer"...
Oui, bien sûr, ne me mettez pas la pression. Laissez le temps aux joueurs de progresser ! Chacun son rythme, et tôt ou tard ça viendra.

«Le Championship est un niveau au-dessus de la Ligue 2 française»

Revenons au Championship : c'est une destination à la mode ces derniers temps pour les joueurs évoluant en France. On pense à Braithwaite et N'Doye cet été. Au-delà du fait que Brentford vous courtisiez ardemment, y a-t-il un autre critère qui vous a décidé ?
Je me suis renseigné sur ce Championnat. Avec 24 équipes, il y a donc 46 matches dans la saison ! C'est énorme. Il y a du temps de jeu à prendre et de l'expérience à emmagasiner.  Plus il y a de match et plus je suis content. Ensuite, à ce qu'on m'a rapporté, le Championship est un niveau au-dessus de la Ligue 2 française. Entre la L2, qui est un peu inférieure, et être remplaçant en L1 en France, j'ai choisi.

C'est un bon juste milieu...
Voilà. Je vais essayer de grimper les échelons...

Et la langue anglaise, vous maîtrisez ?
Oui ça va. J'ai suivi mon cursus scolaire jusqu'au bac, et je m'en sortais plutôt pas mal en anglais. Ensuite, j'avais pris des cours particulier d'anglais parce que j'aimais bien cette langue. À chaque fois que je partais en vacances, j'en avais marre de ne pas trouver les mots lorsque je voulais demander quelque chose. Donc je pense que je vais m'en sortir pas trop mal. Et en plus je vais avoir la chance de vivre à Londres. C'est top.»
Timothé Crépin 
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rorose 16 juil. à 19:40

Un bon salaire et surtout la possibilité de 's'éclater sans être souvent prisonnier de consignes des entraîneurs français. Pour la moindre petite erreur lors d'un match vous êtes critiqués à longueur de journée e France.