(P.Lahalle/L'Equipe)
Ligue 1 - 10e journée

Neymar, OM-PSG, Depay-Mariano, les prêtés du LOSC, Malcom, Toulouse, Thomas Lemar dans le débrief de la 10e journée de Ligue 1

Il y a eu 24 buts marqués, 41 cartons jaunes et 5 rouges distribués, et 218 380 spectateurs recensés. Mais pas que. FF livre ses héros et ses zéros de la 10e journée de Ligue 1.

On a pensé que l'expulsion de Neymar avait fait du bien au PSG

C'est sûrement la seule fois que l'on affirmera cette saison que la sortie de Neymar a fait du bien à son équipe. Si amorphe et timide face à des Marseillais agressifs, le PSG s'est rebellé dans les dernières secondes après l'expulsion de son Brésilien et son accrochage avec Ocampos. C'en est même à se demander si Paris, si décevant dans l'engagement, aurait réussi à égaliser sans ce fait de jeu. Et on n'a d'ailleurs pas envie d'imaginer la scène du "qui tire le coup franc ?" de la 92e minute entre Cavani et Neymar si ce dernier avait toujours été sur le terrain à ce moment là...

Sans l'expulsion de Neymar, Paris n'aurait pas ramené un point

On a compris que le mot «Classique» avait toujours du sens

Affiche déséquilibrée, vous avez dit ? Ce «Classique» a rappelé qu'il méritait bien son appellation. Le terme n'a rien perdu de son sens, tant les Marseillais, agressifs et solidaires, ont su se transcender pour livrer une belle copie. Le Vélodrome aux allures volcaniques a été à la hauteur de l'affiche, même si la passion suscitée par le rendez-vous a basculé, parfois, en une forme de haine, en témoignent les jets de projectiles à l'encontre de Neymar, qui ternissent l'image du match. Passionnée et disputée : voilà ce qui définit un Classique. Et cet OM-PSG en a bien été un. Les arrivées de Neymar et de Mbappé face au Champions project vont-ils raviver ce match sur la durée ?

Ce Classique a été à la hauteur de l'événement

On s'est rappelé aux bons souvenirs de Neymar et Cavani lors de Troyes - Lyon

69e minute de ce Troyes-Lyon déjà déséquilibré (0-3). Memphis Depay provoque un penalty après avoir vu son tir sorti de la main par Hérelle. Déjà auteur d'un doublé, le Néerlandais veut voir triple pour la première fois depuis son arrivée chez les Gones. Sauf que Mariano, qui a toujours tant soif de but, postule également pour transformer l'offrande. Depay pique même le cuir des bras du Dominicain. Marçal et Ndombele viennent calmer les esprits et Mariano, frustré, s'incline, faisant de grands gestes. Pour la petite histoire, sur beIN Sports, le banc lyonnais a expliqué que Depay était préposé au penalty ce dimanche. On peut le croire... ou pas. S'en est suivi un autre geste d'humeur, cette fois l'oeuvre de Maolida, frustré de ne pas voir Mariano, très individualiste, c'est vrai, ne pas lui donner le ballon pour le 0-5. Cette petite bataille d'ego nous a évidemment rappelé le premier épisode de la saison entre Cavani et Neymar lors d'un certain PSG-...Lyon. À Bruno Genesio et son staff de désormais canaliser toute cette énergie.

Bruno Genesio a les capacités pour gérer les ego lyonnais

On s'est demandé si les meilleurs joueurs du LOSC n'étaient pas prêtés

Avouons-le : Naïm Sliti, Xeka et Martin Terrier réalisent tous de bons débuts de saison avec leur club respectif, Dijon pour les deux premiers, Strasbourg pour le troisième. Mais saurez-vous trouver l'autre point commun qui les lie ? Tous sont prêtés par le LOSC. Et on se demande bien pourquoi, lorsqu'on voit les difficultés offensives actuelles des Dogues. La situation est cocasse : alors que Lille restait muet face à Rennes ce week-end (1-0), Naïm Sliti, indésirable aux yeux de Marcelo Bielsa, inscrivait son deuxième but de la saison avec Dijon. Quelques minutes plus tôt, les Bourguignons avaient ouvert le score grâce à Cédric Varrault sur une passe de... Xeka. Cerise sur le gâteau : le lendemain, Martin Terrier délivrait la passe décisive qui aidait Da Costa à s'offrir un doublé face à Nice et permettait à Strasbourg de l'emporter (1-2). Pour ceux qui ne s'interrogeaient pas déjà sur les choix étranges de la direction du LOSC lors du dernier mercato, voilà de quoi méditer...

Avec Sliti, Xeka et Terrier dans ses rangs, le LOSC ne se trouverait pas dans les tréfonds du classement

On n'a pas voulu imaginer ce que ferait Bordeaux sans Malcom

Défaits samedi face à une équipe d'Amiens courageuse, Bordeaux n'a jamais été dans le coup. Et le constat suivant peut s'imposer : oui, les Girondins sont sûrement trop dépendants de leur pépite brésilienne, Malcom. Rentré en jeu dans le dernier quart d'heure, il avait été laissé sur le banc par précaution - suite à une alerte au quadriceps pendant la semaine -. Un choix loin d'être payant, à la vue de la piètre prestation offensive proposée par le trio De Préville-Mendy-Cafu en attaque, et que l'entraîneur regrettait déjà après le match : «On doit être capable de battre un promu, même sans Malcom.» Si Bordeaux veut croire en ses ambitions, il a intérêt à voir son Brésilien sur le terrain le plus possible...

Il y a une Malcom dépendance à Bordeaux

On a proposé aux Toulousains de jouer au Loto

14 tirs à trois. Quatre tirs cadrés à un. 27 centres à 16. Les stats le montrent : Angers a dominé Toulouse au stade Raymond-Kopa samedi. Si on dit souvent, à raison, que les stats ne font pas tout, là, c'est clair, le SCO méritait largement les trois points. Plus d'impact, plus d'idées dans le jeu, notamment avec un bon Fulgini. Séduisant, un peu à l'image de ces dernières semaines. Seulement voilà, ce Toulouse-là avait sa bonne étoile. Bien aidé par la maladresse scoïste, notamment de Karl Toko Ekambi, le Téfécé peut vraiment s'estimer verni d'être reparti sur les bords de la Garonne avec les trois points. Que les protégés de Pascal Dupraz n'hésitent pas à aller gratter un ticket gagnant dans les alentours du Stadium en début de semaine...

La victoire toulousaine à Angers est un miracle

On a été rassuré par Thomas Lemar

Il nous avait vraiment inquiété. On commençait même à croire qu'il était en plein coup de mou. Et que les départs de tous ses potes de la saison dernière, à commencer par son compère de l'aile gauche, Benjamin Mendy, l'affectaient plus que prévu. Il y a bien sûr eu cette blessure, une élongation à la cuisse début septembre, qui l'a privé de dix jours de compétition. Remis, l'international français n'était plus vraiment le même depuis plusieurs semaines. Des prestations très moyennes, voire décevantes, que ce soit en équipe de France (face à la Biélorussie) et devant Porto, Montpellier, Lyon ou Besiktas avec Monaco. Heureusement, le match de Caen (2-0) lui a permis de briller de nouveau. Positionné davantage au cœur du jeu, le gaucher a été des meilleurs coups monégasques. Avec notamment une passe décisive pour Baldé. Est-il reparti pour nous régaler de nouveau sur la durée ? Monaco a en tout cas besoin de lui.

L'état de forme de Thomas Lemar ces dernières semaines était inquiétant

On a apprécié la sincérité de Hinschberger

«Il faut bien avouer que l'on ne gagne pas un match (...) On a perdu neuf matches sur dix. Ce n'est même plus une difficulté, c'est dangereux pour le club.» Réaliste, samedi, au micro de beIN Sports, Philippe Hinschberger savait pertinemment que lui serait enlevé la responsabilité de l'équipe messine. Mais on a apprécié cette lucidité. Qui peut contraster par exemple avec d'autres attitudes vues récemment en Ligue 1. Au lieu de critiquer la presse et ne pas reconnaître la difficulté de son équipe (suivez notre regard vers la Bretagne), Hinschberger a préféré l'honnêteté et Metz a dû se séparer de lui pour tenter un électrochoc pour la lanterne rouge de la Ligue 1.

Metz devait créer un électrochoc

On a vu les jeunes talents de la Ligue 1 faire trembler les filets

Il n'y a pas d'âge pour briller en Ligue 1, et les jeunes talents du Championnat l'ont rappelé lors de cette journée. Certains y sont allés de leur réalisation personnelle, à commencer par Isaac Mbenza. Du haut de ses 21 printemps, le jeune attaquant de Montpellier a inscrit face à Saint-Etienne un but de renard après un centre de l'autre pépite de la Paillade Nordi Mukiele (0-1). Mettant fin, au passage, à la disette du MHSC à Geoffroy-Guichard, où le club ne s'était plus imposé depuis 22 ans (Mbenza n'était donc pas né). 22 ans, c'est aussi l'âge de Keita Baldé, qui a inscrit son premier pion avec Monaco samedi contre Caen (2-0). Bien servi par Lemar, le feu follet sénégalais a mis le turbo dans son couloir gauche pour s'en aller battre Vercoutre. Peut-être le premier d'une longue série. Faire trembler les filets, c'est aussi dans les cordes de Benjamin Bourigeaud (23 ans). L'ancien Lensois est de la trempe des jeunes que la Ligue 1 n'inhibe pas. Et pour cause, le milieu offensif a planté face à Lille son quatrième but de la saison (1-0), servi sur un plateau par le prometteur Faitout Maouassa. Du côté du Téfécé, la victoire est venue d'Issa Diop, capitaine de 20 ans seulement, mais déjà taulier. Le champion d'Europe U19 de 2016 a inscrit son second but de la saison de la tête (0-1), égalisant ainsi son total de la saison passée.

La Ligue 1, le meilleur Championnat européen pour l'évolution de jeunes joueurs

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