(L'Equipe)
Les sept vies de Ludovic Obraniak

Obraniak : «Comment je suis arrivé en Israël»

Désormais en Israël, au Maccabi Haïfa, Ludovic Obraniak a accepté toute cette semaine de raconter sa carrière, que ce soit les bons comme les mauvais moments. Cinquième épisode : son été et les circonstances de sa signature à Haïfa. Il aurait notamment pu revenir en France.

«Les contacts avec Haïfa se sont faits par l'intermédiaire d'un agent qui travaille beaucoup avec Israël. Il a appelé mon représentant. On s'est mis en contact comme ça. Je n'ai pas fermé la porte, du coup, on a pu discuter. Jusque-là, je m'entraînais avec l'équipe des jeunes du Werder Brême et, à un moment donné, ça commençait à faire long, il fallait faire un choix. Comme tous les critères étaient réunis, j'ai décidé de signer ici pour deux ans plus une année en option.

«Certains clubs sont inaccessibles»

Le problème, c'est qu'il me restait un an de contrat avec Brême. Il y a eu différentes options pendant le mercato. J'ai eu la possibilité de revenir en France. Je ne peux pas vous en dire plus mais il y a eu quelques rumeurs dans la presse qui n'étaient pas forcément fausses (NDLR : FF vous avait annoncé des contacts avec le GFC Ajaccio). J'ai eu quelques coaches au téléphone, on a échangé, mais ça ne s'est pas concrétisé. J'aurais pu également aller en Angleterre, en Grèce, et même au Japon. Mais le mercato, chaque année, ça devient de plus en plus difficile. Les clubs sont touchés, ils regardent plus sérieusement leurs dépenses. Du coup, il y a beaucoup de joueurs sur le marché. Il y a certains clubs qui sont inaccessibles. Ce n'est pas une surprise si je vous dis aujourd'hui que ça marche par réseau. Si tu es avec un certain type d'agents, tu auras peut-être plus de chances de toucher certains types de clubs. Je ne sais pas si j'étais dans le bon réseau mais j'étais très content de venir ici en Israël et de partir de Brême. Car vu ce qui s'était passé pour moi là-bas, il était hors de question de laisser ma dernière année de contrat.
«Si j'avais voulu revenir en France, j'aurais dû diviser mon salaire par deux.»
L'intérêt était de trouver un challenge sportif intéressant tout en gardant les conditions que je pouvais avoir sur ma dernière année de contrat. C'est pour ça que cela a pris beaucoup de temps et que cela s'est décanté sur la fin. Dans toutes négociations, c'est lorsqu'on arrive près de la deadline que les choses bougent. J'aurais pu rentrer en Europe de l'ouest, mais j'aurais été obligé de faire une croix sur pas mal de choses. Effectivement, à 30 ans, je n'étais pas prêt à lâcher du lest sur la partie financière. Un retour en Europe aurait été préjudiciable à ce niveau, je ne m'en cache pas. Ici, le challenge sportif était intéressant, le financier également donc je m'y retrouvais. Si j'avais voulu revenir en France, j'aurais dû diviser mon salaire par deux.

«Le Maccabi Haïfa, un des plus populaires du pays»

Sportivement, je n'avais aucune connaissance du niveau de la Ligue israélienne. Disons que le Maccabi Haïfa et Tel Aviv sont les deux clubs qui jouent régulièrement la Coupe d'Europe, que ce soit la Ligue des champions ou la Ligue Europa. J'avais notamment eu l'occasion de jouer Haïfa lorsque j'étais aux Girondins de Bordeaux (NDLR : en phase de poules de la Ligue Europa en 2013/14). Comme le Maccabi Haïfa était un des clubs les plus populaires du pays, j'ai décidé de tenter l'aventure. Entre mon expérience en Turquie, à Rizespor (NDLR : où il évoluait en prêt la saison dernière), et Haïfa, c'est vrai que cela fait beaucoup de changements. Pendant les trois quarts de ma carrière, j'ai connu des passages stables et réguliers dans les clubs : j'ai fait toute ma formation à Metz, je suis resté six ans à Lille, deux à Bordeaux. Mais depuis que je suis arrivé à Brême, j'ai un peu manqué de stabilité. Là, le fait de pouvoir se baser sur un contrat de deux ans, ça fait du bien. J'ai beaucoup appris en Turquie et je suis sûr que ce sera la même chose ici. Je vois autre chose et, pour l'instant, ça me plaît plutôt bien.»
Timothé Crépin 
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