ntcham (olivier) (MICHEL VINCENT/L'Equipe)

Olivier Ntcham : «Paul Pogba est un exemple à suivre»

Au Genoa, où il est prêté par Manchester City, Olivier Ntcham vit un début d'année compliqué après des débuts encourageants. Mais le jeune milieu de terrain français (20 ans) espère bien continuer de marcher sur les traces d'un certain Paul Pogba.

«Olivier, vous êtes né en France et avez fréquenté toutes les sélections de jeunes mais, finalement, on vous connaît peu ici. Vous pouvez raconter votre parcours ?
Oui, j’ai grandi en région parisienne. Puis à dix ans, je suis parti deux ans à Montréal avec ma mère. Ensuite, nous sommes revenus et j’ai joué un an à la VGA Saint-Maur, puis au Paris FC avant de rejoindre le centre de formation du Havre. J’y suis resté deux ans et, en 2012, je suis parti à Manchester City qui, l’été dernier, m’a prêté deux ans avec option d’achat au Genoa.
 
Pourtant, plus jeune, vous n’étiez pas uniquement axé sur le foot.
Oui, avant, je faisais de la danse hip-hop. Puis, j’ai commencé le foot et, en même temps, je faisais un peu de boxe. C’était bien, j’aimais vraiment ça, surtout Mike Tyson. Dans le foot, mon inspiration c’est Zinédine Zidane. Même si je suis né en 2000, c’est lui. Quand t’es Français, t’es obligé. Il a marqué le football français. En 2006, quand je le voyais jouer, pour moi c’était des moments magiques.

Au Havre, vous avez marqué les esprits. Certains éducateurs disent que vous étiez plus fort que tous ceux que le HAC avait vu passer…
Disons que quand des gens venaient voir un match du Havre auquel je participais, ils avaient tendance à me remarquer davantage car je prenais plus de responsabilités, de risques, et peut-être que ça me faisait sortir du lot. Après, plus fort, je ne peux pas dire ça. Je peux seulement dire que je prenais beaucoup d’initiatives.
 
C’est aussi votre rôle et votre position sur le terrain qui veulent ça, non ? 
Oui, même si je suis capable de jouer plus bas au milieu, à la récupération, je préfère évoluer dans un registre offensif et, là, il faut se montrer décisif. Dans un 4-3-3, je me sens bien en relayeur. Mais sinon c’est le poste de meneur de jeu, de numéro 10, qui, je pense, me convient le mieux. En tout cas, c’est là où je prends le plus de plaisir.
 
Donc vous venez de la région parisienne, vous êtes passé par le centre de formation du Havre avant de partir à Manchester pour ensuite évoluer en Serie A. Ce parcours vous fait-il penser à quelqu’un ?
(Rire) Paul Pogba. J’ai fait sa connaissance lorsque nous avons joué la Juventus à Gênes (2-0 pour les Turinois, 4e journée, Ndlr). Parce qu’avant, on n’avait jamais eu l’occasion de se croiser. Il m’a dit qu’on lui avait souvent parlé de moi par rapport à mon parcours. Il m’a aussi dit de continuer comme ça, de ne rien lâcher. Pour moi, c’est un exemple à suivre. Chacun suit sa trajectoire et j’espère faire mieux que lui.

«Chacun suit sa trajectoire et j'espère faire mieux que Pogba»

C’est un peu plus délicat pour vous en ce début d’année. Comment l’expliquez-vous ?
L’entraîneur attendait certaines prestations, certaines choses de moi et je n’ai pas été capable de répondre à ses attentes. J’étais moins bon donc je joue moins. Je ne suis pas tout seul, il y a une équipe, un groupe de vingt-trois joueurs et quand il y en a un qui a un coup de mou et qu’un autre est en forme, c’est celui qui est au top qui joue. C’est ma première année en pro, je suis à l’écoute, j’accepte, j’apprends le métier. Je n’ai pas le temps de me prendre la tête quand je ne joue pas, à me demander pourquoi ci, pourquoi ça… C’est beaucoup d’énergie perdue.
 
Quel regard portez-vous sur vos choix ?
Je n’ai aucun remord et je ne regrette aucun de mes choix. C’est pour ça qu’aujourd’hui je suis en Serie A. Dans un coin de ma tête, je garde l’espoir de revenir plus fort à City pour y jouer. Mais ensuite il ne faut pas se mentir, ni se voiler la face, et voir les choses telles qu’elles sont : City, c’est compliqué. Il faut être ambitieux, ne pas avoir de limites, mais ça semble difficile. Et, pour l’instant, ce n’est ma préoccupation. Je suis concentré sur ce que j’ai à faire avec le Genoa. Je me sens super bien ici.»
 
Thomas Simon

«Au début, tout était beau, tout était rose»

Pourquoi ce choix d’avoir rejoint le Genoa l’été dernier ?
C’était une belle opportunité pour moi. Avant de me décider, je me suis renseigné sur l’équipe, l’entraîneur, le jeu pratiqué et ça m’a convaincu. Et puis le football italien me tentait bien. Ce prêt de deux ans marque mon entrée dans le football professionnel. À City, c’est difficile pour les jeunes et je voulais vraiment connaître le monde pro, le découvrir, m’y confronter.
 
Vous avez effectué un bon début de saison. Vous aviez la confiance de Gian Piero Gasperini…
Le coach m’a rapidement donné l’opportunité de jouer. Les débuts étaient magnifiques. Tout était beau, tout était rose. J’étais vraiment content. J’apprends.

«Il ne faut pas se mentir : Manchester City, c'est compliqué»