deschamps (didier) (A. Reau/L'Equipe)
Bleus

On a aimé... ou pas : le bilan de la saison de l'équipe de France

L'équipe de France a refermé sa saison 2018-2019 de fort belle manière en allant s'imposer 4-0 en Andorre. Une saison qu'elle a débutée encore ivre de sa victoire en Coupe du monde, et qu'elle termine, comme toujours, un peu bousculée. On vous résume ce qui nous a plu, ou moins.

On a aimé

Prolonger le bel été russe
Un peu moins d'un mois après leur sacre sur la pelouse du Loujniki de Moscou, les Bleus étaient de retour au Stade de France, dans leur jardin, devant leur public. L'occasion de célébrer ce titre en famille. La victoire solide des Bleus face aux Pays-Bas (2-1) a été suivie d'une longue célébration des champions du monde qui est venue prolonger l'ivresse de la victoire en Coupe du monde : présentation de la Coupe et des champions, tour d'honneur au son de «Ramenez la coupe à la maison» de Vegedream et N'Golo Kanté... la longue communion des Bleus avec leurs supporters était la clôture parfaite de l'été avant le retour aux affaires du quotidien.

Les célébrations au Stade France ont constitué le meilleur souvenir des Bleus depuis la victoire en Coupe du monde

Retrouver Olivier Giroud
Muet pendant tout le Mondial, ce qui lui a valu son lot de critiques, Olivier Giroud a de nouveau fait trembler les filets cette saison. Avec quatre buts en dix matches disputés, il est le meilleur buteur français de la saison derrière Antoine Griezmann et Kylian Mbappé (5 buts). Des buts décisifs qui plus est : il a offert la victoire aux Bleus face aux Pays-Bas (2-1) en Ligue des nations et face à l'Uruguay (1-0) en amical, et a participé aux larges victoires contre la Moldavie et l'Islande (1-4, 4-0). Avec 35 buts (91 sélections), il est désormais le troisième meilleur buteur de l'histoire de l'équipe de France devant David Trezeguet (34 buts, 71 sélections).

La saison d'Olivier Giroud avec les Bleus confirme qu'il est indispensable

Une année 2019 canon
Le jeu pragmatique qui a porté les Bleus en Russie a perduré tout au long de la saison 2018-2019. En 2018, après le Mondial, jamais les Bleus n'ont marqué plus de deux buts ni remporté un match avec plus d'un but d'écart. Puis en 2019, les Bleus ont déroulé, montrant qu'ils pouvaient aussi proposer un football spectaculaire. En mars, ils ont démarré de la meilleure des manières leur campagne de qualification à l'Euro en étrillant la Moldavie (1-4) et l'Islande (4-0), avant d'appliquer le même tarif à l'Andorre mardi soir (4-0). Les Bleus ont marqué quatre buts lors de leurs quatre derniers matches officiels. Un régal qui aurait été total sans la défaite en Turquie (voir par ailleurs), mais qui permet quand même aux Français de confortablement dominer le groupe H grâce à la différence de buts.

L'équipe de France a davantage séduit en 2019 qu'en 2018 (après la Coupe du monde)

Voir des nouvelles têtes...
Les listes de Didier Deschamps sont rarement des réservoirs à surprises, mais la saison 2018-2019 a quand même apporté son (petit) lot de nouveautés. On y a vu de nouvelles têtes, et, au gré des turn-over et des blessures, on a pu voir un peu plus en action des joueurs qui n'avaient jusqu'ici pas eu beaucoup de temps de jeu avec les Bleus, avec plus ou moins de réussite (Thauvin, Kimpembe, Areola, Digne...). Même s'il ne faut pas changer une équipe qui gagne, voir cette équipe de France évoluer reste un plaisir qu'on ne boude pas.

Voir aussi : Les nouvelles têtes des Bleus

Le renouvellement de l'équipe de France a été satisfaisant cette saison

On n'a pas aimé

... mais pas beaucoup, et trop tardivement
L'arrivée de nouveaux éléments parfois nécessaires dans le groupe France aura attendu la dernière liste de la saison de Didier Deschamps, avec les inclusions de Maignan, Dubois et Lenglet et les retours de Ben Yedder et Ferland Mendy. Jusque-là, il n'avait réellement introduit dans le groupe que Tanguy Ndombele, n'appelant Benjamin Lecomte, Alassane Plea et Ferland Mendy qu'en secours pour pallier des blessures. Après la Coupe du monde, on a été surpris de voir Deschamps rappeler des joueurs comme Mamadou Sakho, Kurt Zouma ou Dimitri Payet, moins performants ou réguliers en club, plutôt que d'ouvrir le groupe, amener un peu de sang frais pour préparer une transition du groupe en vue de l'Euro 2020. Et l'on attend toujours de voir (ou revoir) certains joueurs très performants avec les Bleus. Mais la transition semble amorcée avec cette dernière liste. Faisons confiance au sélectionneur : entre mars 2017 et mai 2018, soit un an avant le Mondial, il avait installé Benjamin Mendy, Corentin Tolisso, Kylian Mbappé, Florian Thauvin, Benjamin Pavard, Steven Nzonzi et Lucas Hernandez, entre autres, en équipe de France. Tous sont champions du monde.

Deschamps a mis trop de temps avant d'appeler de nouveaux visages

Ne pas se qualifier pour la phase finale de la Ligue des nations
C'est un premier échec de taille pour une équipe fraîchement championne du monde. Dans la toute nouvelle Ligue des nations lancée par l'UEFA, les Bleus n'ont pas réussi à sortir premiers de leur groupe face à l'Allemagne et les Pays-Bas et dû laisser leur place dans le «final four», et une potentielle qualification directe à l'Euro, aux Bataves. Une sélection Oranje qui a été chercher sa première place avec un match brillant contre les Bleus, leur infligeant leur première défaite de champions du monde (2-0, le 16 novembre 2018). Même s'il est tout jeune, ce trophée aurait fait une belle addition à la vitrine des Bleus. Deuxièmes de leur groupe, les Français pourront au moins tenter de le remporter la saison prochaine, puisqu'ils resteront dans la Ligue A. Rendez-vous après l'Euro 2020 pour la deuxième édition.

L'équipe de France n'a pas fait honneur à son rang en perdant la Ligue des nations

Les deux contre-performances contre les Pays-Bas et la Turquie
On attend toujours beaucoup d'une équipe sacrée championne du monde, et notamment qu'elle batte tous ses adversaires. Or, la saison écoulée aura vu les Bleus chuter deux fois lourdement à l'extérieur contre des adversaires à sa portée, les Pays-Bas (2-0) et la Turquie (2-0). Les deux fois, les Bleus ont traversé le match en fantômes, mangés dans l'envie et dans la combativité, impuissants face à des équipes ambitieuses et inspirées. Des matches qui ont pu, par moment, montrer les limites d'un groupe qui peine à se réinventer, même s'il ne faut pas tirer des conclusions de deux défaites qui restent des exceptions dans la saison des Bleus. Même s'ils auraient pu en compter une troisième sans un Mbappé salvateur contre l'Islande (2-2), au terme d'un match également médiocre. La revanche contre la Turquie est programmée le 14 octobre au Stade de France. Pour les Pays-Bas, il faudra attendre, peut-être à l'Euro.

Quelle défaite entache le plus la saison des Bleus ?

Alexandre Aflalo
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